Delta Ursae Majoris (δ UMa / δ Ursae Majoris), également nommée Mégrez, est une étoile de la constellation de la Grande Ourse. Sa magnitude apparente est de 3,31, ce qui en fait la plus faible des sept étoiles du Chariot. D'après la mesure de sa parallaxe annuelle par le satellite Hipparcos, l'étoile est située à ∼80,5 a.l. (∼24,7 pc) de la Terre. Elle se rapproche du Système solaire à une vitesse radiale de −12km/s.
Nomenclature et histoire
الدبّ الأكبر al-Dubb al-Akbar, «la Grande Ourse» dans une édition du traité de ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī XIe s.
Megrez (Mégrez en français[réf.nécessaire]) est le nom de l'étoile à présent approuvé par l’Union astronomique internationale (UAI). Il vient de l’arabe مغرز الدبّ الأكبر Maġriz al-Dubb al-Akbar, «la Racine de la queue du Grand Ours», qui s’inscrit tardivement dans le cadre de la représentation grecque reprise par astronomes arabes au IXe siècle. Dans sa traduction du زيجِ سلطانی Zīğ-i Sulṭānī ou «Tables sultaniennes» d’Uluġ Bēg (1437), Thomas Hyde donne en 1665 la transcription ‘Meg’rez AlDub AlAcber’. En passant par l’intermédiaire du philologueFriedrich Wilhelm Lach (1796) qui donne ‘magrez el-dub el achbar’, Johann Elert Bode s’en saisit une première fois sous la forme simplifiée Megrez. Immédiatement après, le palermitainGiuseppe Piazzi (1814) retourne à directement à Thomas Hyde pour donner lui aussi la même forme. C’est cette forme qui va passer au XIXe siècle dans les catalogues.
Description
Mégrez est une étoile blanche de la séquence principale de type spectral A2Vn. Elle possède deux faibles compagnes, Delta Ursae Majoris B de 10emagnitude et distante de 181,9 secondes d'arc, et Delta Ursae Majoris C de 12emagnitude et distante de 174,8 secondes d'arc, le tout en date de 2020. Ce sont des compagnons purement optiques, dont la proximité apparente avec Mégrez est une coïncidence.
↑(la) Johann Elert Bode, Uranographia, sive astrorum descriptio viginti tabulis aeneis incisa ex recentissimis et absolutissimis astronomorum observationibus, Berlin: apud autorem, 1801, pl. VI.
↑(la) Giuseppe Piazzi, Præcipuarum stellarum inerrantium positiones mediæ ineunte sæculo XIX: ex observationibus habitis in specola Panormitana ab anno 1792 ad annum 1813, éd. Panermi: ex regia typ. militari, 1814, p. 81.
↑Roland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris: Geuthner, 2005, p. 142.