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| Nom de naissance |
Marie Sergeant |
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Rémy Duhem Nelly Sergeant-Duhem (d) |
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Chevalier de la Légion d'honneur en 1912, Officier d'Académie, Médaille à l’Exposition universelle de 1900. |
Marie Duhem, née à Guemps le et morte à Douai le , est une artiste peintre française.
Les parents de Marie Amélie Hortense Sergeant, Victor Sergeant et Marie Hubert, dirigent une manufacture de dentelle. Dès son enfance, elle se familiarise au travail des dessinateurs de modèles. Elle devient l’élève du peintre Adrien Demont, époux de l’artiste peintre Virginie Demont-Breton. C’est dans leur atelier de Wissant qu’elle rencontre, en 1889, Henri Duhem, de 11 ans son aîné, avocat et peintre. Ils se marient en 1890 et, l'année suivante, elle donne naissance à un garçon, Rémy Duhem (1891-1915). C'est l'époque du groupe de Wissant, autour des Demont-Breton, et chaque été pendant plusieurs années, les Duhem, installés dans leur maison de campagne à Camiers, retrouvent un groupe d’amis venus peindre, sur le motif, la campagne du boulonnais et le littoral de la Côte d'Opale. Parmi les plus assidus, l’on compte Georges Maroniez, Francis Tattegrain, Fernand Stiévenart ou encore Félix Planquette.

Marie Duhem forme avec son mari un couple d’artistes unis partageant quêtes esthétiques et passion pour la collection. Ils acquièrent ainsi un ensemble d’œuvres impressionnistes et postimpressionnistes de premier ordre, dont la Promenade près d'Argenteuil peinte en 1875 par Claude Monet, ou Bouquet de Fleurs peint en 1897 à Tahiti par Paul Gauguin.
Marie Duhem a une carrière au rayonnement national. Elle est nommée officier des Palmes académiques, puis reçoit une médaille à l’Exposition universelle de 1900. Une exposition personnelle lui est consacrée en 1906, à Paris, à la galerie Georges Petit. La même année, l’État acquiert une huile sur toile intitulée Renoncules blanches, pour le musée du Luxembourg, aujourd'hui conservée au musée d'Orsay, qui possède également ses Reines Marguerites dans un vase. Elle expose également à l’étranger (Londres, Rome, Saint-Pétersbourg).
Marie Duhem est impliquée dans la vie culturelle de son époque : tout comme son mari, elle entretient des liens amicaux avec Camille Pissarro, Auguste Rodin ou encore Henri Le Sidaner. De ce dernier, elle réalise un portrait à l’huile (aujourd’hui conservé au musée des Beaux-Arts de Dunkerque) révélateur de l'intimisme dans lequel Henri Le Sidaner et les Duhem s’inscrivent.
Durant la Première Guerre mondiale, le couple perd son fils unique, Rémy Duhem, jeune peintre à l'avenir prometteur, tué au front le . Marie Duhem, très affectée, succombe d’une tumeur, dans la maison familiale de Douai, le , à l’âge de 47 ans.
En 1922, Henri Duhem évoque le souvenir de son fils et de sa femme dans un récit intitulé La Mort du foyer. Deux ans plus tard, le critique d’art Camille Mauclair, grand ami du couple, retrace l’œuvre dessinée et peinte des deux artistes défunts, dans un ouvrage à l’iconographie très documentée, intitulé Marie Duhem, Rémy Duhem : hommage. Nelly Sergeant-Duhem, fille adoptive des Duhem, donne leur collection en 1985 à l'Académie des beaux-arts, conservée au musée Marmottan à Paris.
On retrouve dans la peinture de Marie Duhem — paysage campagnard, natures mortes ou sujets religieux — l’atmosphère sobre et de recueillement caractérisant également l’œuvre de son mari. Certaines de ses œuvres, tel le Jardin à la campagne — celui de sa maison à Camiers — témoignent, par leur facture néo-impressionniste et intimiste, de l’influence d'Henri Le Sidaner.
Un timbre postal français, représentant les Reines marguerites dans un vase (huile sur toile, Paris, musée d’Orsay), a été édité à 5 millions d'exemplaires et mis en circulation le . Il intègre le carnet de 12 timbres intitulé Bouquets de fleurs proposant des reproductions de peintures de bouquets de fleurs réalisées par des peintres des XIXe et XXe siècles.