Louis de Mollier

Louis de Mollier
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Louis de Mollier [Louis Mollier], né à Paris vers 1615 et mort le , est un compositeur de musique, poète, danseur et joueur de luth actif à Paris entre 1645 et 1688. Après avoir travaillé pour la comtesse de Soissons, il a œuvré dans de nombreux ballets de cour donnés à la cour de France.

Dans la mesure où certaines sources anciennes qui le citent le nomment parfois « Molière », il a pu y avoir quelques confusions entre lui et le dramaturge Molière. Ces ambiguïtés sont maintenant presque toutes levées.

Biographie

Il nait vers 1615, fils de Jean Mollier bourgeois de Paris et d’Antoinette Brodey [Brodé], elle-même fille de Louis Brodey, tailleur d’habits demeurant à Paris et d’Anne Bouillerot. Sa jeunesse n’est pas documentée mais compte tenu de ses multiples talents on peut supposer que son éducation a été riche et solide.

Il est nommé la première fois dans un document de 1636, comme « gentilhomme servant de Madame la comtesse de Soissons », organisateur de ses « menus plaisirs » dans son domicile parisien comme dans son domaine de Bonnétable, près du Mans. Il donne là des preuves précoces de ses capacités d’organisateur et de musicien-poète ; la parution d'un livre de chansons en 1640 est la première manifestation musicale dont il ait laissé une trace.

Il se marie le avec Adriane Jacob (fille d’un avocat au Conseil du roi et commissaire de la marine), demeurant alors rue de l'Arbre-Sec paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois. Il y est encore dit « écuyer et gentilhomme servant de Mme de Soissons » (qui est aussi un de ses témoins). La future épouse apporte une somme de 1500 lt ainsi que la promesse du logis et de la nourriture chez ses parents pendant six ans, estimée à 6000 lt. Le couple donne naissance le à une fille Marie-Blanche (1644-1733), qui deviendra une chanteuse et danseuse de quelque renommée, puis à Alexis Mollier le , mort jeune.

La mort de la comtesse de Soissons () l’oblige à chercher une autre protection ; elle l'avait probablement introduit à la cour d’Anne d’Autriche ; il apparait dès lors dans de nombreux ballets de cour, détaillés plus bas, à partir de 1645. Sa présence très régulière comme danseur laisse entendre qu’il y était très apprécié. La première mention de son nom comme « ordinaire de la musique du roi » date du , lorsqu’il est cité comme témoin au mariage de Nicolas Brodé, son parent.

Il est également nommé en 1646 joueur de luth de la Chambre du roi, en 1648 joueur de luth en survivance de François Richard et le maître ordinaire pour le luth des enfants de la musique de la Chambre, ainsi que maître pour le luth des enfants de chœur de la Chapelle. Il habite à cette époque rue Saint-Honoré, paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois. Comme souvent les musiciens du roi, il lui arrive de se produire à l’occasion de fêtes dans des maisons particulières, comme le pour le marquis d’Anglure. Il donne également des concerts à son domicile, avec des musiciens amis.

Plus tard, Mollier emménage rue de Richelieu. La même année, il est nommé le maître de musique du Dauphin Louis de France.

L'une des raisons possibles de son déclin dans l’estime du roi est qu’il ait écrit et publié en 1665 un recueil de poésies intitulé Plaisirs déguisés, qui contient plusieurs allusions à la vie privée du roi, notamment à ses relations avec Louise de La Vallière.

Après 1665, il n’apparaît plus dans les ballets de cour et semble donc s’être retiré de la vie de la cour. Toutefois, il aurait gardé des postes subalternes (maître de luth pour les pages, joueur de petit luth). Il continue toutefois à donner des concerts chez lui jusqu’à peu avant sa mort et compose de la musique pour plusieurs pièces de théâtre. Il meurt le .

Un témoignage tardif indique qu’il a « toujours pris soin de mêler ce que la musique française a de plus doux, avec le profond de la science des Italiens ». Un autre témoignage décrit avec précision son petit opéra d’Andromède donné chez lui puis à la cour :

« Mr Moliere a fait aussi une maniere de petit Opéra qu'il donne en concert chez luy tous les jeudis depuis six semaines. Les assemblées y sont toûjours plus illustres que nombreuses, le lieu estant trop petit pour contenir tous ceux qui viennent y demander place. Les vers en sont naturels, coulans, & propres à estre chantez. Andromede attachée au Rocher, & délivrée par Persée, en est le sujet. Cette malheureuse princesse est représentée par Mademoiselle Itié, fille de Mr Moliere, qui chante avec toute la justesse possible, Mademoiselle Siglas, qui fait le personnage de la mere, entre dans tous les mouvemens de la passion, & conduit sa voix avec beaucoup d'agrément. Persée vient secourir la princesse. Il est representé par Mr de Longueil, un des meilleurs maistres que nous avons pour apprendre à bien chanter, & qui fait les plus habiles écoliers. La symphonie est agreablement diversifiée, selon les diférentes passions qui se doivent exprimer. La merveille de nostre siecle la petite Mademoiselle Jaquier [Elisabeth Jacquet de La Guerre], y touche le clavessin, & ce charmant divertissement finit par un air que chante Mademoiselle de Normandie. Il seroit assurément difficile d'en trouver une plus touchante, d'un plus beau son, & d'une aussi grande étenduë. Ce que cette Demoiselle a d'avantageux, c'est qu'elle est faite d'une maniere à se faire regarder avec autant de plaisir, qu'on en peut recevoir à l'écouter […] Il y a quelques jours que cet opéra fut chanté au Louvre pour Madame de Thiange, en présence de Monsieur le duc, & de plusieurs dames du premier rang. Mr Moliere reçeut de toute cette illustre assemblée les applaudissemens qui luy sont deûs & pour la beauté de son ouvrage, & pour le juste choix qu'il a fait des belles voix qui luy donnent tant d'agrément. »

Si la présence de sa fille Marie-Blanche et de Elisabeth Jacquet de La Guerre est attestée, celle d’Anne-Marie Martel (Siglas) ne l’est pas.

Spectacles de cour auxquels Mollier a participé comme compositeur, luthiste ou danseur

Les listes de spectacles donnés ci-dessous est reprise de Maxfield-Miller 1963.

Ballet des Plaisirs troublez (1657, collection Philidor). Paris BnF (Mus.) : RES F-530.

Œuvres scéniques pour lesquelles Mollier a composé la musique

Œuvre

Poésie

Les Recueils de vers mis en chant compilés par Bertrand de Bacilly citent Mollier comme auteur de sept poèmes mis en musique par lui-même ou d’autres compositeurs, en sus de quelques dizaines d’airs de sa composition.

Musique dramatique

Il a composé des airs ou des danses pour au moins les ballets ou les pièces suivants :

Airs et chansons

Page de titre des chansons de Louis Mollier (Paris, R. Ballard, 1640). Paris BnF.

Musique spirituelle

Quatre de ses airs ont été repris par François Berthod pour en faire des contrafacta catholiques (Guillo 2003 n° 1656-A, 1658-B, 1662-A).

Musique instrumentale

Notes et références

  1. ↑ Paris AN : MC/ET/II/151 (6 avril 1636).
  2. ↑ Pour une évocation de l’entourage de la comtesse de Soissons, voir Magne 1905, p. 78-79).
  3. ↑ Paris AN : MC/ET/XLVI/25.
  4. ↑ Elle épousera le 29 avril 1664 Léonard Itier, musicien ordinaire de la Chambre du roi, joueur de luth et de théorbe, d’où descendance. Voir Jal 1867, p. 877. Mollier sera parrain de son petit-fils Léonard Itier le 26 novembre 1665, à Saint-Eustache.
  5. ↑ Cf. Jal.
  6. 1 2 Paris AN : Z/1a/472.
  7. ↑ Paris AN : Z/1a/473. Il prendra la succession de celui-ci à la mort de Richard, en octobre 1650.
  8. ↑ Sources précisées dans Maxfield-Miller 1963 p. 28.
  9. ↑ Bail signé par lui le 25 février 1665 : Paris AN : MC/ET/III/48.
  10. ↑ D’après la Gazette de Robinet. Mollier aurait écrit et chanté un placet au roi pour obtenir ce poste.
  11. ↑ Jal 1867, p. 877.
  12. ↑ Mercure galant, juillet 1677.
  13. ↑ Mercure galant, décembre 1678, p. 126-130.
  14. ↑ Transcription dans Brossard 1970 p. 151.
  15. ↑ Brossard 1970 p. 158.
  16. ↑ Brossard 1970, p. 145.
  17. ↑ Guillo 2004.

Bibliographie

Article connexe

Liens externes