Requiem (Verdi)

Messa da requiem

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Messa da Requiem
Affiche annonçant l'exécution du Requiem à La Scala le 25 mai 1874.
Informations générales
Formes
Messe
Requiem (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Compositeur
Langue
Pays
Date de sortie
Genres
Requiem (en), messeVoir et modifier les données sur Wikidata
Durée
90 minutesVoir et modifier les données sur Wikidata

La Messa da requiem de Giuseppe Verdi (plus communément appelée le Requiem de Verdi) est une messe de requiem pour solistes (soprano, mezzo-soprano, ténor et basse), double chœur et orchestre, créée le .

Genèse de l'œuvre

Alessandro Manzoni en l'honneur de qui Verdi composa le Requiem

Pour le compositeur, elle devait à l'origine signifier la fin et le couronnement de sa carrière. Après avoir connu le succès avec l'opéra Aida en 1871, Verdi composa la Messa da requiem en mémoire de son compatriote le poète Alessandro Manzoni, mort en 1873 et qui s'était engagé comme lui pour l'unité italienne au sein du Risorgimento, dans un idéal de justice et d'humanité. Verdi fut si ébranlé par la mort de Manzoni qu'il ne put se joindre au cortège funèbre.

L’œuvre a comme origine une commande passée à plusieurs compositeurs italiens pour écrire une messe de requiem à la mémoire de Gioachino Rossini mort le , pour laquelle Verdi composa la treizième et dernière partie, le Libera me. La Messa per Rossini n’ayant jamais été exécutée, Verdi envisagea rapidement de composer un Requiem entier à partir du Libera me mais le projet ne prit forme qu'avec la mort de Manzoni. Verdi offrit à la municipalité de Milan la composition d'une messe en son honneur, d'où le titre originel de Requiem de Manzoni.

La création eut lieu le jour du premier anniversaire de la mort de Manzoni le en l'église San Marco de Milan sous la direction du compositeur lui-même. Le Requiem fut accueilli avec un grand enthousiasme et trois autres exécutions furent réalisées à la Scala. Verdi dirigea le Requiem huit jours après à Paris, à l'Opéra-Comique, puis en 1875 à Londres et à Vienne. En Allemagne, les premières ont eu lieu en à Cologne et Munich.

Structure

Le texte et la structure de l'œuvre correspondent presque parfaitement à la liturgie catholique romaine du service des morts. Les écarts sont marginaux : Verdi a seulement renoncé à l'adaptation musicale du Graduel et du Tractus (le Trait Absolve Domine), mais a conservé le Répons (Libera me). La distribution correspond à celle d'un orchestre d'opéra de cent exécutants (similaire à celle de Don Carlos) avec quatre solistes et un chœur.

Première partie

Deuxième partie

L’œuvre dure environ une heure et demie.

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« Un opéra en robe d'ecclésiastique » ironisa Hans von Bülow, chef d'orchestre et compositeur allemand lors de la première. Cet aphorisme est à prendre au pied de la lettre : le Requiem ressemble par de nombreux traits à un opéra avec ses contrastes (le sombre Mors stupebit et le lumineux Sanctus, le pianissimo de la fin du Libera me et le terrible Tuba mirum…) et sa musique fortement expressive. Les moyens employés par Verdi font penser à une œuvre lyrique : quatuors vocaux (Pie Jesu, Kyrie), arias lyriques à l'exemple du célèbre Libera me pour soprano, grands solos comme au milieu du Kyrie, où se suivent ténor, basse, soprano, mezzo-soprano, fugues chorales (notamment dans le Sanctus), pauses entre les différentes parties… Le Requiem de Verdi peut être vu comme une sorte d'opéra religieux donnant une vision romantique de la mort, plus que comme une messe pour le repos de l'âme.

Un peu comme ses opéras, le Requiem de Verdi présente de grands contrastes destinés à émouvoir le public. Citons, entre autres passages :

La séquence liturgique du Dies iræ comprend dix numéros s'enchaînant sans interruption : Dies iræ, Tuba mirum, Mors stupebit, Liber scriptus, Quid sum miser, Rex tremendæ, Recordare, Ingemisco, Confutatis et Lacrymosa. C'est la partie la plus dramatique du Requiem, dominée par le célèbre motif des quatre accords de sol mineur fortissimo, suivi de l'intervention tempétueuse du chœur.

Discographie

L’œuvre a été enregistrée plusieurs fois par Herbert von Karajan, Claudio Abbado et Georg Solti mais aussi par Arturo Toscanini, Victor de Sabata, Ferenc Fricsay, Sergiu Celibidache, John Eliot Gardiner, Leonard Bernstein, Riccardo Chailly, Valery Gergiev, et Michel Plasson. Parmi les enregistrements distingués par la critique :

Bibliographie

Dans la culture populaire

Dies iræ

Dans Django Unchained de Quentin Tarantino lors de l'attaque surprise des membres du KKK, son Dies iræ se fait entendre.

Le Dies iræ a également été utilisé comme thème principal du film Battle Royale.

On l'entend également dans d'autres films comme Mad Max : Fury Road.

Une reprise au piano est utilisée dans Le Monde Perdu, lors de l'attaque de Londres par le Brachiosaure.

On peut aussi l'entendre dans Gouttes d'eau sur pierres brûlantes.

C'est la bande son du jeu vidéo Harry Potter : Coupe du monde de quidditch.

Le Dies iræ dans Les Garçons et Guillaume, à table ! de Guillaume Gallienne dans la scène de la boîte de nuit.

Le groupe de rap français Stupeflip sample le Dies iræ pour le titre Understup de son album Stup Virus (2017).

Offertoire

L'Offertoire est interprété dans le film des frères Taviani La Nuit de San Lorenzo.

L' offertoire - III Domine Jesu (début à 4' ) accompagne la scène de la naissance d'une petite fille, en ouverture du film Gloria Mundi (2019) de Robert Guédiguian.

Notes et références

  1. ↑ Voir fiche de la BNF
  2. ↑ « Les samples classiques de Stupeflip », sur France Musique, (consulté le )

Source

Liens externes