
Max-Emmanuel Mader, né le et mort dans les années 1950 est un soldat d'origine allemande, « héros » de la Légion étrangère française. Il est enrôlé, de force, dans l'armée impériale allemande, mais déserte après avoir frappé son sergent. Max Mader s'enfuit en Suisse, puis en France, où il rejoint la Légion étrangère. Il sert en Afrique Francaise du Nord jusqu'à l'invasion allemande de la France au début de la Première Guerre mondiale. Bien qu'il n'ait jamais été contraint de combattre l'Allemagne, Max Mader s'est porté volontaire pour servir sur le front occidental afin de combattre ses anciens compatriotes. Max Mader devient le sous-officier le plus décoré de la Légion Étrangère pour ses actions pendant la Première Guerre Mondiale, et reçoit la Médaille militaire et la Croix de Guerre ; il est nommé chevalier de la Légion d'honneur. Il perd son bras droit lors de la seconde bataille de la Marne en 1918 ; après la guerre, il devient gardien au château de Versailles.
Max-Emmanuel Mader est né le à Giengen, dans le royaume de Wurtemberg, au sein de l'Empire allemand. Il travaille comme tailleur de pierre avant d'être enrôlé dans un régiment du génie civil de l'armée impériale allemande à l'âge de 18 ans,. Max Mader déserte l'armée Allemande après avoir frappé un sergent qui le harcelait, puis s'enfuit en Suisse,. Mader pensait avoir tué ce sergent, mais cela n'a jamais pu être prouvé.
En Suisse, il rencontre un ancien combattant de la Légion étrangère française, qui lui conseille de s'y enrôler. Il rejoint le 2e régiment d'infanterie étrangère à Montbéliard en , déclarant être de nationalité suisse,. Il a servi dans la légion en Afrique du Nord, notamment à Saïda et dans le sud d'Oran, en Algérie, où il a pu utiliser ses compétences en maçonnerie pour aider à la construction de forts,. Il poursuit son engagement auprès de la Légion en 1904 et 1909. Il sert dans la 22e compagnie montée de son régiment dans la région de Chaouia au Maroc entre 1910 et 1911 et a rejoint la 3e compagnie montée en .
L’Allemagne déclare la guerre à la France en . La France n’espérait pas que des légionnaires nés en Allemagne ou en Autriche, alliée de l'Allemagne, combattent contre leur pays natal. Environ 12 % des effectifs de la légion avaient ces origines, et beaucoup ont terminé la guerre en service de garnison en Afrique du Nord. Max, qui était alors sergent dans la légion étrangère au Maroc, s'est porté volontaire pour combattre sur le front de l'ouest contre l'Allemagne.
En , alors adjudant-chef (sous-officier de carrière), il combat lors de la Bataille des monts de Champagne, lors de l'offensive de Nivelle. Il mène la 6e compagnie du régiment de marche de la Légion étrangère à la capture d'une batterie de sept pièces d'artillerie allemandes près de Moronvilliers. Le , il est nommé chevalier de la Légion d'honneur. En , lors de la seconde bataille de la Marne, alors qu'il combattait près de Villers-Cotterêts, Mader est grièvement blessé. Il perd son bras et son épaule droites à la suite de l'explosion d'un obus,. Il est transporté à l'hôpital de la base, et contre toutes attentes, survit à ses blessures. Il reprend conscience pendant l'administration des derniers sacrements, puis après une longue convalescence, finit par guérir. Pendant la guerre, Mader reçoit une commission d'officier de sous-lieutenant et est décoré de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre avec palmes et étoiles. Il est le sous-officier le plus décoré de la Légion pendant la première guerre.
Mader quitte la Légion étrangère française en 1919 et devient gardien au château de Versailles,. Suite à l'occupation de la France par l'Allemagne en 1940, Mader adopte un faux nom et prétend être sourd et muet afin que les troupes allemandes ne le repèrent pas à cause de son français à l'accent germanique. Mader est décédé de causes naturelles dans les années 1950.