| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Marcel Léon Ichac |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités | |
| Père | |
| Fratrie |
| Sport | |
|---|---|
| Distinction |
Marcel Ichac, né le à Rueil-Malmaison (Seine-et-Oise) et mort le à Ézanville (Val-d'Oise), est un cinéaste, photographe, explorateur et alpiniste français.
« Grand maître du documentaire » selon l'historien Jean Tulard, Marcel Ichac est en particulier considéré comme « le plus grand cinéaste spécialiste de films de montagne en France et sans doute dans le monde » de sa génération par Georges Sadoul,. D'abord skieur et alpiniste, grand témoin de l'alpinisme français, Marcel Ichac est ensuite devenu, par la diversité des espaces explorés, le cinéaste de l'exploration française des années 1930-1950 (les deux premières expéditions françaises en Himalaya en 1936 et 1950, la plongée sous-marine avec Jacques-Yves Cousteau, le Groenland avec Paul-Émile Victor, les tout premiers documentaires de spéléologie au monde avec notamment Norbert Casteret, etc.).
Marcel Ichac a révolutionné le cinéma documentaire par sa volonté d'insérer le spectateur au sein de l'action avec une obsession de l'authenticité. Ce qui a exigé, au-delà de l'accompagnement du sportif dans son effort, des innovations techniques (l'utilisation généralisée des caméras légères alors que les caméras de l'époque étaient généralement lourdes et fixes), artistiques (la caméra subjective, montée sur des skis, portée à l'épaule, etc., la prise de vue avec le regard de l'alpiniste) et narratives. Marcel Ichac est considéré comme un précurseur du « cinéma vérité » et du docu-fiction (lire plus bas).
Au-delà, Marcel Ichac a joué un rôle pionnier, tant dans le domaine technique (avec notamment la réalisation du premier film français en cinémascope, etc.), des institutions (fondation du Groupe des trente pour défendre le court-métrage), que des hommes (lancement de Jacques Ertaud, Jean-Jacques Languepin, Gérard Oury, Jean-Louis Trintignant, Robert Enrico dans le cinéma). Marcel Ichac a reçu les plus hautes récompenses du cinéma mondial (Oscar à Hollywood, primé au Festival de Cannes et à la Mostra de Venise, sans compter les festivals spécialisés dans le cinéma de montagne et d'exploration).
Fils du journaliste financier Eugène Ichac, Marcel Ichac, étudie aux Arts déco, et commence sa carrière comme illustrateur, publicitaire et journaliste (notamment des reportages, des photos, des photomontages dans le célèbre magazine VU, dont le photomontage de la Une Fin d'une civilisation, largement médiatisé). Après avoir joué en 1933 dans un film sur la montagne, il décide de passer de l'autre côté de la caméra. À partir de 1934, il se consacre au cinéma et à la photographie. Son œuvre se déploie dans plusieurs directions :
Marcel Ichac est le cinéaste quasi officiel des grandes explorations françaises des années 1930 aux années 1950, qu'il a accompagnées à travers le Globe.
Marcel Ichac est le seul alpiniste à faire partie des deux premières expéditions françaises en Himalaya, en 1936 et en 1950.






Passionné de montagne dès le milieu des années 1920, Marcel Ichac va alors faire partie du petit cercle des alpinistes parisiens qui se retrouvent le week-end dans la forêt de Fontainebleau (le Groupe de Bleau) et pendant leurs vacances dans les Alpes. Il réalise de nombreuses courses, quelques premières, et participe à la rédaction des Guides Vallot. Marcel Ichac est donc à la fois un acteur et témoin de moments clés de l'alpinisme français, à qui il consacre de nombreux articles, photos et films :
Accompagnant au plus près l'alpiniste, Ichac souhaite partager avec le public la motivation et la psychologie de l'alpiniste, la technique et la beauté du geste du grimpeur. Ses principaux films de montagne sont :
Sportif accompli, Marcel Ichac s'est lancé à 70 ans dans la course à pied, courant plusieurs fois le marathon de New York, ceci jusqu’à 80 ans.

Marcel Ichac va accompagner de ses films, de ses photos, de ses reportages, les tout débuts de la popularisation du ski en France dans les années 1930. Notamment à l'époque du Front populaire, alors que les pouvoirs publics encouragent la découverte du plein air. Aux préoccupations sociales et de santé publique, s'ajoute un enjeu patriotique évident alors que les tensions s'affirment en Europe. Il s'agit d'enlever à l'Autriche et à l'Allemagne le quasi-monopole dont ces pays jouissaient dans le domaine du ski. Les sportifs français, la technique française de ski, les stations de ski françaises effectuent alors de remarquables percées. Marcel Ichac va les faire connaître au grand public. Il attaque directement le cinéma germanique, qui domine le cinéma de montagne, en réalisant le premier grand film français de ski (Poursuites blanches, 1936) destiné à rivaliser avec les productions de Arnold Fanck, Leni Riefenstahl et Luis Trenker.

L'œuvre de Marcel Ichac forme alors un ensemble cohérent qui contribuera à lancer le ski en France.
Marcel Ichac réalise dans les années 1940-1950 une série de documentaires techniques. Particulièrement des films sur la technique de l'aluminium réalisés pour Péchiney. C'est dans un de ces films que Jean-Louis Trintignant fit ses premiers pas au cinéma.
À partir de 1934, Marcel Ichac a joué un rôle dans l'innovation au cinéma et, ce, dans plusieurs domaines.
Marcel Ichac va révolutionner le film de montagne, notamment en participant à des innovations techniques telles que le principe de la caméra subjective, devenant ainsi un pionnier du cinéma vérité et du docu-fiction.
La méthode Ichac n'aurait pas été possible sans sa décision d'utiliser hors de leur contexte initial des caméras légères initialement prévue pour un usage très spécifique. Dès lors, les innovations techniques peuvent s'enchaîner : « Ichac réformera très tôt toutes les règles académiques de l’art du documentaire. Et pour cause : visionnaire qui s’ignore, il a un à-priori technique, la légèreté. (..) Marcel Ichac va tout bouleverser en ayant, comme il dit, « la seule idée de sa vie » : au marché aux Puces, le jeune homme achète une caméra allemande portable utilisée pour les films ethnographiques. En bandoulière, le boîtier n’est guère plus encombrant qu’un sac à dos. Ichac peut alors s’encorder lui aussi, il peut s’armer d’un piolet, il peut se faire alpiniste et cinéaste en même temps. Le documentaire de montagne est « inventé ». Mais l’ingénieux Ichac n’en est qu’à ses débuts. Ce sont encore les années 1930 lorsqu’il fixe sa caméra – « subjective » comme on la qualifie – sur des skis afin de mieux rendre compte de l’impression de vitesse. ».
Ces innovations, banalisées de nos jours, ne vont pas de soi en 1934. Comme l'explique l'écrivain de montagne Pierre Minvielle, « « En ces temps là (dans les années 1930), les opérateurs professionnels se déplaçaient avec de grosses caméras à moteurs électriques. Le poids de la caméra, des batteries, sans compter le pied et les films, empêchaient l’opérateur de circuler. » (expliquait Marcel Ichac). Avec sa caméra portative, Ichac, lui, va pouvoir garder un skieur dans son champ pendant plusieurs secondes ; il pourra aussi se déplacer sur une paroi pour suivre le grimpeur. Il sera au cœur de l’action, à côté du sportif. ».
Le matériel léger autorise alors le cinéaste à s'immerger dans l'action pour y immerger à son tour le spectateur. « Marcel Ichac apparaît comme le contemporain de Robert Flaherty et de Joris Ivens. Mais ce qui le différencie de tous les autres, c’est la capacité qu’il a d’aller chercher le témoignage dans les lieux les plus aventureux : sur les glaciers, dans les parois des aiguilles de Chamonix, plus tard dans les vallées du Karakoram et du grand Himalaya ; mais aussi dans l’enceinte interdite de la Ka’ba à La Mecque, au fond des gouffres, au cœur des combats ou dans l’inslandis groenlandais. ».
L'objectif final est bien de faire rivaliser la force de la vérité avec le caractère artificiel de la fiction : « Ce sera la revanche du modeste film documentaire de voir certaines de ses images laisser des impressions plus profondes que telle scène dramatique d’un grand film dont l’artificielle beauté se dissipe dès que le retour à la lumière a fait cesser l’enchantement de l’écran. » écrit-il en 1936 (au sujet du film Poursuites Blanches).
Dès lors, la méthode Ichac est lancée. L'historien de montagne Yves Ballu explique : « Marcel Ichac a fait école ; pas simplement parce qu’il a été le premier cinéaste français de montagne, mais surtout parce qu’ayant abordé le cinéma en professionnel, c’est-à-dire avec les exigences d’une véritable écriture cinématographique (scénario, cadrage, mise en scène), il n’a pas renié sa vocation d’alpiniste, laissant à la montagne sa pleine dimension. En particulier, il s’est toujours efforcé de tourner les différentes séquences au lieu et à l’heure où elles étaient supposées avoir lieu. Cette exigence reprise par ses propres collaborateurs (Jacques Ertaud, Jean-Jacques Languepin, René Vernadet, etc.) est devenue un label : celui de l’authenticité ».
L'introduction de l'exigence de vérité même au sein de ses rares œuvres de fiction, fera également d'Ichac le pionnier de nouveaux genres cinématographiques :
Marcel Ichac s'intéresse à tous les aspects du cinéma, comme l'explique le réalisateur Jacques Ertaud : « Il m'a tout appris : la prise de vue, le montage, la prise de son, l'écriture d'un film, le choix des musiques. Il était un véritable artisan, avec un grand A, capable de faire entièrement un film sans l'aide de personne. Ce fut pour moi une merveilleuse école. ».
Par conséquent, Marcel Ichac participe à plusieurs innovations du cinéma :
Marcel Ichac reçoit pour son œuvre les plus hautes récompenses mondiales :

Marcel Ichac est aussi membre du jury du Festival de Cannes pour les courts-métrages en 1951, 1955 et 1966.
Mort en 1994, il est inhumé dans la 1re division du cimetière de Passy.
En tant que réalisateur :
En tant que producteur :
En tant que conseiller technique ou assistant :
En tant qu'acteur :
De nombreux articles dont :