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Lina Schemann (d) |
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Bertha Schemann (d) |
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Bertha Schemann (d) |
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Karl Ludwig Hendrik Lorenz Thomas Schemann, né le à Cologne et mort le à Fribourg-en-Brisgau, est un traducteur et un chercheur allemand. Disciple de Richard Wagner, d'Arthur Schopenhauer et de Paul de Lagarde, il est surtout connu comme le traducteur des ouvrages de Joseph Arthur de Gobineau, son commentateur et son premier biographe.
Né en 1852 à Cologne, Ludwig Schemann était le fils d'un petit industriel de la Rhénanie. Après des études au progymnasium de Königswinter puis au gymnasium de Cobourg, où il avait appris le français, le latin et un peu d'hébreu, il passa successivement par l'université de Heidelberg, de Berlin et de Bonn, où il soutint sa thèse de doctorat d'histoire romaine, consacrée aux légions, en 1875,,.
Schemann fut bibliothécaire à l'université de Göttingen de 1875 à 1891, puis professeur d'anthropologie raciale à l'université de Fribourg-en-Brisgau, où il devint chercheur privé (Privatgelehrter) en 1897.
Il faisait partie du cercle des proches de Richard et Cosima Wagner, installés à Bayreuth. Le compositeur lui fit connaître Gobineau, dont il était le grand ami, en 1882, peu avant sa mort. C'est également lui qui lui conseilla de se consacrer à son œuvre, qu'il découvrit en en lisant La Renaissance,. S'attachant à la traduction de ses ouvrages, il les fit paraître en allemand entre 1898 et 1914 (La Renaissance entre 1891 et 1894). En , il fonda la Gobineau-Vereinigung (Société Gobineau), qui connut un grand succès et dont il fut président jusqu'en 1920. C'est à cet organisme que Mathilde de la Tour décida de léguer en 1898 ses droits sur les manuscrits et la correspondance de Gobineau, les restes de sa bibliothèque, ses œuvres d’art et son mobilier. Le professeur Schemann proposa alors à la bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg d'acheter cette collection Gobineau. Une subvention extraordinaire et un emprunt au fonds Saint-Thomas permirent d'acquérir l'ensemble en 1908. En 1911, à la mort de la comtesse, les livres de Gobineau, sa correspondance avec Alexandre de Humboldt, Prosper Mérimée, Ernest Renan, etc., ses objets et son mobilier furent transférés à la bibliothèque.
Toutefois, la contribution de Schemann au renom de Gobineau en Allemagne, à l'ombre du prestige de Wagner, eut pour effet de lui nuire en France, à une époque où régnait l'animosité entre les deux pays. En 1943, dans l'article « Gobineau juge du fascisme », René Étiemble dénonçait à la fois « les chauvins à la Maurice Lange, qui accusent Gobineau de tous les péchés de Bismarck, et les chauvins à la Ludwig Schemann, qui prêchent un Gobineau pré-hitlérien ».
Politiquement ultra-conservateur, monarchiste, anti-libéral, nationaliste et pangermaniste, il signa en 1907, avec le peintre Hermann Hendrich, l'historien littéraire Adolf Bartels, Arthur Moeller van den Bruck, Houston Stewart Chamberlain et Henry Thode, l'appel à l'origine de la fondation du Werdandi Bund (Fédération Werdandi, du nom d'une déesse nordique, aussi appelée Verdandi, Verdanti ou Verthandi), association d'inspiration völkisch à laquelle adhérèrent environ 500 membres. Par ailleurs, il était membre de la branche fribourgeoise de la Gesellschaft für Rassenhygiene (Société pour l'hygiène de la race), qui était affiliée à la Gobineau-Vereinigung, et devint en 1928 le soutien public du Kampfbund für deutsche Kultur (Société pour la culture allemande), d'inspiration national-socialiste. En 1937, il était inscrit comme membre honoraire du Reichsinstitut für Geschichte des Neuen Deutschlands (Institut royal pour l'histoire de la nouvelle Allemagne), lui aussi d'inspiration nazie. La même année, le Goethe-Institut lui remit la Goethe-Medaille für Kunst und Wissenschaft (médaille Goethe pour l'art et la science).
Ses archives sont conservées à la bibliothèque de l'université de Fribourg-en-Brisgau.