| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalités | |
| Activités |
Max Reichmann (né le à Strasbourg et mort le à San Francisco) est un réalisateur allemand de l'époque du muet et du début du cinéma sonore. Avant d'être réalisateur, il fut assistant sur plusieurs productions de Ewald André Dupont.



Reichmann a d’abord exercé une multitude d'emplois avant de s'orienter vers le cinéma : photographe depuis ses seize ans et demi (1900) à Paris où l'avait fait venir le directeur de l'Opéra-Comique Albert Carré, natif de Strasbourg comme lui ; prestidigitateur dans des music-halls ; photographe en Allemagne :
« Ma carrière ? Ma foi vous m’obligez à me retourner et à grouper mes souvenirs qui sont nombreux. Je suis de Strasbourg et je viens du music-hall. C’est un Strasbourgeois, M. Carré, de l’Opéra-Comique, qui m’a fait venir à Paris à seize ans et demi, J’ai d’abord été photographe dans un grand atelier parisien pendant cinq ans. Je menais de front cette profession et celle de... prestidigitateur. Oui, au temps où l’on montrait les films coloriés de Robert Houdin, je faisais d’innombrables tours, sans me soucier aucunement du cinématographe. C’est ce qui m’a valu un voyage en Angleterre et une connaissance approfondie de ces milieux colorés et sympathiques du music-hall. Vers 1911, j’étais en Allemagne où j’avais repris ma profession de photographe. »
Après la Première Guerre mondiale, il a commencé à travailler pour le cinéma, d'abord comme photographe pour la société cinématographique UFA créée en , et comme monteur puis assistant du réalisateur Ewald André Dupont pendant cinq ans de à :
« J’ai vu alors un film français tout à fait remarquable intitulé Alcool. À ce moment-là, Berlin ne comptait qu’une salle cinématographique, celle de l’Union. Ce film a été pour moi une révélation, et après la guerre, je suis entré à l’Ufa, comme photographe. J’ai travaillé avec Dupont qui, un jour, m’a demandé un avis au sujet d’un scénario se déroulant dans les milieux du music-hall. Mes observations m’ont fait passer du grade de photographe à celui d’assistant. Et deux mois après, on m’offrait une place de metteur en scène. Pendant cinq ans toutefois, je suis resté auprès de E.-A. Dupont. »
En et , il est régisseur général d'un film en deux parties Enfants du Crépuscule d’Ewald André Dupont. En , il a fait ses débuts de réalisateur à Vienne dans L’amante de l’assassin. Au mois de , Reichmann est reparti à Berlin et en il a d'abord été employé comme assistant-réalisateur dans Variétés, grand classique du cinéma muet dirigé par Ewald André Dupont :
« J’ai été cinq ans le premier assistant de Dupont. L’idée de Variétés était de moi. Dès cette époque, voyez-vous, j’avais l’idée de montrer le cirque, tel qu’il est, tel que je le vois. »
Max Reichmann a ensuite enchaîné films policiers et films d'aventure, servis par des comédiens de la trempe de Paul Wegener, Jenny Jugo, Harry Liedtke, La Jana ou Olga Tchekhova. Au mois de , il a créé sa propre société de production : Max Reichmann Filmproduktion GmbH. Reichmann s'est imposé dans le monde germanophone comme un pionnier du cinéma parlant avec quatre premiers films sonorisés, dont plusieurs séquences du Favori de Schönbrunn et une collaboration fructueuse avec le ténor Richard Tauber : en , il a ainsi porté à l'écran Le Pays du sourire, la célèbre comédie musicale de Franz Lehár, avec un succès retentissant. Il s’est aussi attaché la collaboration du compositeur Paul Dessau et celle du scénariste Walter Reisch.
Juif, en , la montée du nazisme l'a contraint à l’expatriation. Il s'est d'abord exilé en France où il a réalisé, dès l'année de son arrivée, en , deux films musicaux, courts métrages inspirés d’œuvres musicales de deux compositeurs français, Paul Dukas et Maurice Ravel : respectivement L'Apprenti sorcier et Bolero, qui forment un diptyque cinématographique et musical, Les Contes musicaux n°1 et n°2 produits par la Compagnie française de films (Paris), tournés en France l'été 1933 et présentés ensemble début au cinéma L'Ermitage-Studio des Ursulines, 72, avenue des Champs-Élysées. Les deux films ont été à l'affiche d'un « Festival du fantastique » de à au cinéma Studio 28 à Montmartre.
Au premier trimestre , la presse française a annoncé le tournage imminent en France d’un nouveau film de Max Reichmann, Mesure pour mesure, d’après la pièce Mesure pour mesure de William Shakespeare, avec des dialogues de Benno Vigny, mais ce projet n'a finalement pas vu le jour, sans que l’on sache les raisons exactes de ce renoncement,,,,,,,,,.
En , il a quitté l'Europe pour l'Amérique. Il s'est installé définitivement aux États-Unis, où il a été naturalisé américain en . Il semble que Max Reichmann ait totalement cessé de diriger des films une fois installé en Amérique. Il a repris une activité de photographe professionnel et de réalisateur de films privés à San Francisco, « The Reichmann Studios ».
Il est mort à San Francisco le à l'âge de 73 ans,.
En , il s'est marié à New York avec Grace Bertha Louer (1897-1992), divorcée, mère d'un enfant de son précédent mariage, Gunther A. Dertz.
Tous les films de Max Reichmann ne sont pas conservés, plusieurs sont perdus ou sans copie localisée, cependant deux d'entre eux ont été exhumés dans les années 2010.
En 2015, cinquante-sept ans après la mort de Max Reichmann, une copie de son film parlant et musical Je ne crois plus aux femmes (Ich glaub’ nie mehr an eine Frau) (1930) a été retrouvée, numérisée et conservée au Musée juif de Berlin.
En 2017, la société française Lobster Films a publié un coffret de quatre DVD Avant gardes : chefs-d'œuvre du cinéma expérimental dont le troisième inclut le film musical L'Apprenti sorcier (1933) de Max Reichmann.