Louis Dufort

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Louis Dufort
Concert Akousma @ Empac. 1er novembre 2014. Louis Dufort y présentait sa pièce Étude no. 2 (2014) : https://vimeopro.com/empac/empac-video-archive/video/152627299
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Louis Dufort (, Montréal, Canada) est un compositeur de musique électroacoustique résidant à Montréal, Canada.

Biographie

Les œuvres de Louis Dufort sont de factures multiples : musique sur support fixe, musique mixte avec traitement et musique visuelle. Il reçoit plusieurs commandes de divers ensembles et organismes de musique, dont l’Association pour la création et la recherche électroacoustiques du Québec (ACREQ), la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ), Réseaux/Akousma, Chants libres, Codes d’accès, l’Ensemble contemporain de Montréal (ECM+), EMPAC, le quatuor de saxophones Quasar, le quatuor à cordes Bozzini,, l’ensemble à percussion Sixtrum et le Centre d’art et de technologie des médias de Karlsruhe.

Depuis 1996, il collabore étroitement avec la chorégraphe Marie Chouinard en composant la musique pour un grand nombre de ses créations,. D’ailleurs, un numéro entier de la revue Circuit, musiques contemporaines a été consacré à cette collaboration. Louis Dufort enseigne la composition au Conservatoire de musique de Montréal et il est le directeur artistique de la société de diffusion Akousma, qui produit le Festival international des musiques numériques immersives, lequel a lieu annuellement à Montréal. En 2018, Louis Dufort a remporté le prix Opus du directeur artistique de l’année. Il a en outre participé à la composition de la bande sonore originale des films La chute de l’empire américain (2018) et Testament (2023) de Denys Arcand.

Louis Dufort a d’abord développé son approche compositionnelle par le médium de la musique électroacoustique, puis il s’est rapidement intéressé à la musique mixte et aux œuvres multimédias.

Œuvres de jeunesse (1990-2000)

Dans les années 1990-2000, les compositions de Louis Dufort se caractérisent par un style dramatique, lequel se remarque dans certaines de ses œuvres électroacoustiques telles que Pointe-aux-Trembles (1996), Transit (1998) et Zénith (1999), ainsi que dans ses œuvres mixtes comme Lucie (1998), ou encore Consomption (1999), pour soprano et support, dans laquelle l’interprète devient un véritable personnage servant le discours narratif. C’est toutefois avec Décap (2000), pour bande seule, que ce caractère dramatique atteint son paroxysme, l’œuvre dénonçant l’horreur et les conséquences humaines des conflits qui sévissent dans le monde.

Tournant vers l'organicisme (2000-2010)

Les œuvres de cette décennie (2000-2010), comme celles pour médium fixe qui composent l’album Matériaux composés (2008, empreintes DIGITALes), dont tout particulièrement Grain de sable (2004-2005) et le cycle Matério (2006-2007), constitué de Matério_* (2006), Matério_** (2006) et Matério_*** (2007), laissent place à une expressivité plus abstraite. En effet, pour l’écriture de ces compositions, Louis Dufort emprunte une approche organiciste, ce qui témoigne déjà d’une certaine influence de la nature. Le compositeur explique que « ce cycle marque l’amorce d’une approche organiciste abstraite, ce qui représente un changement de direction par rapport à mes œuvres précédentes, qui étaient davantage construites autour d’affects dramatiques », ajoutant que « le cycle des Matério est une première tentative de soutirer des structures organisationnelles et musicales à même les propriétés émergentes et dynamiques de la matière sonore ».

Œuvres récentes (2010-)

Plus récemment, on remarque que les processus compositionnels de Louis Dufort affirment une influence avouée non seulement de la nature, comme la forêt laurentienne pour Monts Valin (2022), mais aussi des phénomènes d’ordre biologique, notamment à travers les « vues macroscopiques des micro-organismes et l’organisation chaotique naturelle des éléments », ce qui crée une musique qui « devient très active, nerveuse, minérale, presque chimique ». Le cycle Into the Forest (2021, Empreintes DIGITALes) s’inspire notamment de la vie forestière, avec « l’idée d’une grande structure, les branches comme les racines, qui organisent la vie en forêt ». Cette inspiration pour la nature se retrouve aussi dans des œuvres de musique visuelle comme bjvfewo (2018), ainsi que dans la série de miniatures composée de Argile (2022), Billot (2024), Femme Forêt (2024), Fleuve Rive (2023) et Planétarium (2024).

Traitement

Les œuvres mixtes comme Accident (2001), Spiel (2001), Déflagration (2002), Intonarumori (2002), ou encore Manu militari (2003) sont représentatives d'une préoccupation de Louis Dufort envers le traitement en temps réel. Toutefois, ces œuvres contrastent avec d'autres plus récentes qui mobilisent une autre approche, comme Les corpuscules agglutinés (2013). Cette dernière est une pièce mixte pour 10 instruments acoustiques qui marque un tournant dans l’approche compositionnelle de Louis Dufort, puisqu’il y délaisse les traitements en temps réel afin de se concentrer uniquement sur la qualité du spectre des instruments acoustiques (la nature même du timbre), ce qu’il réalise en recourant à une fine amplification de ceux-ci.

Musique visuelle

Des œuvres comme Épochè (2008), relevant de la musique visuelle, se caractérisent par une conscience qui repose sur l’écoute des mouvements du son à travers l’espace et la durée, et par une volonté d’inclure le corps en entier dans l’expérience de l’auditoire, la démarche de Louis Dufort étant fortement marquée par ses collaborations avec le milieu de la danse. Cette conscience du mouvement ainsi que l’exploration des interactions avec des éléments technologiques se reflètent également dans les œuvres audiovisuelles mixtes comme Yutiröp (2011) et Quatre histoires néguentropiques (2011),,,, cette dernière étant une œuvre pluridisciplinaire pour quatuor à corde, support, synthèse visuelle 3d et danse.

Influences

Louis Dufort qualifie son travail de « maximaliste » et il s’inspire de l’approche systémique, qu’il utilise pour étudier les objets sonores dans leur complexité, profitant des possibilités offertes par les technologies numériques, lesquelles permettent d’analyser et de traiter le son dans ses plus infimes détails. Ses influences sont nombreuses. Parmi elles, les écrits et la musique d’Horacio Vaggione, de même que les enseignements qu’il a reçus de Francis Dhomont, qu’il considère comme son maître, constituent des sources d’inspiration notables pour Louis Dufort.

Discographie

Cette section présente une liste des enregistrements discographiques de Louis Dufort.

Œuvres

Compositions

Cette section présente une liste non exhaustive, mais détaillée, des compositions de Louis Dufort.

1994

1995

1996

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2004-2005

2005

2006

2006-2007

2007

2008

2008-2012

2009

2010

2011

2012

2013

2013-2014

2014

2015

2016

2016-2017

2017

2017-2018

2018

2019

2020

2020-2021

2021

2023

2024

Œuvres en collaboration avec Marie Chouinard

Cette section présente une liste des compositions de Louis Dufort réalisées dans le cadre de sa collaboration avec la Compagnie Marie Chouinard.

Liens externes

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Notes et références

  1. ↑ François Guérin, « ACREQ », sur L’encyclopédie canadienne, (consulté le )
  2. ↑ SMCQ, « Louis Dufort », sur Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) (consulté le )
  3. ↑ Akousma, « Ephem (Louis Dufort) », sur Akousma (archives) (consulté le )
  4. ↑ Benoit Rose, « Les nouvelles technologies de mieux en mieux intégrées », sur Le Devoir, (consulté le )
  5. ↑ Codes d’accès, « Mission », sur Codes d’accès (consulté le )
  6. 1 2 3 Guy Marceau, « Louis Dufort », SOCAN : Paroles & Musique,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ Akousma, « Louis Dufort: Study no 2 for the EMPAC lobby (2014) [vidéo en ligne] », sur Vimeo, (consulté le )
  8. ↑ Quasar, « Louis Dufort (1970 - ) », sur Quasar, quatuor de saxophones (consulté le )
  9. ↑ Quatuor Bozzini, « Louis Dufort », sur Quatuor Bozzini, (consulté le )
  10. 1 2 (en) Gayle Young, « The body is listening », Musicworks, no 101,‎ , p. 20-27
  11. ↑ ZKM, « Louis Dufort », sur Zentrum für Kunst und Medien Karlsruhe (ZKM) (consulté le )
  12. ↑ Compagnie Marie Chouinard, « Collaborateurs-trices », sur Compagnie Marie Chouinard (consulté le )
  13. ↑ Maxime McKinley, « Introduction. L’étonnement chorégraphique », Circuit, musiques contemporaines, vol. 33, no 2,‎ , p. 5 (article p. 5-12) (lire en ligne Accès payant)
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  35. ↑ Louis Dufort, « Extrait no. 3_Quatre histoires néguentropiques » (Louis Dufort, compositeur. 4:02 minutes, 2011), sur YouTube, (consulté le )
  36. ↑ Louis Dufort (compositeur) et Marie Chouinard (danseuse), « Extrait no. 4_Quatre histoires néguentropiques » (4:31 minutes, 2011), sur YouTube, (consulté le )
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  55. ↑ Electrocd, « Artiste : Louis Dufort (œuvres) », sur Electrocd (consulté le )
  56. ↑ Compagnie Marie Chouinard, « Liste des créations de Marie Chouinard avec la musique de Louis Dufort (1998-2023) », Circuit, musiques contemporaines, vol. 33, no 2,‎ , p. 23-28 (lire en ligne Accès payant, consulté le )