Louis de Wecker

Louis de Wecker
Portrait de Louis de Wecker
Louis de Wecker vers 1890
Biographie
Naissance
Francfort-sur-le-Main
Décès
8e arrondissement de Paris
Sépulture Cimetière de PassyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité Française
Thématique
Formation Université de WurtzbourgVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession OphtalmologisteVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Officier de la Légion d'honneurVoir et modifier les données sur Wikidata

Louis de Wecker (en allemand Ludwig Wecker puis Ludwig von Wecker) est un ophtalmologue et docteur en médecine allemand puis autrichien et enfin français (1870). Considéré à l'époque (dixit son contemporain le docteur Julien Masselon) comme le « père de l'ophtalmologie moderne », il est né à Francfort-sur-le-Main (Allemagne) le et est mort à Paris le . L'empereur François-Joseph Ier d'Autriche le créa chevalier et baron le .

Biographie

D'origine patricienne, Louis de Wecker est le fils du patricien francfortois Ehrenfried III Wecker (1798-1870) et le petit neveu du criminaliste allemand et chevalier Paul Johann Anselm von Feuerbach (1775-1833). Il descend du sénateur de Francfort, Johann Michael Wecker.

Il fit ses études médicales à Vienne, où il devint l'élève et ami intime d'Edouard de Joeger, puis à Wurzbourg (Allemagne) où il fut reçu docteur le . Après avoir passé deux ans en Russie comme médecin particulier du comte Stroganoff, cousin du tsar Nicolas Ier et avec qui il aurait participé à la rédaction d'un traité, il vint en France, d'abord à Montpellier en 1857 afin de passer ses équivalences françaises (il y soutient sa thèse de doctorat), puis à Paris en 1861 et fréquenta la clinique de Desmarres dont il fut l'assistant. Il alla ensuite à Vienne et à Berlin chez les illustres Albrecht von Gräfe et Rudolf Virchow pour compléter ses connaissances.

De retour à Paris, il remplace dans son cabinet et dans son dispensaire le docteur Charles Deval décédé brutalement le . Il ouvrit le suivant un cours de clinique ophtalmologique dans ce même dispensaire. Il fonda ensuite une modeste clinique au 18 rue Visconti qui devint rapidement un haut lieu de l'ophtalmologie (1864-1867).

Vers 1870, il établit une seconde clinique ophtalmologique au 55 rue du Cherche-Midi dans laquelle il donnait des cours libres. L'empereur du Brésil, de passage à Paris en 1871, visita ce « nouveau et magnifique local » et félicita Wecker de l'excellente tenue de la maison. Plus tard Wecker passait quelques mois par an sur la côte basque pour s'occuper de sa clientèle étrangère et en particulier espagnole. Il possédait une clinique à Biarritz et fréquentait la clinique de Bayonne; en 1878 il fit construire la « villa de Wecker » à Biarritz face à la mer (devenu depuis villa Béribou, elle sera détruite en 1978). De même il fit construire en 1884 son hôtel particulier à Paris, l'hôtel de Wecker, avenue d'Antin (aujourd'hui 31 avenue Franklin Roosevelt). Puis, en 1894, le 4, rue Jean-Goujon.

Resté célibataire, il adopta son neveu et sa nièce, enfants de sa sœur dont le père, le docteur en médecine et ophtalmologue Joseph Gayat (alors le plus jeune titulaire de la Légion d'Honneur de l'époque, à l'âge de 20 ans), était décédé. Ainsi, son neveu et fils adoptif, le consul Louis Gayat (1871-1965) devint Gayat de Wecker le et 2e baron de Wecker (avec permission impériale autrichienne) à la mort de l'ophtalmologue. Atteint d'endocardite, Louis de Wecker effectua avec grand succès sa dernière opération, une opération de la cataracte, le 14 ou avant de succomber d'un infarctus un mois et demi plus tard. Il est enterré au cimetière de Passy. Sa sépulture semble avoir été relevée.

Travaux scientifiques

Louis de Wecker est surtout connu pour avoir été le premier Français à maîtriser et à enseigner l'opération de la cataracte. Il est aussi, peut-être, le premier scientifique à avoir réussi avec succès une greffe, dès 1886. En effet, afin de couvrir une plaie, il préleva un lambeau de chair sur une personne morte accidentellement.

Il vulgarisa la sclérotomie, l'iridectomie et imagina le procédé de l'avancement capsulaire pour la guérison du strabisme. Il inventa plusieurs instruments de chirurgie dont le célèbre ciseau-pince incontournable aujourd'hui dans les opérations chirurgicales mais aussi le ciseau à iris de Wecker, la pince droite et courbe de Wecker, la spatule à iris, la pince hémostatique à tendre les fils, la curette à Chalazion, le trépan oculaire mécanique etc. Il rédigea plusieurs ouvrages dont son fameux Traité théorique et pratique des maladies des yeux publié en 1863 et qui fut une révélation. Il enseignait régulièrement sa science et eut de très nombreux élèves et disciples français et étrangers réputés : les docteurs Laigner, Rizal, Masselon (1844-1917), Franceline Ribard… Une partie de ses cours a d'ailleurs été recueillie et publiée dans deux volumes par le docteur Masselon : la Thérapeutique oculaire et la Chirurgie oculaire.

Honneurs et décorations

Sa réputation d'éminent oculiste dépassa rapidement les frontières françaises. Il devint l'ami intime de nombreuses personnalités de l'Europe et de têtes couronnées, en particulier l'archiduc Maximilien de Habsbourg (1832-1867), empereur du Mexique, François II, roi des Deux-Siciles (ou de Naples) (1836-1894), le duc Charles-Théodore en Bavière (1839-1909), frère de l'impératrice d'Autriche Élisabeth et qui devint oculiste (le duc et son épouse Maria Josepha du Portugal servaient d'assistants au docteur de Wecker), la reine Isabelle II d'Espagne (1830-1904) que le docteur (qui fut un temps son médecin particulier, ami et confident) soignait à Biarritz. En 1864, il fut nommé médecin-oculiste de la Maison Eugène Napoléon par l'impératrice Eugénie de Montijo.

Le baron de Wecker connut également l'empereur d'Autriche François-Joseph Ier (1830-1916).

C'est lui qui, en 1867, procéda à l'énucléation de l'œil de Léon Gambetta (1838-1882).

Œuvres et publications

articles :

Notes et références

  1. ↑ La clinique Desmarres est alors établie, depuis 1859, rue Hautefeuille.
  2. ↑ (en) ABS-CBN News, « Pinoys retrace Rizal's footsteps in Paris », sur news.abs-cbn.com, .
  3. ↑ Annales d’oculistique, volumes 66 à 67, 1871, p. 128 (en ligne)
  4. ↑ « Wecker », sur biarritz1900.fr (consulté le ).
  5. ↑ « Louis de Wecker 1832 - 1906 Dossier BillionGraves », sur BillionGraves (consulté le ).
  6. ↑ « Place Gambetta »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur etcomp.pagesperso-orange.fr (consulté le ).
  7. ↑ « Ordre de la Couronne de fer », Aigles et Lys (consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes