| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité | |
| Activités |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Distinction |
Michael Lipsky, né le , est un politiste américain et militant des droits civiques et sociaux. Il a notamment enseigné au MIT et participé à des programmes de la Fondation Ford. Sa contribution scientifique la plus discutée est le concept de "street-level bureaucracy" qui renouvelle les études sur le pouvoir discrétionnaire.
Né à New York, Michael Lipsky suit des études à Oberlin College puis à l'université de Princeton, où il poursuit un doctorat terminé en 1967. Au cours de ses années étudiantes, il s'engage dans le mouvement des droits civiques et le militantisme étudiant, dans le Student Non-Violent Coordinating Committee. Il contribue notamment à l'édition du journal Mississipi Free Press, voyageant à Jackson. Il travaille en parallèle de sa thèse dans "l'école de la liberté" d'Holly Springs, comme assesseur électoral et conseiller civique. Sur le plan professionnel, il entre comme consultant durant sa dernière année de thèse auprès d'Education Associates Inc., responsable d'un programme d'égalisation des opportunités professionnelles.
Académiquement, il mène une série de recherches sur les luttes menées par les populations vulnérables. Il se concentre notamment sur la grève des loyers engagée par les Afro-américains dans les villes du Nord des États-Unis, analysées dans sa thèse. Il est ensuite recruté comme professeur assistant du département de science politique à l'université du Wisconsin-Madison, où il s'occupe de la diversification du public. Il rejoint le MIT de 1969 à 1991, avant d'intégrer le "Peace and Social Justice Program" de la Fondation Ford à New York.
Michael Lipsky montre dans ses travaux scientifiques comment l'ensemble des agents publics sont amenés à produire et inventer les politiques publiques, faute de règles standardisées et face à des demandes imprévisibles et hétérogènes du public. Les politiques publiques ne sont donc jamais définitivement réglées ou mécaniques, mais dépendent du sens que leur donnent les "street-level bureaucrats", dotés d'une marge de manœuvre variable selon leur service d'activité. Alors que la plupart des travaux antérieurs étudiaient spécifiquement le pouvoir discrétionnaire des hauts fonctionnaires (lorsqu'ils écrivent une loi ou adressent une note de recommandation, par exemple), Michael Lipsky invite à explorer la bureaucratie publique et les administrations sociales pour comprendre la manière dont les politiques sociales voient réellement le jour et éviter d'héroïser les acteurs situés au sommet de l'Etat.
Plus globalement, il associe trois traits spécifiques aux administrations sociales de première ligne (ouvertes aux usagers) :
De nos jours, ses travaux connaissent trois types de prolongement. Le premier s'intéresse aux dispositions sociales des agents publics : quelle politique produisent-ils en fonction de leurs caractéristiques personnelles ? Le second questionne le renforcement ou, au contraire, l'affaiblissement du pouvoir discrétionnaire. Le troisième se penche sur les techniques mobilisées par ces agents et la manière dont elles orientent leur appréciation (on ne produit pas les mêmes jugements selon qu'on manipule des classeurs à trombones ou un logiciel informatique).
Street-level Bureaucracy: Dilemmas of the Individual in Public Services, New York, Russell Sage Foundation, 2010 (édition augmentée pour le 30e anniversaire).
avec Steven Rathgeb Smith, Nonprofits for Hire: The Welfare State in the Age of Contracting, Harvard University Press, 1993.
Street-level Bureaucracy: Dilemmas of the Individual in Public Services, New York, Russell Sage Foundation, 2010.
avec David Olson, Commission Politics: The Processing of Racial Crisis in America, New Brunswick, N.J. Transaction Books, 1977.
Protest in City Politics: Rent Strikes, Housing, and the Power of the Poor, Chicago, Rand McNally, 1970.