Microrobotique

La microrobotique est la branche de la robotique qui étudie la conception de dispositifs robotiques évoluant à l'échelle micrométrique ; du micromètre au millimètre.

Essaim de mini-robots (3 cm), produits dans le cadre d'un projet à source libre micro-robotic project. De tels essaims de microrobots peu coûteux pourraient à l'avenir remplir certaines taches dangereuses ou dans des endroits inaccessibles
Microrobot fonctionnant avec une alimentation photovoltaique.

Cette discipline inclut notamment l'élaboration et la fabrication de petits robots mobiles. Le terme microrobotique est parfois aussi utilisé pour désigner la production d'éléments de robots de taille micrométrique ou des éléments logiciels capables de gérer des composants micrométriques.
Aux échelles encore plus petites, on parle de nanorobot.

Taille et définition

Le préfixe «micro» a beaucoup été utilisé pour subjectivement désigner de petits robots, mais de tailles très variables. Un projet de normalisation des noms correspondant aux échelles de taille évite la confusion. Ainsi :

Histoire et prospective

L'origine première de la micro-robotique est peut-être à trouver chez les petits automates puis dans la science-fiction.

La microrobotique est une discipline encore très émergente, mais des micro-robots expérimentaux existent déjà.
Bien que de conception assez simple, certains peuvent déjà par exemple se déplacer sur l'eau comme les gerris ou grimper sur les murs.

Les nanocomposants et nano-moteurs qui apparaissent depuis les années 1990 semblent laisser envisager la création de nanorobots plus sophistiqués dans les années ou décennies à venir. Certains prospectivistes envisagent même une convergence (dite « NBIC ») des technologies de miniaturisation, informatique, biologie et communication.

Une tendance pourrait être celle du développement de moteurs biologiques comme sources d'énergie, qui utiliseraient par exemple des bactéries comme Serratia marcescens appartenant au genre Serratia, capable de consommer de l'énergie chimique trouvée dans son environnement et utilisable pour actionner le dispositif robotique. Les biorobots pourront aussi être directement contrôlés par des stimuli tels que le chimiotactisme ou la galvanotaxie.

Des connexions sans fil (par exemple de type Wi-Fi dans les réseaux domotiques) vont rapidement augmenter la capacité de communication des microrobots avec leur environnement, ce qui pourrait leur permettre de réaliser des tâches plus complexes et plus coordonnées.

En 2008, on arrivait à sommairement orienter et commander (par exemple pour les faire s'assembler par deux ou par quatre et à distance 2 ou 4 microrobots rudimentaires plus fins que le diamètre d'un cheveu

Conditions spécifiques au développement de la microrobotique

Le développement des microrobots implique de mieux comprendre et maîtriser certains phénomènes physiques en jeu à ces échelles, car un micro-robot est soumis à des forces qui prennent une grande importance aux échelles micrométriques et qui ne perturberaient pas un objet de taille plus importante ;

La microrobotique inclut l'étude des procédés de fabrication (micro-systèmes, voire nano-système, dont micro- ou nanoélectronique) nécessaires aux éléments de très petite échelle.

La biomimétique est une des disciplines qui inspire la microrobotique,

Micro-mécanique

Elle doit permettre au robot de se mouvoir et interagir avec son environnement, avec par exemple:

Biomimétique

Les microrobots sont encore souvent très fragiles et peu résilients car leur fonctionnement reposent souvent sur des composants rigides (dans leurs ailes, pattes ou nageoires, dans leurs organes de perception de l'environnement, et dans leurs systèmes internes de transmissions et/ou d'actionneurs. Une des sources d'amélioration de cette robotique est la Nature elle-même, qui au cours de l'évolution a testé de très nombreux mécanismes et comportements, dont certains inspirent les roboticiens. Imiter le fonctionnement des réseaux de neurones et des centres nerveux et des générateurs centraux de la moelle épinière d'animaux primitifs permet déjà d'imiter certains mécanismes tels que marche, natation, course, reptation. Les groupes de muscles sont remplacés par des servomoteurs, mais qui sont animés en reproduisant les mouvements et le rythme de la marche, nage, reptation ou la course selon les impulsions distribuées aux microcircuits informatiques, parfois conçus pour imiter le système nerveux.

L'imitation est parfois plus poussée. Par exemple :

- des actionneurs piézoélectriques ;
- des actionneurs diélectriques en élastomère (DEA) ;,
- des actionneurs électrostatiques ;
- des actionneurs basés sur des matériaux (polymères ou alliages à mémoire de forme,,
...alors que les batteries et unités de puissance progressaient également de même que la robustesse du micro-robot face aux collisions légères, ou aux impacts de gouttes d'eau en cas de pluie ou d'embruns.

Mais une performance qu'on est loin de savoir reproduire est la capacité des systèmes vivants à cicatriser, s'alimenter et se reproduire, capacités qui posent par ailleurs des questions éthiques nouvelles, aux limites du champ de la bioéthique.

Risques et limites

Un des risques induits par la biomimétique est que des robots ressemblants trop à des animaux soient confondus avec leurs modèles et chassés par de vrais prédateurs.

Micro-électroniques

Les microprocesseurs permettent l'exécution de logiciels informatiques donnant son autonomie au robot. Des microprocesseurs à très faible consommation sont nécessaires pour les microrobots, car ils doivent rester légers et ne peuvent pas emporter avec eux une source importante d'énergie.

Biomécanique

Des chercheurs ont réussi à animer un robot, ou plus précisément à faire réagir le robot à des obstacles ou à la lumière grâce à des cultures de neurones de rats.

Micro- ou nano-capteurs

Ils doivent permettre au robot de se situer (ou de le situer) dans son environnement ;
Ce sont par exemple des cellules réagissant à la lumière, des capteurs de température, pression, ondes, des antennes radio, etc. voire une micro-caméra.

Usages possibles

On espère qu'ils puissent accomplir automatiquement des tâches dangereuses, pénibles, répétitives ou impossibles pour les humains (dans de petits espaces, dans le vide), soit des tâches plus simples mais en les réalisant mieux que ce que ferait un être humain.

Les prospectivistes imaginent qu'ils puissent être utilisés comme

Autonomie

Pour être autonome, le micro-robot doit disposer :

Les microrobots dans la littérature et le cinéma

Divers auteurs de science-fiction et de cinéma utilisent dans leurs romans, nouvelles ou films des micro voire des nanorobots, par exemple sous forme de micro-drones.

Notes et références

  1. ↑ Vidéo présentant un système de commande (sommaire) de micro-robots (Duke University)
  2. 1 2 « NanoRobotics Laboratory », sur cmu.edu via Wikiwix (consulté le ).
  3. ↑ Blog du New Scientis, intitulé « Taking inspiration from Nature »
  4. ↑ Synthetic Beetle Adhesives Utilizing liquids for better adhesion , Nanolab, consulté 2010/04/11
  5. ↑ Adhesion Force Characterization, Nanolab, consulté 2010/04/11
  6. ↑ Robot tank adhésif, Nanolab, consulté 2010/04/11.
  7. ↑ [Directional Micro-Fibrillar Adhesives]
  8. 1 2 Un robot-salamandre équipé d'un équivalent corde spinale, March 2007 consulté 2010 04 11) mis au point par une équipe franco-suisse
  9. ↑ Article sur le robot salamandre franco-suisse (New Scientis, March 2007 consulté 2010 04 11)
  10. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) Yuan Zhu, Hanxiang Wu, Dawei Sun et William Budiman, « Takeoff of an all-polymer micro aerial flying robot », Science Robotics, vol. 11, no 118,‎ (ISSN 2470-9476, DOI 10.1126/scirobotics.aed8148).
  11. ↑ J Colorado, A Barrientos, C Rossi et K S Breuer, « Biomechanics of smart wings in a bat robot: morphing wings using SMA actuators », Bioinspiration & Biomimetics, vol. 7, no 3,‎ , p. 036006 (ISSN 1748-3182 et 1748-3190, DOI 10.1088/1748-3182/7/3/036006).
  12. ↑ Lindsey Hines, Veaceslav Arabagi et Metin Sitti, « Shape Memory Polymer-Based Flexure Stiffness Control in a Miniature Flapping-Wing Robot », IEEE Transactions on Robotics, vol. 28, no 4,‎ , p. 987–990 (ISSN 1552-3098 et 1941-0468, DOI 10.1109/TRO.2012.2197313, lire en ligne, consulté le ).
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  15. ↑ (en) Suhan Kim, Yi-Hsuan Hsiao, Zhijian Ren et Jiashu Huang, « Acrobatics at the insect scale: A durable, precise, and agile micro–aerial robot », Science Robotics, vol. 10, no 98,‎ (ISSN 2470-9476, DOI 10.1126/scirobotics.adp4256).
  16. ↑ (en) Florian Hartmann, Mrudhula Baskaran, Gaetan Raynaud et Mehdi Benbedda, « Highly agile flat swimming robot », Science Robotics, vol. 10, no 99,‎ (ISSN 2470-9476, DOI 10.1126/scirobotics.adr0721).
  17. ↑

Voir aussi

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Cet article concerne les robots matériels. Pour les robots purement logiciels, voir bot informatique.

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