Marcescence

Feuillage marcescent de chêne, ici celui de Quercus acutissima, le chêne du Japon

La marcescence (adjectif : marcescent ; du latin marcescere : se flétrir, se faner) est l'état d'un organe végétal qui, après son flétrissement, demeure longtemps desséché sur la plante et ne s'en détache parfois qu'à la fin de la saison hivernale. Elle concerne notamment la rétention des feuilles en hiver chez certaines espèces de plantes.

Par extension, cet état se dit aussi d'une plante caractérisée par de tels organes (notamment un arbre qui conserve ses feuilles mortes attachées aux branches durant la saison de repos végétatif) ou d'une formation végétale (exemple : une forêt marcescente).

Marcescence partielle typique du hêtre (Fagus sylvatica) uniquement sur les branches basses

La marcescence est considérée comme une variante de la caducité, les arbres et arbustes à feuillage caduc (ou décidu) changeant de feuilles en bloc chaque année et connaissant une phase plus ou moins longue sans feuilles.

Marcescence des pétales chez les Dombeya, illustrée ici chez Dombeya pulchra

Plusieurs espèces d'arbres appartenant à l'ordre des Fagales tels les chênes, les hêtres, les charmes, et les châtaigniers présentent fréquemment des feuillages marcescents. Chez ces espèces, la marcescence est plutôt une marque de jeunesse caractérisée par l'absence de zone d'abscission au niveau des pétioles de leur feuille ; les arbres atteignant leur maturité conservent rarement leur feuillage flétri et deviennent caducs. La marcescence peut aussi être interrompue par des conditions climatiques particulières qui provoquent la chute des feuilles en cours d'hiver (vent, gelées).

On qualifie également de marcescentes toutes autres pièces végétales qui subsistent desséchées sur la plante alors qu'elles sont mortes. Ainsi en va-t-il par exemple des feuilles de certaines herbacées ou des corolles florales de jonquille et de narcisse, de bruyères, des pétales de Dombeya ou encore des bractées florales des hortensias.

Avantages écologiques

Chez les individus de plusieurs espèces comme le Chêne ou le Hêtre, la marcescence s'observe uniquement au niveau des parties les plus basses et centrales du houppier. Cette stratégie compétitive pourrait être liée à la protection contre le broutage de la mégafaune du Pléistocène qui se nourrit à partir de bourgeons ou de jeunes feuilles d'arbre dans des milieux à dominante forestière : l'abroutissement exercé par les grands herbivores de type brouteur, à l'instar de Megatherium qui pouvait culminer à près de 4 m en se dressant sur ses pattes arrière, aurait exercé sur certains arbres une pression sélective conduisant ces ligneux à acquérir une nouvelle potentialité telle que la marcescence localisée sur les branches de hauteur inférieure à 5 m.

La marcescence, commune en zone tempérée du nord et dans tout l'Holarctique, pourrait selon les écologues et biologistes de l'évolution avoir plusieurs avantages :

Galerie

Notes et références

  1. ↑ Le repos végétatif correspond à l'hiver ou la saison sèche. Ces feuilles ne tombent que lors de la repousse des nouvelles, au printemps ou au début de la saison des pluies.
  2. ↑ Georges Métailié, Antoine Da Lage, Dictionnaire de biogéographie végétale (NE): Nouvelle édition encyclopédique et critique, CNRS éditions, , p. 362.
  3. ↑ François Couplan, Les plantes, Quae, , p. 70.
  4. ↑ (en) C. M. Herrera, « Complex implications around a simple trait: ecological context determines the fecundity effects of corolla marcescence », American Journal of Botany, vol. 98, no 5,‎ , p. 812–818 (ISSN 0002-9122 et 1537-2197, DOI 10.3732/ajb.1000474, lire en ligne, consulté le )
  5. (en) Douglas W. Tallamy, The Nature of Oaks, Timber Press, , p. 32
  6. (en) Douglas W. Tallamy, The Nature of Oaks, Timber Press, , p. 32
  7. ↑ (en) Douglas W. Tallamy, The Nature of Oaks, Timber Press, , p. 32
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  9. 1 2 (en) Michael Snyder, « Why Do Some Leaves Persist On Beech and Oak Trees Well Into Winter? », sur northernwoodlands.org, (consulté le ).
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  11. ↑ (en) David Bramwell et Juli Caujapé-Castells, The Biology of Island Floras, Cambridge University Press, (ISBN 978-1-139-49780-0, lire en ligne)
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Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

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  • (en) Šárka Angst, Tomáš Cajthaml, Gerrit Angst et Hana Šimáčková, « Retention of dead standing plant biomass (marcescence) increases subsequent litter decomposition in the soil organic layer », Plant and Soil, vol. 418, nos 1-2,‎ , p. 571–579 (ISSN 0032-079X et 1573-5036, DOI 10.1007/s11104-017-3318-6, lire en ligne, consulté le )

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