Matteo Bonechi (Florence, - Florence, ) est un peintre italien de fresques baroques, actif dans sa ville natale et ses alentours lors des premières décennies du XVIIIe siècle. Il décore à Florence de nombreuses églises et palais de ses fresques aux sujets religieux, allégoriques et mythologiques.
Les premières années de Matteo Bonechi ne sont pas documentées, ses dates de naissance et de décès sont vérifiées en archives seulement en 1976 par Claudio Pizzorusso. Son enfance et son environnement familial, tout comme sa vie personnelle sont inconnus : avant 1705, date de sa première œuvre attestée, les informations concernant sa vie sont quasiment inexistantes. Ainsi, les trente premières années de sa vie restent un mystère.
Sa formation est également incertaine : selon Niccolo Gaburri, Matteo Bonechi est formé par Francesco Botti, tandis que Luigi Lanzi mentionne Giovanni Camillo Sagrestani comme maître. Les deux peintres ont certainement été maîtres de Matteo Bonechi. Il faut préciser que la relation avec Sagrestani va au-delà de celle du maître, puisqu’ils sont également présentés comme étant d’étroits collaborateurs par Gaburri : « Sagrestani… [e] Bonechi… lavorano sempre in società, e dove andava l’uno era ancore l’altro ». Les deux artistes travaillent souvent sur les mêmes chantiers, et surtout, Sagrestani parvient à former autour de lui un atelier qui répond à de nombreuses commandes grâce à de fidèles collaborateurs, comme Bonechi, mais également Ranieri Del Pace et Giuseppe Moriani. Ainsi, tous travaillent à quelques reprises sur plusieurs chantiers avec Bonechi.
Les premières œuvres attribuées à Matteo Bonechi datent de 1705, avec le décor de l’église Saint-Dominique à Fiesole. Il y peint Saint Dominique recevant le rosaire de la Vierge sur l’arc séparant la nef du chœur, et la Gloire de saint Dominique sur la coupole du chœur. Cette dernière fresque est encadrée par des quadratures peintes par Lorenzo Del Moro et Rinaldo Botti. Selon Giuseppe Richa (it), Bonechi participe également à la décoration de l’église San Frediano in Cestello de Florence en réalisant les fresques de la chapelle latérale dédiée à Sainte Marie-Madeleine de Pazzi. Sur la coupole, il y peint la Gloire de la sainte, complétée dans les pendentifs par la représentations des Vertus cardinales. Enfin, les deux lunettes de la chapelle proposent des Scènes de la Vie de la sainte. Cependant, Sandro Bellesi et Mina Gregori attribuent la fresque de la coupole à Sagrestani, illustrant la proximité stylistique entre les deux artistes.
Cette même année, il est enregistré au sein de l’Académie du dessin de Florence, où il est dans les années suivantes élu Conservateur, Consul et Conseiller.
Après ces premières fresques, Matteo Bonechi répond à de nombreuses commandes à Florence dans divers palais et églises. Il travaille ainsi pour d’importantes familles florentines comme les Gondi, les Tempi, les Taddei, les Cerretani (it) et les Visacci. Le plus imposant décor profane qu’il peint est celui au palais des Capponi, dans la cage d’escalier, où il remplace Onorio Marinani, trop âgé pour répondre à cette commande. Il y représente L'apothéose d'Hercule couronné par Jupiter, réalisée vers 1712. Il décore d'autres salles, comme le salon dont le plafond est peint du Temple de l'Immortalité, ou encore d'autres décorations, dont certaines en collaboration avec Sagrestani, comme la fresque illustrant Les amours de Jupiter. Enfin, la salle des Quatre Éléments est décorée avec Sagrestani et le stucateur Giovanni Jacopo Ciceri.
En plus de travailler dans ces rénovations de palais, Matteo Bonechi peint lors de travaux dans des églises, comme à l'église San Jacopo Soprarno (it), San Salvatore in Ognissanti, ou encore l'église de Santa Maria del Suffragio (it). Il retourne à San Frediano in Cestello pour compléter la coupole du chœur peinte par Anton Domenico Gabbiani qui représente Gloire de sainte Marie Madeleine. Bonechi y peint les pendentifs représentant les allégories de la Foi, l’Espérance, la Charité et la Pénitence, réalisés vers 1737.
La famille des Médicis fait également appel à Matteo Bonechi pour deux commandes. Une première toile représentant Le Paradis datant de 1728, est réalisée pour l’électrice palatine Anna Maria Luisa. Ce tableau, destiné à décorer la Villa La Quiete, fait partie d’un cycle de quatre toiles représentant le thème I Novissimi, dont les trois autres peintures sont réalisées par Niccolo Lapi, Antonio Nicola Pillori et Ottaviano Dandini (it). Puis Bonechi dessine un carton de tapisserie destiné à la manufacture médicéenne figurant Le Feu, sous les traits du dieu Vulcain, en 1735. Ce carton de tapisserie s'inscrit dans un cycle représentant les Quatre Eléments en collaboration avec Sagrestani qui dessine les trois autres éléments tandis que les bordures décoratives sont réalisées par Lorenzo Del Moro.
Bien que Matteo Bonechi ait dû répondre à une vingtaine de commandes en une trentaine d'années, aucun nom d'assistant n'a été signalé. Un seul de ses élèves a été découvert, le peintre de fresques florentin Sigismondo Betti.
Matteo Bonechi est mort à Florence le .
L’œuvre de Matteo Bonechi s’inscrit dans une dynamique de modernisation des intérieurs, qui vise à remettre au goût du jour les décorations des palais et églises à Florence. Pour cela, il s’inspire des grands décors peints à Florence par des maîtres italiens comme Pierre de Cortone, Sebastiano Ricci et Luca Giordano. Bonechi retient d’eux des compositions foisonnantes et asymétriques, prenant place dans des décors aériens, peuplés d’anges et de figures féminines élégantes, le tout dans des tons pastels. Les motifs utilisés par Bonechi sont récurrents, hérités de décors plus anciens : on retrouve dans les coupoles des Gloires de saints, s'inspirant de L’apothéose d'Andrea Corsini, peinte en 1682 par Giordano dans la chapelle Corsini de l'église Santa Maria del Carmine, complétées dans les pendentifs par les vertus cardinales. Les palais sont quant à eux décorés de sujets allégoriques et de scènes mythologiques, célébrant les vertus et le triomphe des arts comme le fait Ricci pour un de ces décors au palais Marucelli-Fenzi (it) avec des thèmes divers : Le triomphe de la sagesse et des arts sur l'ignorance ou encore L'apothéose d'Hercule, réalisés entre 1706 et 1707. Le sujet de l'apothéose de grandes familles est également illustré par Pierre de Cortone au Palais Pitti dans la salle dédiée à Mars, réalisée entre 1643 et 1643 puis 1647, et Giordano au palais Médici-Riccardi avec L'apothéose de la famille Médicis, réalisé entre 1682 et 1685.

