| Naissance |
Stuttgart (Allemagne) |
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| Activité principale |
auteur et réalisateur de films (longs métrages) |
| Langue d’écriture | français et allemand |
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Martin Ziegler, né le à Stuttgart (Allemagne) est un écrivain, traducteur et réalisateur de films français. Son nom de plume est : Lorenzo Marzio Luettore.
Après une enfance à Stuttgart et dans le Jura Souabe, il effectue sa scolarité à l'Eberhard-Ludwigs-Gymnasium, lycée universitaire de la ville. Il prend la direction de la revue lycéenne Das Gesicht pendant deux ans, noue des contacts avec des personnalités : le philosophe Martin Heidegger, le penseur Ernst Bloch et le compositeur Mikis Theodorakis.
Il suit des parcours d' études en beaux-arts, littérature, sciences humaines, théologie (entre l'Université de Rouen, la Sorbonne et la Faculté Catholique). Il revient en Allemagne pour apprendre la technologie de la peinture avec Koichi Nasu ; en 1979, il expose à Stuttgart pour la galerie de Max Hetzler Oedipus u. Nachtische, « installation pour deux magnétophones ». Il vit entre Paris, Rouen, et voyage en Europe.
Pendant six années, toutes les semaines, il travaille à une thèse avec Michel Foucault sur la notion de bios. Il entre aux éditions du Seuil comme assistant-conseiller littéraire auprès de François Wahl et travaille sur les publications de Hubert Damisch, Françoise Dolto… Psychanalyse, littérature, philosophie, l’art constituent ses centres d’intérêts. Il rencontre Pierre Klossowski, Josef Beuys, Sevéro Sarduy, Jacques Nassif, Michel Leiris, Paul Veyne. Il évoque son désir d’accéder à l’œuvre de René Char avec P. Veyne, qui lui répond : « Lisez, et relisez encore. Lisez sans comprendre, là n’est pas l’important ».
En 1986, après des contributions dans la revue Urbi, il publie son premier ouvrage, aux éditions de l’Aube, La Suite des temps, un bref récit remarqué par Julien Gracq, André du Bouchet et Jean-Luc Nancy (e.a. perçu comme « Une écriture hapax »)…
Il se consacre à l’écriture et travaille parallèlement comme traducteur de l’allemand, pour des textes de Hannah Arendt, Heinrich Böll, Mathieu Carrière, Franz Kafka, Kleist, R.M. Rilke, Thomas Strittmatter, Jean-Luc Parant…
En 1990, paraît chez le même éditeur, son deuxième ouvrage, Duel, idylle, adresse ; trois ans plus tard, il écrit Au printemps, un texte pour le théâtre. L'acteur Maxime Leroux en fait une mise en scène expérimentale, avec Martin Ziegler, sur une petite scène de Sotteville-les-Rouen.
En 1997, il confie aux éditions L. Mauguin la publication de Ô ter abcède, récit poétique. Il y synthétise le souci de la poésie, la pensée de l’autre et l’esthétique d’une œuvre. Avec le même éditeur, il publie plusieurs recueils de poésie. Vitres griffées éteintes obtient en 1998 le prix Claude-Sernet. Arlette Farge, lors d’un entretien radiophonique à France Culture, relève à propos de Chemins à fleur autrement blancs : « l’étonnante absence d’histoire, une parole au temps et à l’autre, où le chemin ne va pas, où le chemin est là où l’on marche, tout simplement. »
Alain Veinstein le reçoit dans une de ses émissions. La qualité évidente chez Martin Ziegler est cette attention permanente « à ce qui n’est pas », la place essentielle dans son travail du terme (double) de « recouvrement » ; le mot choisi dans l’écriture est à la fois porteur d’une identité propre et recouvre et porte tous les mots délaissés à son profit. Il introduit un dérangement, y compris « politique », comme l'exprime son rêve d'adolescent : celui d'« une communauté imaginaire de nihilistes russes présidée par Maître Eckhardt qui s'y tenait toujours sa tête sous le bras. »
Il fait de nombreuses lectures publiques de son travail dans la librairie-galerie de sa maison d’édition, et dans de multiples lieux en France (Maison des écrivains, Université de Nanterre, Journées poésie de Rodez, galeries, librairies, bibliothèques, salons du livre).
Il intervient à l’étranger. En 1998, à Prague (République tchèque), sous l’égide du Friedrich-Bödecker-Kreis, organisation qui promeut la lecture auprès des adolescents et jeunes adultes, il prononce le discours de clôture, qu’il intitule « Prager Lenz », en référence à Paul Celan. En 2003, il reçoit pour son œuvre le prix de l’Organisation européenne des auteurs (Minden, Allemagne). En 2005, la Fondation Günter Grass (Brême, Allemagne) l’invite pour une soirée de lecture. La même année, Michael Krüger publie dans la revue Akzente (Hanser Verlag) un choix de poèmes et leur traduction en allemand.
Le Pr Gerhard Poppenberg propose alors à la revue un texte critique intitulé « Zum Spurlosen hin verdichten ». Il sera publié en introduction aux poèmes dans le même numéro. En 2006, Poppenberg invite Martin Ziegler à l’Université de Heidelberg pour lire devant un parterre d’étudiants. Il l’invite une deuxième fois en 2009 pour une rencontre-discussion avec le poète allemand Durs Grünbein (prix Büchner 1995).
À Berlin, chez le peintre Hinrich Weidemann, se noue un dialogue avec Gerhard Poppenberg. Il entre en contact avec l’œuvre du philosophe Werner Hamacher, proche de Jacques Derrida et de Jean-Luc Nancy, dont Martin Ziegler est le lecteur et avec qui il entretient des échanges. Il considère ce moment comme l'achèvement d'une première strate de son travail. Il traduit en français plusieurs allocutions de Werner Hamacher pour les colloques de Cerisy et pour le Collège international de Philosophie à Paris.
Fin 2005 paraît, toujours aux éditions L. Mauguin, Comme il en irait du venir au souffrance. Il y livre des années de réflexion et de travail sur « le venir » du poème, et en tant que tel « au-delà de la parousie ». Ce recueil est remarqué par Marie-Florence Ehret, dans les Cahiers critiques de poésie :
« L’écriture de Martin Ziegler se raréfie encore, alors même que l’on pouvait croire la chose impossible. Sa poésie nous interroge, elle ne souligne rien, elle garde invisible l’invisible qu’elle désigne. »
Il dépouille l’écriture jusqu'à son paroxysme ; la langue est inapte à dire, semble affirmer Martin Ziegler, dans son texte sur la peintre Krochka : KROCHKA - VIENT ET VOIT, VOIR VENIR ; VOIRE VENUE, ainsi que dans son récit de pèlerinage L'IMPOSSIBLE OEUVRE AU-DELA. L'Abbé Ferruccio Cavaggioni, de Venise, le qualifie de message d'un « prophète ».
Pour lui, dans l’espace d’absence de la langue, se formule le plus juste de la pensée, de la poésie, ce qui le conduit à plusieurs sentes de travail différentes et complémentaires : une écriture renourrie par les mots où la compréhension se fait au-delà du sens.
Il commence la réalisation d’un long métrage où l’image naît de l’image dans le refus d’une trame écrite.
Depuis 2010 il réalise un long-métrage chaque année, sans assistance, dans « l'absence de scénario, car un scénario est la base d'un produit, non d'une création » ; il fait le travail de la caméra, de la direction des acteurs, le montage, l'étalonnage, le mixage.
Le film The Inland Empire, de David Lynch, le conduit à réaliser son premier film, Nice Lago durant l'écriture du texte de Les Images d'un silence.
Dès le troisième film, Gon'(Alice), tous ses films sont diffusés au cinéma du Saint-André-des-Arts, et, plus tard, dans quelques villes de province. Cette forme de création (indépendance à l'égard d'une équipe et d'une société de production, direction particulière des acteurs) attire certaines « vedettes » comme Mathieu Carrière (qui joue dans Joyce et dans Notes Laura Fiori), Richard Bohringer, Pascal Greggory. Des chercheurs et spécialistes du cinéma sont interessés, comme José Moure (qui l'invite depuis 2019 à intervenir à la Sorbonne sur ses films et leur lien à ses textes), Murielle Gagnebin, Leslie Hill, Xavier Leherpeur, Antoine Le Fur…
Didier Feldmann, cinéaste, dit : « Ses films sont tout en fine ciselure, un entrelacs de mots et d'images, où les plans fixes ont une vie intérieure comme peu de cinéastes peuvent créer (…) Comme une peinture les films de Martin Ziegler sont une vision intérieure qu'il nous donne à partager, ils doivent se regarder comme un tableau, où chaque nouveau regard sera une découverte. (…) c'est le cinéma pur, celui de l'écriture et de l'image ».
Le Martin Ziegler reçoit le prix « sauvage » du Festival d'Europe à Paris pour son dernier film[réf. nécessaire] : Adieu Vénus (avec Mathilde Mosnier, Julien Cosquéric, Catherine Badet...).
Le 30 octobre de la même année, pour La présentation de Jésus au Temps, il reçoit le prix de Flight Festivale internazionale de Gênes.[réf. nécessaire] Le film provoque, de par son entente de la « résistance » de Jésus dans notre monde, une réaction du Vatican : « Nous aimerons le tuer, ce Martin Ziegler ».)
Son oeuvre d'images se poursuit en 2025 par Prihère Faro Muran' Aiemer.
Inachever, Editions L. Mauguin, Paris 2022
Krochka - vient et voit, voir venir ; voire venue, Éditions L. Mauguin, Paris 2023
L'IMPOSSIBLE OEUVRE AU-DELÀ, Editions L. Mauguin, Paris 2023