| Louis-Marie Bossut | ||
Louis Bossut, canne en main devant son char, l'Illustration. | ||
| Surnom | « Bossut, il défonce » | |
|---|---|---|
| Naissance | Roubaix |
|
| Décès | (à 43 ans) Berry-au-Bac |
|
| Origine | ||
| Arme | cavalerie | |
| Grade | chef d'escadron | |
| Années de service | 1892 – 1917 | |
| Commandement | 1er Groupement d'artillerie d'assaut | |
| Conflits | Première Guerre mondiale | |
| Distinctions | Chevalier de la Légion d'honneur Croix de guerre 1914-1918 |
|
| modifier |
||
Louis-Marie Bossut, né le à Roubaix et mort le à Berry-au-Bac, est un officier français. Il meurt au combat le à la tête de ses chars près de Berry-au-Bac, alors qu'il était le commandant du 1er Groupement d'artillerie d'assaut (AS4).
Louis-Marie Bossut, né le à Roubaix, est le fils de Jean Bossut, négociant en textile à Roubaix et armateur.
Après des études chez les Jésuites à Boulogne-sur-Mer, il obtient en 1891, son baccalauréat es lettres.
En raison de sa mauvaise vue, il est refusé à l'École navale. Il avait probablement choisi Navale parce que son père est armateur. Sa mauvaise vue l'a obligé à porter un monocle, qui l'a rendu célèbre.
Il s'engage le au 19e régiment de chasseurs à cheval comme sous-officier en garnison à Hesdin (Pas-de-Calais), il y rencontrera son épouse Emme Thuilier. Il gravit les échelons de sous-officier : brigadier, le ; maréchal des logis le et maréchal des logis chef le .
Il se rengage comme officier le . Le , il est ainsi élève officier à l'École de Saumur et est promu sous-lieutenant le , lieutenant le et capitaine le .
En 1913, il est en garnison à Joigny et commande le 3e escadron du 1er régiment de dragons. Jean Renoir était dans cet escadron sous ses ordres et, sciemment ou non, il a pris celui-ci comme modèle dans La grande illusion pour le rôle du capitaine de Boëldieu, qui est une copie de Louis Bossut.
En 1916, les premières unités de chars d'assaut (artillerie spéciale) sont créées et rattachées au 81e régiment d'artillerie lourde. Bossut est volontaire pour l'artillerie d'assaut. Il passe ainsi au 81e RAL en , entraînant avec lui une partie de l'escadron. Selon ses dires :
« Le char, c’est un cheval avec lequel on charge. »
Il est promu commandant et chef d'escadron le (tableau d'avancement en ).
Son 1er Groupement d'artillerie d'assaut (AS4) est engagé lors de la bataille du Chemin des Dames. Au 1er avril, l'« Artillerie spéciale » a reçu 208 Schneider, dont 34 inutilisables, et 48 Saint-Chamond. Le nouveau commandant en chef Robert Nivelle exige l'engagement de l'Artillerie spéciale, en appui de la Ve Armée près de Berry-au-Bac, le , malgré l'opposition du général Estienne qui considère que l'action est prématurée. Louis Bossut est placé à la tête du Groupement qui, avec cinq groupes d’assaut, doit participer à l’offensive du en appui du 32e corps d’armée.
Unités participantes : L'AS 2 commandée par le capitaine Pardon, L'AS 4 commandée par le capitaine Forsanz, L'AS 5 commandée par le capitaine Nosceareau, L'AS 6 commandée par le capitaine Chanoine, L'AS 9 commandée par le capitaine Goubernard. Commandés par Bossut dans son trompe la mort portant son fanion A fond et jusqu'au bout.
"Vous n’ignorez pas que le plan de la première attaque des chars français est loin d’être ce que j’avais préconisé ! (…) Je ne veux pas que les survivants me reprochent la mort inutile de leurs camarades. En leur montrant moi-même le chemin, cette crainte disparaît. Je n’accepte donc de transmettre l’ordre d’attaque qu’à condition de marcher le premier à l’ennemi". Il pressent l’échec et demande à marcher en tête sur son char « Trompe la mort ».
À 9 h 30, le commandant Bossut adresse au général Mazel qui commande la Ve Armée un dernier message par pigeon voyageur : « Sommes arrêtés devant 2e position allemande par trous d’obus impossibles à franchir. Mes deux adjoints sont blessés. Sommes navrés ne pouvoir avancer plus vite. Faisons notre possible ».
Ils arrivent vers 10 h au carrefour du Choléra sur la route Laon-Reims, parviennent à franchir la seconde position allemande, et même pour l’A.S. 5 et l’A.S. 9 la troisième entre Juvincourt et Guignicourt. Mais les rescapés finissent par se replier vers 17 h 30.
L'attaque est un échec, avec de nombreuses pertes chez les équipages de chars, dont le commandant Louis Bossut, qui commande l'un des deux groupements engagés. Retrouvé mort sur le champ de bataille par son frère Pierre, adjudant à l’A.S. 2, il est d’abord enterré dans le cimetière communal de Maizy. Après la guerre, Louis Bossut a été inhumé au cimetière de Roubaix dans le caveau familial.
Une statue a été érigée à Roubaix en son honneur dans le parc Barbieux. Un prix Louis-Bossut est décerné par l’inspection de l’Arme blindée cavalerie et par l’Union nationale de l’Arme blindée cavalerie-chars.
Les distinctions suivantes lui ont été attribuées :
Il a reçu en tout 7 citations (la première à l'ordre du régiment le ), 4 palmes et 3 étoiles.