Messe (Stravinsky)

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La Messe est une œuvre d'Igor Stravinsky écrite pour chœur mixte et double quintette à vent entre 1944 et 1948. Par son austérité et sa destination liturgique originale, elle fait référence aux œuvres médiévales de l'Ars nova et en particulier à la Messe de Notre Dame de Guillaume de Machaut.

Histoire

Chez un bouquiniste à Los Angeles, Stravinsky achète des messes de Mozart et trouve qu'il n'y a aucun sentiment religieux. Ce qui le pousse à écrire cette messe. À l'origine Stravinsky conçoit sa Messe comme une musique religieuse exclusivement destinée aux offices de la liturgie catholique romaine, malgré cela elle est créée par Ernest Ansermet en concert à la Scala de Milan le . C'est une œuvre dépouillée, austère. Il voulait « une musique froide, absolument froide, qui s'adresse directement à l'esprit ».

Composition

Le Kyrie et le Gloria sont composés en 1944, il termine la Messe de 1947 à 1948.

Effectif

Stravinsky demande des voix d'enfants pour les voix supérieures.

Mouvements

  1. Kyrie. Le premier mouvement entièrement polyphonique, reprend la tradition liturgique, en exposant trois fois les deux Kyrie et le Christe. Les instruments à vent ont un rôle de soutien aux voix, ponctuant certains passages du chœur.
  2. Gloria. Le deuxième mouvement commence par une introduction par les vents. Le premier soliste alto entonne alors le verset Gloria in excelsis Deo, auquel répond le second soliste soprano, tenu généralement par un enfant, Et in terra pax hominibus bonae voluntatis. Vient ensuite le chœur qui entonne la suite de la prière. Le mouvement se poursuit selon le mode antiphonal, alternant voix solistes et chœur.
  3. Credo, est le mouvement polyphonique central sur lequel s'articule toute la messe, pour André Boucourechliev le Credo « constitue à nos yeux, le modèle incomparable, unique peut-être de la musique religieuse dans la littérature du XXe siècle ». La polyphonie est chantée en détachant chaque syllabe, sans ornementation. Durant la prière le chœur n'élève pas la voix, demeurant dans un registre mezzo voce, interrompu par des crescendos vers le forte lors du passage Cujus regni et sur le mot Ecclesiam. Le credo se termine par un Amen a cappella.
  4. Sanctus, montre une écriture polyphonique complexe, comme pour le Gloria les solistes alternent avec le chœur, Pleni sunt qui fait suite, est une fugue, alors que la polyphonie du Benedictus est libre, le chœur final est homophonique.
  5. Agnus Dei qui fait miroir avec le Kyrie alterne les cuivres et le chœur, dans une composition symétrique.

Discographie

Premier enregistrement de la messe, par le compositeur.

Bibliographie

Notes et références

Liens externes