| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Michel Marie Pierre René HATTE |
| Nationalité | |
| Activité |
Illusionniste |
| Conjoint |
Geneviève Lebas |
| Parentèle |
Paul Hatte (petit-fils en lignée masculine) |
Michel Hatte, né le à Valognes (Manche) et mort le à Argenteuil (Val-d'Oise), est un marchand et fabricant français de matériel de prestidigitation, éditeur et collectionneur. De à 1991, il dirige Mayette Magie moderne, la plus ancienne boutique de magie en activité, située au 8, rue des Carmes à Paris, qu'il exploite sous l'enseigne « Magie Moderne Hatte Mayette »,.
Éditeur de la revue Mad Magic (1976-1985), écrite par Jean Merlin et illustrée par James Hodges, il joue un rôle central dans la diffusion de la littérature magique française des années 1960 aux années 1980,. Lors de la dispersion de sa bibliothèque à l'hôtel Drouot en 1995, le quotidien Libération le présente comme « le premier fabricant et marchand de matériel pour illusionnistes et magiciens en France, de 1965 à 1991 ».
Michel Marie Pierre René Hatte naît le à Valognes, dans la Manche,. Il épouse Geneviève Lebas, fille d'Édouard Lebas (1897-1975), préfet de la Manche à la Libération puis député.
Il est parfois présenté comme un parent d'André Mayette, son prédécesseur à la tête de la boutique de la rue des Carmes,, et comme un cousin du résistant Bernard Courtault (1923-1943), fusillé au Mont-Valérien,.
La boutique du 8, rue des Carmes trouve son origine dans la maison d'édition de chansons fondée en 1808 par Charles Aubert, qui y adjoint progressivement des articles de farces et attrapes et des appareils de physique amusante. Elle passe ensuite entre les mains de Léon Baudot à la fin du XIXe siècle, puis d'Henri Billy en 1913. En 1933, André Mayette (1901-1978) et son épouse reprennent le magasin, le rebaptisent de leur nom et le spécialisent dans la fabrication d'appareils de prestidigitation ; ils relancent également l'activité d'édition, publiant notamment La Prestidigitation sans bagages de Jules Dhotel et, à partir de 1937, la revue Le Magicien,.

Le , André Mayette prend sa retraite et cède son fonds de commerce à Michel Hatte. Le nouveau propriétaire exploite dès lors la boutique et la maison d'édition sous l'enseigne « Magie Moderne Hatte Mayette »,. Il conserve la double activité traditionnelle de la maison, vendant à la fois des farces et attrapes et du matériel de magie.
Sous sa direction, la boutique devient une adresse internationalement connue pour la littérature magique et les appareils de prestidigitation. Michel Hatte fournit en matériel une nouvelle génération de magiciens rendus célèbres par la télévision, à commencer par José Garcia Moreno, dit Garcimore, et Gérard Majax, lequel publie chez Mayette, en 1967, un ouvrage consacré aux tours réalisables avec une boîte d'allumettes.

Les illusionnistes David Copperfield et Bernard Bilis sont parfois cités parmi les clients de la boutique.
Comme ses prédécesseurs, Michel Hatte fabrique dans les ateliers de la maison des appareils de prestidigitation, activité qui vaut à l'enseigne la réputation de « plus ancienne fabrique française d'appareils de prestidigitation ». Il diffuse sa production par des catalogues illustrés, dont la série des catalogues généraux Magicorama,.
James Hodges est l'illustrateur attitré des catalogues de matériel de magie de la maison Mayette/Hatte, notamment du catalogue de 1975.
La maison fait également sa publicité dans la presse spécialisée : le numéro 286 du Journal de la prestidigitation (mai-juin 1972), organe de l'Association française des artistes prestidigitateurs, porte ainsi en quatrième de couverture une publicité pour Michel Hatte réalisée par James Hodges et Pierre Switon, mettant en scène le musée Grévin.
Michel Hatte poursuit l'activité éditoriale développée par André Mayette. Les ouvrages paraissent sous les marques « Éditions Mayette », « Éditions Mayette - Magie moderne » ou « Éditions Mayette (M. Hatte) ». James Hodges y publie plusieurs titres comme auteur-illustrateur, parmi lesquels Les Ballons (1972), Le Chapeau de Tabarin (1973), Sexy-magic (1973), Notes sur la ventriloquie et De l'utilisation des fleurs à ressort en prestidigitation (1976).
En 1974, Michel Hatte cosigne avec Robert Veno et James Hodges 50 grandes illusions d'hier et d'aujourd'hui, réédition entièrement revue et augmentée de l'ouvrage de Robert Veno Les Grandes Illusions d'hier et d'aujourd'hui, précédemment paru en deux volumes chez Mayette. L'ouvrage, publié en édition numérotée, se compose de 55 feuillets de texte et de 50 planches sur papier glacé réunis dans un coffret toilé ; les grandes illusions nécessitant des trappes de scène, devenues rares, en ont été écartées au profit d'adaptations aux conditions modernes de spectacle,. Plusieurs illusions de ce recueil ont été reprises ou référencées dans des publications étrangères, notamment la Circular de la Escuela Mágica de Madrid (1977, 1979) et Hokus Pokus (1980). Le catalogue général de la Bibliothèque nationale de France recense l'ouvrage sous la cote de la Réserve des livres rares.
En 1976, Michel Hatte lance la revue Mad Magic, écrite par Jean Merlin et entièrement illustrée par James Hodges, dont il assure l'édition et la diffusion,. Sous-titrée « la revue des magiciens qui ont la main gauche adroite », elle publie 54 numéros entre 1976 et 1985, le plus souvent construits autour d'un thème unique (close-up, mentalisme, grandes illusions, cartomagie) ou d'un artiste invité,.
Considérée comme « une des plus importantes revues magiques » françaises, Mad Magic se distingue par son ton humoristique et son iconographie audacieuse : ses premiers numéros, comprenant de nombreux dessins de nus, tranchent avec les publications traditionnelles du milieu. Des numéros spéciaux sont consacrés à des magiciens de premier plan, français et étrangers : Albert Goshman, Fred Kaps, Slydini, Christian Fechner, Phil Goldstein, Christian Chelman ou John Cornelius. Parmi les contributeurs ponctuels figurent également Bernard Bilis, Gaëtan Bloom, Jean-Jacques Sanvert et Juan Tamariz.
La revue cesse de paraître en 1985 avec le numéro 54, intitulé The Very Last One. Son intégrale a été rééditée en cinq tomes par C.C. Éditions entre 2006 et 2010, et un numéro spécial a été réalisé par Jean Merlin pour le congrès de la Fédération française des artistes prestidigitateurs à Arcachon en 2006, au cours duquel un hommage a été rendu à James Hodges.
La collaboration entre Michel Hatte et James Hodges s'étend sur l'ensemble de sa gestion : outre Mad Magic et les catalogues, Hodges avait travaillé dès l'époque d'André Mayette aux derniers numéros de la revue Le Magicien et à la petite revue parallèle Flash, après la mort du dessinateur Robert Veno. Interrogé en 1991, Hodges évoquait « Mayette et Hatte, des fabricants de matériel de magie » comme les commanditaires de ses illustrations de catalogues, largement reprises, parfois sans autorisation, sur des emballages de farces et attrapes.
Michel Hatte préside la Chambre des illusionnistes de Paris,.
Collectionneur, Michel Hatte réunit pendant un demi-siècle une importante bibliothèque magique ainsi que des appareils anciens de prestidigitation, dont des pièces provenant du magicien Marius Cazeneuve.
Le , une partie de cette collection est dispersée à l'hôtel Drouot (salle 9), par le ministère des commissaires-priseurs Dominique Ribeyre et Florence Baron, sous le titre La Magie de Michel Hatte : illusionnisme, prestidigitation, magie blanche. Le catalogue de 32 pages décrit 244 ouvrages ou lots d'ouvrages relatifs à l'illusionnisme, la prestidigitation et la magie blanche, ainsi que 18 séries complètes de revues et des catalogues de fabricants d'instruments de physique et de prestidigitation du début du XXe siècle. Ce catalogue est depuis utilisé comme instrument de référence par les bibliographes de la prestidigitation.
À la veille de la vente, Libération consacre un article à « ce grand marchand de matériel pour magiciens [qui] vend cinquante ans de collection » et le qualifie de « premier fabricant et marchand de matériel pour illusionnistes et magiciens en France, de 1965 à 1991 ». En 2004, Le Monde, évoquant les grandes ventes d'objets de magie, rappelle qu'« en 1995, un ensemble de documents ayant appartenu au fabricant de matériel pour illusionnistes Michel Hatte a fait l'objet d'une vente chez Ribeyre-Baron ».
Michel Hatte se retire des affaires au début des années 1990. Le , Dominique Duvivier reprend la boutique de la rue des Carmes, qu'il exploite avec sa fille Alexandra sous l'enseigne restaurée « Mayette Magie moderne ». Duvivier, qui déclare que sa vocation de prestidigitateur est née dans cette boutique, relance en 1992 la revue Le Magicien fondée par André Mayette,.
Michel Hatte meurt le à Argenteuil, à l'âge de 66 ans,. Une nécrologie paraît dans le magazine américain Genii en .
La gestion de Michel Hatte constitue un maillon de la continuité de la plus ancienne boutique de magie au monde encore en activité, entre l'ère d'André Mayette et celle de Dominique Duvivier,. La revue Mad Magic, qu'il a éditée, « marqua durablement le milieu de l'illusionnisme français » et demeure une référence, comme en témoignent sa réédition intégrale et les hommages qui lui ont été rendus lors du congrès FFAP de 2006,. Le catalogue de la vente de 1995 reste par ailleurs un outil bibliographique consulté par les historiens et collectionneurs du livre de magie.