Louis Rau

Louis Rau
Biographie
Naissance
Décès
(à 81 ans)
Paris, France
Sépulture

Cimetière communal de Vaucresson

Emplacement : « Section 4 - tombe 96 »
Nom dans la langue maternelle
Ludwig Rau
Nationalité

Drapeau de l'Allemagne Allemand

Drapeau de la France Français (naturalisé 1867)
Activité
Autres informations
Arme
Conflits
Distinction

Ludwig (dit Louis) Rau (Munich, 12 décembre 1841 – Paris, 27 avril 1923) est un industriel franco-bavarois, figure pionnière de l'industrie électrique en Europe. Fondateur et président de la Compagnie Continentale Edison, il est l'un des sept hommes désignés par la revue Electrical World en 1924 comme étant « issus des laboratoires d'Edison et montés aux plus hautes positions de l'ingénierie électrique mondiale » — aux côtés de Emil Rathenau (fondateur du Deutsche Edison-Gesellschaft für angewandte Elektricität, en 1883, renommé Allgemeine Elektricitäts-Gesellschaft, abrégé AEG en 1888), Samuel Insull et Sigmund Bergmann.

Biographie

Jeunesse et installation à Paris (1841–1867)

Né à Munich le 12 décembre 1841, Louis Rau est le fils de Salomon Gabriel Rau, banquier munichois, et de Cecilia Wertheimer. Il arrive à Paris en janvier 1861, à l'âge de dix-neuf ans, comme commis d'agent de change rue Taitbout, attiré par un de ses frères déjà établi dans la même maison. Il obtient son admission à domicile le 9 août 1864, puis sa naturalisation française le 13 novembre 1867, par décret signé de Napoléon III.

Guerre franco-prussienne (1870–1871)

Lors du siège de Paris, Rau est incorporé à la 2e compagnie du 9e bataillon de guerre de la Garde nationale de la Seine. Il est cité à l'ordre du jour de son bataillon pour sa conduite lors de la bataille de Buzenval (19 janvier 1871).

Fondateur de l'empire Edison en France (1881–1892)

En 1881, Thomas Edison cherche à déployer son système d'éclairage électrique en Europe. Louis Rau fait partie du premier conseil d'administration de la Compagnie Continentale Edison, constituée le 2 février 1882 devant les notaires Baudrier et Mégret à Paris, aux côtés de Charles Batchelor, Élie Léon, Charles Porges et d'autres administrateurs fondateurs, dont le siège se trouve au 8 rue Caumartin à Paris 9e.

Il supervise l'établissement d'une première usine de fabrication de lampes à incandescence et d'un atelier mécanique, en achetant en 1882 la manufacture d'orgues Alexandre Père et fils, situé au 45, rue du Parc (aujourd'hui rue Gabriel Péri) à Ivry-sur-Seine, qui emploie jusqu'à 400 ouvriers. L'usine est administrée par Hugo Löbl (19/08/1857, Saaz (Žatec) (Bohême, République Tchèque) - 18/02/1929, Bamberg (Allemagne)) jusqu'en 1889. Elle sera revendue en 1898 à la chocolaterie Vinay.

La biographie d'Edison publiée à Londres en 1917 le qualifie de « founder of the Edison Company in France » (fondateur de la société Edison en France) et le cite parmi les visiteurs de Menlo Park « destinés à porter les procédés Edison à travers presque tous les pays du monde », aux côtés de Rathenau (Allemagne), Colombo (Italie) et Fodor (Hongrie).

Il devient président du conseil d'administration le 1er janvier 1884, et dirige simultanément trois entités : la Compagnie Continentale Edison, la Société Électrique Edison et la Société Industrielle et Commerciale Edison.

En octobre 1883, il envoie à Thomas Edison un avertissement précoce sur les dangers de la concurrence du courant alternatif : « the Edison system was meeting a tremendous competition and had been left entirely by the side by alternating currents with transformers ».

Nikola Tesla à Paris

En 1882–1884, Nikola Tesla est employé à l'usine d'Ivry-sur-Seine, ainsi que son grand ami et assistant Antal (Anthony) Szigeti, qu'il l'a connu lorsqu'il l'a travaillé pour les frères Puskas à Budapest. Il y travaille jusqu'en 1887, pour rejoindre Nikola Tesla à New-York. Dans l'intervalle de ses missions itinérantes en France et en Allemagne, Tesla développe un régulateur automatique pour les dynamos Edison. Son plan impressionne Louis Rau, ce qui conduit la compagnie à l'envoyer début 1883 à Strasbourg, assisté par Antal Szigeti, comme expert pour résoudre les problèmes de câblage de l'installation de l'éclairage électrique en courant continu de la nouvelle Gare de Strasbourg en Alsace, inauguré le 15 aout 1883. Il y restaura jusqu'au 3 mars 1884.

L'Exposition universelle de 1889

Le 15 février 1888, Rau cosigne au nom du Syndicat international des électriciens un accord avec le ministre du Commerce et de l'Industrie pour assurer l'éclairage électrique de l'Exposition universelle de Paris de 1889. Le syndicat obtient le monopole de l'éclairage sur 300 000 m², la plus grande installation électrique jamais réalisée à cette époque.

Le 12 août 1889, Rau accueille personnellement Thomas Edison à la gare Saint-Lazare lors de son arrivée à Paris pour l'Exposition.

Légion d'honneur (1888)

Par décret du 27 décembre 1888, Louis Rau est nommé chevalier de la Légion d'honneur, sur rapport du ministre du Commerce et de l'Industrie. La réception a lieu le 13 février 1889, par Éleuthère Mascart, membre de l'Institut, professeur au Collège de France. L'Univers Israélite le salue alors comme le « véritable vulgarisateur en France de l'éclairage électrique de ce système ».

Vie familiale

Le 17 juin 1872, il épouse à Paris Nellie Wallerstein (New York, 14 décembre 1850 – Paris, 4 février 1923), qui décède trois mois avant lui. Sa sœur Elisabeth Rau épouse le joaillier parisien Adolphe Grünberg, dont il devient le beau-frère et, après la mort prématurée de celui-ci en 1878, le tuteur de fait de ses six enfants.

Décès

Louis Rau décède le 27 avril 1923 à son domicile du 186, avenue Victor-Hugo, Paris 16e. Son acte de décès le qualifie de « rentier ». Il est le dernier survivant des trois pionniers européens d'Edison cités dans Electrical World : Sigmund Schuckert était mort en 1895, Emil Rathenau en 1915.

Reconnaissance posthume

En 1924, un an après sa mort, la revue Electrical World publie dans son numéro du cinquantième anniversaire une liste des « Edison's Famous Graduates » — sept hommes issus des laboratoires d'Edison devenus des figures majeures de l'ingénierie électrique mondiale. Louis Rau y figure aux côtés de Sigmund Bergmann, Sigmund Schuckert, Emil Rathenau, John W. Lieb, Samuel Insull et Charles L. Edgar. La notice précise laconiquement : « Schuckert, Rau and Rathenau are dead. »

Notes et références

  1. 1 2 Electrical World, vol. 84, n° 12, 20 septembre 1924, p. 598, rubrique « Edison's Famous Graduates ».
  2. ↑ Archives nationales, dossier BB/11, n° 2864×8 (admission à domicile) et n° 9663×8 (naturalisation).
  3. ↑ Dossier Légion d'honneur n° 38 929, Archives de l'ordre national de la Légion d'honneur.
  4. ↑ Thomas A. Edison Papers (Rutgers University), document MB063A : statuts de la Compagnie Continentale Edison, 2 février 1882.
  5. ↑ Thomas A. Edison: The Life-Story of a Great American, London: George G. Harrap & Co., 1917, p. 100.
  6. ↑ Thomas A. Edison Papers (Rutgers University), fiche biographique « Rau, Louis » (P-DSK) : « Edison Digital Edition — Rau, Louis » (consulté le ).
  7. ↑ The Papers of Thomas A. Edison, vol. 6, Johns Hopkins University Press, 2016, p. 627, note 10 (lettre de Rau à Edison, octobre 1883).
  8. ↑ W. Bernard Carlson, Tesla: Inventor of the Electric Age, Princeton University Press, 2013, p. 66.
  9. ↑ Thomas A. Edison Papers (Rutgers University), document HX88018B1, 15 février 1888.
  10. ↑ Le Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 13 août 1889.
  11. ↑ L'Univers Israélite, 1er janvier 1889.
  12. ↑ Le Temps, 8 février 1923, nécrologie de Nellie Rau.

Sources

Archives

Ouvrages

Presse

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes