Le Mouvement populaire de libération de l'Angola, en portugais : Movimento Popular de Libertação de Angola, abrégé MPLA est un parti politique angolais. Il participe à la guerre d'indépendance qui s'achève en 1975 et dirige ensuite la république populaire d'Angola. Il est notamment en conflit avec l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA), le Front national de libération de l'Angola (FNLA) et le Front de libération de l'enclave de Cabinda (FLEC).
Selon l'historiographie officielle, le MPLA est fondé à Luanda en 1956 comme la fusion du parti communiste angolais et du Partido da Luta Unida dos Africanos de Angola (Parti de la lutte unifiée pour les Africains en Angola, PLUA), pour lutter en faveur de la libération nationale de l'Angola par des jeunes intellectuels formés à Lisbonne : Agostinho Neto, Lúcio Lara, Mário Pinto de Andrade (angolais), Marcelino dos Santos (mozambicain) et Amílcar Cabral (bissau-guinéen et capverdien). La guerre d'indépendance, où la métropole portugaise doit aussi combattre l'UNITA et le FNLA, aboutit à la proclamation de l'indépendance du pays le à la suite de la révolution des Œillets le mettant fin à l'Estado Novo au Portugal.
De 1975 à 1992, le MPLA gouverne en tant que parti unique de la république populaire d'Angola, sous la présidence d'Agostinho Neto auquel succède en 1979 José Eduardo dos Santos. Dès l’indépendance, tandis que le MPLA soutenu par le bloc de l'Est et Cuba, ce dernier envoyant un corps expéditionnaire important, accède au pouvoir, une guerre civile l'oppose à l’UNITA soutenue par les États-Unis, l’Afrique du Sud et le Zaïre. Elle s'achève en 2002 avec la disparition au combat de Jonas Savimbi, le dirigeant historique de l’UNITA.
Il est membre de l'Internationale socialiste.
Depuis la fin de la guerre civile le MPLA perd régulièrement du terrain aux élections, passant de 82 % des suffrages en 2008 à 72 % en 2012 et à 61 % en 2017. Les électeurs nés après la guerre civile sont moins attachés au MPLA que leurs aînés et s'impatientent devant le faible niveau de vie en Angola. Historiquement marxiste, le parti a évolué à partir des années 1990 vers un social-libéralisme dont les orientations économiques ne sont guère socialistes.
En , le président de la république João Lourenço est élu chef du parti à la suite de la décision de José Eduardo dos Santos de prendre sa retraite.
Le MPLA est, à ses débuts, avant tout un mouvement révolutionnaire nationaliste, ou nationalitaire, revendiquant la libération immédiate et complète du territoire angolais vis-à-vis du système colonial portugais. Son programme politique de 1964 prévois, pour après l'indépendance, la construction d'une nation unie pluriculturelle. Le mouvement s'oppose donc aux formes de rapport intercommunautaires pouvant diviser la nation, comme le racisme, le tribalisme, le régionalisme, et le fétichisme. Le programme prône également le bouleversement de l’impérialisme international et des structures économiques et sociales créées par le système colonial, pour instaurer un régime de justice sociale. Il appelle à l’abolition des privilèges accordés aux portugais et autres étrangers européens, et à l'indépendance économique du pays par la planification économique, le développement d’entreprises commerciales et industrielles d’État, de coopératives de production, d’achat et de vente, et la fin de la monoculture.
Au cours d’une Conférence interrégionale en septembre 1974, les militants apportent quelques modifications au programme de 1964, sur la nature du régime politique et économique à instaurer. Le programme revu évoque un « régime démocratique basé sur le suffrage universel, égalitaire, direct et secret, et de garantie de la liberté d’expression, et de toutes les libertés en matière de conscience, de culte, de presse, de réunion ». Il prône également l’exploitation des ressources énergétiques par l’État et une réforme agraire.
Le nationalisme du MPLA avait donc un caractère progressiste et moderniste. Il était également influencé par la pensée marxiste, puisque les pères fondateurs du mouvements avaient noués des liens avec la gauche communiste portugaise anti-salazariste, bien qu'ils évitaient d'y faire référence pour des raisons tactiques.
Une minorité des cadres du MPLA, surtout composée d’intellectuels métis et blancs, liés au Parti communiste portugais, ou formés dans les pays socialistes d'Europe de l'est, continuait d'adopter une position marxiste orthodoxe. Au contraire, pour la majorité des cadres noirs et de la base sociale du mouvement, notamment la paysannerie, l'indépendance signifiait avant tout la fin du règne du blanc, et l’émergence de l'hégémonie noire.
Le président du MPLA Agostinho Neto annonce le 4 octobre 1975, six jours avant la proclamation de l’indépendance, son intention de transformer le MPLA en parti d'avant garde de la classe ouvrière sur le modèle marxiste-léniniste, afin de construire un État nation socialiste. La tendance des « pragmatistes » au sein du mouvement, avec Lúcio Lara à leur tête, s'oppose à ce tournant, puisqu'ils souhaitent un MPLA capable de conserver l'unité nationale des classes sociales contre l’impérialisme. Le congrès constitutif de décembre 1977 tranche officiellement la question du modèle politique à adopter : Le MPLA, renommé « MPLA-Parti du travail », doit devenir un parti-État marxiste-léniniste, guidant le développement du pays sur le modèle du socialisme scientifique.
Pourtant, ce tournant se fait sans réel débat sur les questions idéologiques et organisationnelles, éclipsées par la lutte pour l'obtention de postes dans les structures gouvernementales du nouveau parti-État. La simple fidélité supposée au MPLA et à Agostinho Neto est pour cela le critère le plus important. Mis à part l'exclusion des dissidences d'extrême gauche maoïstes et pro-soviétiques, la direction du parti conserve la majeure partie de ses membres de 1974. La classe ouvrière reste largement absente des organes de direction du parti d'avant-garde. Les milieux religieux initialement proches du MPLA sont mis à l'écart par le critère d'admission de non-adhésion à toute idée religieuse.
Au contraire, le mouvement accueille en masse de nouveaux membres issus de la petite bourgeoisie noire urbaine, plutôt de tendance néonationaliste et pan-nègre, dont des anticommunistes. Cette petite bourgeoisie rempli les structures de direction de l’école du parti, et les postes de fonctionnaires des structures centrales. Elle utilise la politique de nationalisation et les marchés d’État pour s’élever en nouvelle bourgeoisie d’État, et se sert du vocabulaire marxiste-léniniste pour justifier son action politique au nom des intérêts de la classe ouvrière et du peuple angolais.
Dans les années 1980, un nouveau tournant politique s'amorce, avec une ouverture de plus en plus large à l’économie de marché. Le 2nd congrès extraordinaire du parti, en avril 1991, se tient dans de le contexte de basculement du processus de paix engagé avec l’opposition armée de l’UNITA, et de la fin de l’URSS et des régimes alliés de l’Est européen. Comme d’autres partis-États africains se réclamant du marxisme, le MPLA-Parti du travail opère une transition politique et redéfinis son identité idéologique. Le congrès décide du retour à la simple dénomination « MPLA », et de l'adoption de l'idéologie social-démocrate, et une partie du mouvement prend finalement la défense du libéralisme.
Dans le cadre de la guerre froide, le MPLA a pu compter sur l'appui de l'URSS et du bloc communiste. Le mouvement a ainsi bénéficié d'une aide en armement, de la formation de ses jeunes et de ses cadres, d'une protection diplomatique et d'une tribune pour faire entendre sa voix à l'international. Le MPLA était présent dans toutes les institutions et forums internationaux liés au mouvement communiste, et a maintenu ainsi des rapports avec les partis de gauche européens, les pays socialistes, et les mouvements nationalistes radicaux du tiers monde. En Afrique, au delà de ses organisations sœurs de la Conférence des organisations nationalistes des colonies portugaises (en), le MPLA a noué des liens étroits avec le Front de libération nationale algérien, l’Union des populations du Cameroun, et les leaders Sékou Touré et Kwame Nkrumah.
Ces relations internationales ont contribué à consolider des idées de gauche au MPLA. Le mouvement se revendiquait ainsi internationaliste révolutionnaire, tout en gardant son indépendance et sa neutralité vis à vis des conflits au sein du mouvement communiste international.
En 1975, le MPLA conquiert le pouvoir en Angola grâce à l’aide militaire de ses alliés, et à la présence massive des troupes cubaines. Le MPLA au pouvoir reçoit alors des conseillers cubains, soviétiques, et allemands de l'est dans les domaines politiques, militaires, sécuritaires, économiques, et éducatifs. Les déceptions de l'URSS vis-à-vis de la première générations d'expériences africaines postcoloniales, les conduisent d'abord a déconseiller au MPLA la transition rapide vers le marxisme-léninisme, à laquelle les populations ne seraient pas préparées, puis à assister ce projet prudemment. Pour sa part, Cuba a pleinement parrainé ce tournant, et a ainsi accompagné la création des structures d’éducation et de formation idéologiques des cadres.
| Élection | Votes | % | Sièges | +/– | Position | Gouvernement |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1992 | 2 124 126 | 53,7 | Nv | 1er | Majorité | |
| 2008 | 5 266 216 | 81,6 | 1er | Majorité | ||
| 2012 | 4 135 503 | 71,8 | 1er | Majorité | ||
| 2017 | 4 164 157 | 61,1 | 1er | Majorité | ||
| 2022 | 3 162 801 | 51,8 | 1er | Majorité |