Microphotographie

Une microphotographie d'1 mm de diamètre, ca. 1858.

La microphotographie, inventée par John Benjamin Dancer, consiste à réaliser des images de très petite taille (1 mm de diamètre), en utilisant l'ensemble des technologies nécessaires. Les applications de la microphotographie vont de l'espionnage, au stockage d'informations et à la fabrication de souvenirs.

Appareil pour la projection de microphotographies utilisé par Eugène Trutat pour des conférences (Photothèque du muséum de Toulouse).

Débuts

Vers 1950, John Benjamin Dancer produit des photographies sur plaque de verre de 1 × 1 mm. Elles sont obtenues par réduction de documents existants (tableau, photo ou imprimé) en raison du temps de pose très long nécessaire. L'émulsion photographique est à base d'albumine et de sels d'argent et donne un grain très fin. Les images d'époque supportent un agrandissement de 200 fois et ne montrent les grains d'argent qu'à un grossissement de 1 000 fois. Dancer commercialise des images visualisables à l'aide d'un microscope.

En 1957, René Dagron perfectionne le procédé grâce à la visionneuse Stanhope, qui permet de se passer d'un coûteux microscope et d'intégrer les images et leur dispositif de visualisation à divers objets, comme des bagues ou des portes-plume.

Transport d'informations pendant la guerre de 1870

À partir du , Paris est assiégée. Pour assurer la communication avec le reste du pays, plusieurs procédés sont utilisés. Les boules de Moulins, des ballons, des pigeons voyageurs voire des chiens. Des pigeons élevés à Paris font partie du chargement des ballons sortant de la capitale assiégée, ce qui permet d'envoyer des informations vers la ville, mais les dépêches manuscrites ne suffisent pas à traiter la masse d'informations à transmettre. Un photographe de Tours est chargé de photographier les textes placés sur des panneaux de 100 × 65 cm qu'il réduit à 6 × 4 cm ce qui est encore trop grand et la qualité n'est pas suffisante. Dagron est prié d'aller en province pour y appliquer son procédé. Il décolle le avec son matériel et ses collaborateurs à bord de deux ballons, le Niépce et le Daguerre. Les vents portant vers l'est, les deux ballons tombent dans la zone occupée par les Prussiens. Si Dagron parvient à s'échapper et à rejoindre Tours, il y arrive sans matériel et malade. Après des tâtonnements dus à des problèmes d'approvisionnement, la chaîne se met en place et la réduction permet de charger chaque pigeon d'environ 30 000 dépêches. Les Prussiens tirant les pigeons, les messages sont envoyés jusqu'à 20 fois par des pigeons différents.

Évolution

Si les stanhopes vont perdurer jusqu'à la fin du XXe siècle, l'abandon du procédé à l'albumine dégrade la qualité des images obtenues.

Espionnage

Si les microfilms sont des éléments récurrents des romans d'espionnage, les sources sur le vrai sujet manquent, sans qu'on puisse savoir si c'est dû au caractère confidentiel de cette application ou à des abus de licence artistique par les auteurs de romans.

Stockage d'informations

Vers la fin des années 1920 apparaissent des appareils destinés à microfilmer des documents pour en faciliter le stockage, l'archivage ou la distribution. Si le document est reproduit à petite échelle, le support photographique est un film normal de 16 ou de 35 mm. Les microfiches sont alors devenues une application importante de la microphotographie, mais avec beaucoup moins de réduction (une microfiche a un diamètre de quelques centimètres, contre 1 mm de diamètre pour une microphotographie).

Dans les années 1950, l'inventeur français Paul Lachaize produit plusieurs modèles d'appareils destinés à la reproduction rapide de documents.

De grandes marques comme Kodak ou NCR Corporation font évoluer les systèmes de capture des informations, de classement et d'édition en intégrant de plus en plus d'informatique à ces systèmes.

Il n'est pas du tout certain que depuis l'avènement et la généralisation de la numérisation des fichiers, cette technique soit encore utilisée.

Notes et références

  1. ↑ (en) Kristi Finefield (June 13th, 2012), "Caught Our Eyes: On the Head of a Pin", Picture This: Library of Congress Prints and Photos
  2. 1 2 3 4 Dominique Pascal, « La photographie microscopique de John Benjamin Dancer aux pigeons de 1870 », Prestige de la photographie, vol. 1,‎ , p. 136-155
  3. ↑ Je ne voulais pas éliminer cette application déjà présente sur la page, mais je crains que ce ne soit impossible à sourcer
  4. 1 2 Kenneth T. Lassiter, Robert E. White, Roger,. Favre et Jean-Luc Berthoud, Encyclopédie pratique de la photo, Lausanne, Grammont, 1979-1982, 3000 p. (ISBN 2-8270-0269-8, 978-2-8270-0269-6 et 2-8270-0268-X, OCLC 489756133, lire en ligne), p. 1547-1557

Voir aussi

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