| Naissance | |
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| Décès |
Après |
| Nom de naissance |
Maria Virginia Zanino |
| Surnom |
Maria Brac-Zanino, Maria Brac-Zanini, Maria Milanaccio |
| Nationalité | |
| Activités |
| Date de baptême | |
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| Idéologie |
Maria Zanini, dite Maria Milanaccio après son mariage, née Maria Zanino le à Turin et morte après , est une couturière, cuisinière et anarchiste italienne. Elle est surtout connue pour son action au moment de la naissance de l'illégalisme.
Après s'être déplacée en France et installée à Paris, elle s'engage dans les milieux illégalistes de la capitale. Associée avec d'autres membres au sein de la bande à Ortiz — du nom de Léon Ortiz —, elle fait vraisemblablement office de receleuse. Arrêtée en 1894, elle comparaît pendant le procès des Trente, un procès politique visant les principales figures de l'anarchisme en France. Maria Zanini est finalement acquittée, mais renvoyée de France.
Maria Virginia Zanino naît le à Turin, fille aînée d'Antonio Zanino, boulanger, et de Paola (ou Paolina) Pugno, son épouse. Elle a deux sœurs cadettes, nées en 1866 et 1868. Sa mère meurt en 1870, cinq jours après avoir donné le jour à un fils, mort à l'âge d'un jour. La famille utilise alors le patronyme Brac-Zanino (ou Braczanino). Antonio Zanino se remarie en 1871 et s'établit à Caluso.[réf. souhaitée]
En 1884, utilisant alors les patronymes Zanini et Brac-Zanini, Maria Zanino donne naissance à Turin un fils naturel, Francesco Luigi, qui meurt à l'âge de deux mois. Le père est un cordonnier nommé Giovanni Battista Milanaccio. En 1887, un an après la naissance d'un second fils baptisé Stefano, Maria Zanino épouse le père de ses enfants à Turin. En , alors établi à Paris 9, rue Visconti, le couple a un troisième enfant, une fille nommée Rose. La petite fille meurt l'année suivante à Mercenasco, ville natale de son grand-père maternel.

En 1892, alors qu'elle vit à Paris, Maria Zanino, appelée Maria Zanini ou Maria Milanaccio, commence à travailler comme cuisinière et couturière pour gagner sa vie. Elle rejoint la bande à Ortiz, un groupe illégaliste composé, en plus d'elle, du couple Paolo Chiericotti-Annette Soubrier, de Léon Ortiz, de Victorine Belloti et de son fils Louis, de François Liégeois ou encore d'Orsini Bertani (en), qui deviendra le compagnon de Maria Zanini. Cette dernière se charge vraisemblablement du recel des biens volés par sa bande.
En , Maria Zanini vient loger au 1, boulevard Brune, où se trouve la cache du butin des vols de la bande et où un certain nombre d'entre eux loge. Veuve,,, Maria Zanini vit avec Bertani dans cette cache au début de 1894,, un logement comportant deux fenêtres. Après l'arrestation d'Antoinette Cazal, les autorités remontent jusqu'à son compagnon, Léon Ortiz, qui loge avec les autres membres du groupe. Le , Maria Zanini est arrêtée avec les autres membres du groupe et placée en détention,,.
En , Maria Zanini comparaît au procès des Trente, procès politique qui vise trente figures de l'anarchisme en France destinées à être condamnées après l'assassinat de Sadi Carnot par Sante Caserio. Contrairement aux attentes, les jurés acquittent tous les accusés, à l'exception d'Ortiz, qui reçoit la plus grande peine (15 ans de déportation au bagne) et quelques membres de la bande,. Le journal conservateur Gil Blas décrit ses interventions lors du procès de la manière suivante :
« Ne sait rien, et ne voit même pas la figure des gens qui viennent coucher chez elle. »

Selon Jean Grave, lui-même acquitté lors de ce procès, les membres de la bande se seraient disputé les uns avec les autres, cherchant à rejeter la faute des cambriolages sur d'anciens amis, dont certains témoignent d'ailleurs contre eux. La dureté de la justice française est rendue possible par le fait que leurs actions ne sont pas considérées comme anarchistes par les autorités françaises, qui établissent, dans les « lois scélérates » — une série de lois visant le mouvement anarchiste —, une distinction entre les « idéologues » et les « propagandistes », ces derniers étant bien plus sévèrement punis.
Comme Jean Grave, Maria Zanini est acquittée après son procès, mais elle doit répondre à un ordre d'expulsion et quitter le pays,. Via le Luxembourg, Bruxelles et Anvers, elle rejoint l'Angleterre avec Bertani. Ce dernier émigre à Buenos Aires en . Toutefois, si les deux amants ont émigré ensemble, leur relation n'a probablement pas duré, Bertani se mariant et fondant très vite une famille avec une anarchiste française, Marie Elisa, dite Anita Lagouardette.
La suite de la vie de Maria Zanini n'est pas connue, mais en , selon l'acte de mariage de son fils Stefano, elle vit à Buenos Aires.
En 2024, la photographie policière de Maria Zanini faite par Alphonse Bertillon lors de l'arrestation et le fichage des anarchistes, conservée au Metropolitan Museum of Art (MET), est choisie par l'artiste américain Jesse Krimes (en) pour figurer dans son exposition Corrections. Cette exposition s'oppose à Donald Trump et au système carcéral américain.