| Député de la Convention nationale Convention nationale Drôme | |
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| - | |
| Député français Drôme |
| Naissance | |
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| Décès |
(à 77 ans) Pizançon |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Marc-Antoine Jullien |
| Surnom |
Jullien de la Drôme |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités | |
| Conjoint | |
| Enfant | |
| Parentèle |
Auguste Jullien (petit-fils) Pierre-Alexandre-Adolphe Jullien (petit-fils) Édouard Lockroy (arrière-petit-fils) |
| A travaillé pour |
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Marc-Antoine Jullien, dit Jullien de la Drôme, né le à Bourg-de-Péage (Généralité de Grenoble, actuel département de la Drôme), mort le à Chatuzange-le-Goubet (département de la Drôme), est un homme politique et un pédagogue de la Révolution française.
Marc Antoine Jullien naît le à Bourg-de-Péage, dans la Généralité de Grenoble. Il est issu d'une famille bourgeoise du Dauphiné. Son père, Marc Antoine Jullien, est maître-chirurgien à Bourg-de-Péage, époux de Claire Larat. De leur union naissent quatorze enfants.
Ayant des ambitions littéraires, Marc-Antoine Jullien se rend à Paris: en , il écrit à Jean Jacques Rousseau que depuis quatre mois, il « étudie en rhétorique au collège des Grassins sous M. Le Beau cadet...».
Marc-Antoine Jullien effectue ses études au collège des Grassins. En 1764, il reçoit le premier prix d’amplification française.
Ses succès lui valent la protection de l'abbé Mably, qui le présente à Marie Louise Nicole de La Rochefoucauld duchesse d'Enville (1716-1797) ; celle-ci le charge en 1766 de l’éducation de son petit-fils, le prince de Léon, charge qu'il exerce au moins jusqu'en 1768. Marc-Antoine Jullien est aussi lié à l'avocat général au parlement de Grenoble, Joseph Michel Antoine Servan (1737-1807).
Vers 1774, il épouse Rosalie Ducrolay, fille d'un négociant de Pontoise, avec laquelle il a deux fils dont le cadet, Marc-Antoine, deviendra un proche de Robespierre durant la Révolution. Celle-ci a laissé une importante correspondance publiée en partie en 1881 par son arrière-petit-fils, Édouard Lockroy.
En 1779, ils sont les parrain et marraine de Marc Charles Camille Nugues, fils de Claude Etienne Nugues, négociant à Romans, et de Charlotte Enfantin.
Jullien accueille avec enthousiasme la Révolution, et entretient une active correspondance avec ses compatriotes du Dauphiné, où transparaissent ses sentiments sur les événements parisiens. Cela lui vaut une réputation de patriote dans le département de la Drôme, qui l’élit député suppléant à l’Assemblée législative (1791) et président de l’assemblée électorale du département (1792).
La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, Marc-Antoine Jullien est élu député suppléant du département de la Drôme, le troisième et dernier à l'Assemblée nationale législative. Il n'est cependant pas appelé à y siéger.
La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré avec sa famille à la tour du Temple.
En septembre 1792, Marc-Antoine Jullien est élu député de la Drôme, le premier sur neuf, à la Convention nationale. Il y est surnommé « Jullien de la Drôme » pour être différencié de son collègue et homonyme Jean Julien dit « Julien de Toulouse », député de Haute-Garonne.
Il siège sur les bancs de la Montagne. Le 6 octobre 1792, il dénonce la conduite du général Anne-Pierre de Montesquiou :
Je viens du Dauphiné ; j'y ai vu les soldats de cette armée et j'atteste qu'ils le regardaient comme un traître. (Murmures.)
Le 26 décembre, alors que les députés de la Montagne s'opposent à l'ajournement du jugement de Louis XVI, un incident oppose Marc-Antoine Jullien au président de la Convention, Jacques Defermon (député d'Ille-et-Vilaine) :
Nous avons fait le serment de mourir, mais de mourir en hommes libres et en sauvant la chose publique. (Applaudissements à l'extrême-gauche.) Je suis loin de toute prévention : j'habite les hauteurs (Continuant de montrer l'amphithéâtre du côté gauche) que l'on désigne ironiquement sous le nom de la Montagne, mais je les habite sans insolence. Ce passage, que Ion attaque, deviendra celui des Thermopyles.
Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine :
J'ai toujours haï les rois, et mon humanité éclairée a écouté la voix de la justice éternelle, c'est elle qui m'ordonne de prononcer la peine de mort contre Louis Capet.
Le 13 avril 1793, il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le 28 mai, il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze.
Adversaire des Girondins, il réplique à Lanjuinais, qui attaquait les auteurs de la révolution du 31 mai, qu’il calomnie les habitants de Paris.
Il est dénoncé par Tallien et Carrier après la chute de Robespierre comme l’agent et le protégé de Robespierre, parce que son fils, Jullien de Paris, avait été membre du Comité exécutif de l’instruction publique.
Après la session, Jullien vit à l’écart des affaires publiques. Résidant à Paris, il se consacre à la littérature et à la poésie, publiant quelques opuscules dans le Mercure en 1802 et en 1803.
Sous la Restauration, il se retire dans ses propriétés de la Drôme. Ayant refusé de signer l’Acte additionnel durant les Cent-Jours, il échappe, en 1816, à la loi contre les régicides, et son exil se borne à quelques mois de résidence surveillée à Barcelonnette.
Mort accidentellement en tombant d’un balcon, il est inhumé au cimetière de Pizançon. Il était le grand-père du journaliste et diplomate Auguste Jullien, de l’ingénieur Adolphe Jullien et l’arrière-grand-père d’Édouard Lockroy.
Les papiers personnels de la famille Jullien de la Drôme sont conservés aux Archives nationales sous la cote 39AP.