Mînâkshî

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Mînâkshî
Divinité hindoue
La Déesse Minakshi.Gouache sur papier réalisée autour de 1820. Style Company Paintings, École de Tanjore ou de Trichinopoly.
La Déesse Minakshi.
Gouache sur papier réalisée autour de 1820. Style Company Paintings, École de Tanjore ou de Trichinopoly.
Caractéristiques
Autre(s) nom(s) Minatchi, Meenakshi, Angayarkanni, Taddadakai
Lieu d'origine Madurai
Culte
Région de culte Sous-continent indien
Temple(s) Temple de Mînâkshî
Lieu principal de célébration Maduré
Famille
Père Malayadhvaja Pandya
Mère Kanchanamalai
Conjoint Shiva, dit le Sundareshvar
Symboles
Animal Perruche à collier
Couleur Vert

Mînâkshî (ou Meenakshi en anglais, Minatchi en français, मीनाक्षी (Mīnākṣī / Minakshi) en sanskrit et மீனாட்சி (Mīnāṭci / Minatchi) en tamoul) est, dans l'hindouisme, une princesse-déesse conjointe de Shiva. Considérée comme une forme de la déesse Parvati, elle est la déité tutélaire de la cité de Madurai, grande ville de l'Inde méridionale, où son temple lui célèbre chaque année ses noces en un festival grandiose. Avec Kamakshi de Kanchi (Canjibouram) et Vishalakshi de Kashi (Bénarès), elle est révérée dans le pays tamoul en tant qu'un des trois avatars de la Shakti. Pour le théologien médiéval Adi Shankara, elle est Shri Vidya.

Selon la tradition populaire, et dans la littérature tamoule, elle est née au sein de la maison des Pândyas, souverains historiques de la ville. Élevée en guerrière émérite, elle régna à la suite de son père, conquérant le « monde entier » jusqu'au jour où, parvenue devant Shiva, dans les Himalayas, elle fut envahie de timidité et d'une réserve féminine face à son époux, le Grand Yogi.

Principalement associé à l'Inde méridionale, son culte a toutefois connu une certaine diffusion à l'échelle du sous-continent. Elle demeure aujourd'hui encore la déesse familiale (kuladevi) de nombreuses familles originaires du pays de Maduré.

Étymologie

Son nom, Mīnākṣī, vient du sanscrit, signifiant « Celle aux yeux (akshi) de poisson (mina) ». La littérature tamoule ancienne la mentionne comme Taḍādakai (தடாதகை), au même sens. Dans les œuvres liturgiques de la tradition shivaïte Saiva Siddhanta, tout comme dans le milieu profane, elle est aussi connue sous le nom voisin de Aṅgayaṟkaṇṇi (அங்கயற்கண்ணி), légèrement précis, signifiant « Celle aux yeux de carpe ».

En hindi et dans de nombreuses langues indiennes, elle porte également le nom de Minakshi Devi, plus respectueusement Śrī Mînâkshî Devî.

Selon une légende, elle est née avec des yeux de poisson (c'est-à-dire toujours grand ouverts, symbole de sa conscience éveillée), une légère odeur de poisson et un troisième sein. Toutes ces singularités ont disparu lorsqu'après maintes batailles victorieuses, elle a rencontré son futur mari.

Tout comme ceux des poissons, les yeux de Minakshi Devi sont toujours ouverts, scrutant l'âme de ses fidèles.

Textes

Parmi le corpus religieux où figure la déesse Minakshi, peut être mentionné le Minakshi Pancharatnam (« les cinq joyaux de Meenakshi »), une incantation dédiée à la divinité, composée par Adi Shankara au VIIIe siècle. Bien que Minakshi n'apparaisse pas directement dans le Lalita Sahasranama, on y fait référence dans le verset « Vaktralakṣmī parīvāha calan mīnābha ocanā » (« Celle qui a le visage de Lakshmi et dont les yeux sont comme des poissons dans le fleuve de son visage »). Plusieurs hymnes importants à la déesse ont été composés au début de l'époque moderne par de nombreux saints et érudits, tels que Neelakanta Dikshitar.

Dans la littérature tamoule, où sa mention est plutôt abondante, Minakshi est dépeinte au croisement des sphères du foyer et du divin,.

Légende

Peinture murale du temple de Mînâkshî illustrant la légende de la déesse.

D'après l'œuvre littéraire tamoule du Thiruvilaiyadal Puranam, datée du XVIe siècle, le roi Malayadhvaja Pandya et son épouse Kanchanamalai ont effectué un yajna pour obtenir un héritier. Une fillette sortit des flammes ; elle avait l'apparence d'une enfant de trois ans et possédait trois seins. Lorsque les parents prièrent Shiva face à ce troublant prodige, une voix céleste leur conseilla d'élever l'enfant, et leur annonça qu'elle perdrait son troisième sein lorsqu'elle rencontrerait son futur époux. La jeune fille grandit au palais, et le roi la couronna comme son successeur. Lorsqu'elle rencontra enfin Shiva, qui avait pris la forme de Sundareshvarar, elle prit sa véritable forme de Minakshi, une incarnation de Parvati. Le Minakshi Tirukalyanam, le mariage de Minakshi et Shiva, fut un événement grandiose, auquel participèrent divers dieux hindous et autres êtres célestes et vivants,.

Selon le spécialiste des religions William P. Harman, ce mythe pourrait refléter les traditions matrilinéaires répandues dans le sud de l'Inde à cette époque et les croyances régionales selon lesquelles « les pouvoirs [spirituels] reposent sur les femmes », les dieux écoutent leur épouses et le destin des royaumes repose sur les femmes. Selon l’historienne Susan Bayly, la vénération de Minakshi fait partie de la tradition des déesses hindoues qui s’intègre à la société hindoue où la « femme est la pierre angulaire du système » des relations sociales. Selon l'anthropologue Christopher Fuller, le mariage de Minakshi représente un paradigme symbolique pour les mariages humains de cette époque.

Références

  1. ↑ The A to Z of Hinduism par B.M. Sullivan publié par Vision Books, page 135, (ISBN 8170945216)
  2. 1 2 Anne Viguier, « Les transmigrations de Madurai, capitale tamoule », Bulletin d'Études Indiennes, Paris, Association Française pour les Études Indiennes, vol. 34,‎ , p. 17-57 (ISSN 0761-3156, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  3. ↑ (en) Journal of Kerala Studies, vol. 36, Thiruvananthapuram, University of Kerala, (ISSN 0377-0443), p. 97
  4. ↑ Satya Narayana Sarma Rupenaguntla, Hidden meanings of Lalita Sahasranama, Panchawati Spiritual Foundation, (lire en ligne), p. 21
  5. ↑ N Natesa Atyar, Preface to Ananda Sagara Stavam (lire en ligne)
  6. ↑ Birth and birthgivers : the power behind the shame, New Delhi, Shakti Books, (ISBN 8-12410-938-9, OCLC 181090767)
  7. ↑ Paula Richman, Extraordinary Child: Poems from a South Asian devotional genre, Honolulu, University of Hawaii Press,
  8. ↑ « The Sacred Sports of Siva - Introduction », Shaivam (consulté le )
  9. 1 2 William P. Harman, The Sacred Marriage of a Hindu Goddess, Motilal Banarsidass, , 24, 44–47 (ISBN 978-8-12080-810-2, lire en ligne [archive du ])
  10. ↑ Norbert C. Brockman, Encyclopedia of Sacred Places, California, ABC-CLIO, , 326–327 p. (ISBN 978-1-59884-655-3, lire en ligne [archive du ])
  11. ↑ Susan Bayly, Saints, Goddesses and Kings: Muslims and Christians in South Indian Society, 1700-1900, Cambridge University Press, , 29–30 p. (ISBN 978-0-521-89103-5, lire en ligne [archive du ])
  12. ↑ Fuller, « South Indian Temple: Mīnākṣī and Sundareśvara at Madurai », History of Religions, University of Chicago Press, vol. 19, no 4,‎ , p. 321–348 (DOI 10.1086/462855, JSTOR 1062576, lire en ligne)

Voir aussi

Liens internes

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