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Henri Havet (d) |
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Alfred Havet (grand-père) Pierre-Émile Cornillier (oncle) Paul Aeschimann (beau-frère) |
Mireille Havet de Soyécourt est une écrivaine française des Années folles, née le à Médan (Yvelines) et morte le au sanatorium de Montana (Suisse).

Mireille Havet de Soyécourt est issue d'une famille bourgeoise désargentée, fille du peintre Henri Havet (1862-1913) et de Léoncine Cornillier (1860-1923).
Son oncle maternel est le peintre Pierre-Émile Cornillier. Elle est également la petite-fille du linguiste Alfred Havet (1827-1896). La sœur aînée de Mireille Havet, Christiane, qui a pour parrain le peintre Adolphe Gumery, épouse le poète et critique littéraire Paul Aeschimann.
Dans sa jeunesse, elle vit à Auteuil et passe ses vacances au château de Ker Aulen, à Frossay, chez son grand-oncle Benjamin-Joseph Leroux et son épouse Marie-Adeline Goüin. Elle grandit dans une atmosphère intellectuelle et artistique tranquille, « faite d’aimable dilletantisme, de mondanités modestes, de pauvreté plus ou moins insouciante, adossée cependant au solide rempart de bonnes origines bourgeoises ». Elle rencontre ainsi, entre autres, le poète Paul Demény, le journaliste Georges Izambard et la femme de lettres Georges de Peyrebrune.

Après que sa famille déménage à Paris en 1907 quand elle a 9 ans, elle fréquente occasionnellement la chartreuse de Neuville-sous-Montreuil (Pas-de-Calais), un foyer social et résidence d'artistes et d'intellectuels.
Son père, neurasthénique, meurt en 1913 probablement d'un suicide au terme d'années d'internement psychiatrique alors qu'elle a 13 ans. Elle connaît alors une grande liberté dans son éducation, comme elle l'explique dans son Journal en 1919 : « Je fus très jeune libre d’agir et de choisir selon mes goûts et surtout les hasards autoritaires des rencontres et des livres. Cette liberté me fut pour ainsi dire concédée avec le terrible rôle de prodige ».
Mireille Havet rédige très tôt des poèmes, des textes en prose, et un journal intime, qu'elle commence en à l'occasion d'une opération de l'appendicite et tient jusqu'à 1929. Tandis qu'elle est renvoyée du collège Sévigné (parce qu'on lui reproche soit ses ambitions littéraires, soit ses tendances homosexuelles), surviennent ses premiers échanges avec Guillaume Apollinaire, qui devient son mentor à partir d'.
Apollinaire, qui l'appelle « la petite poyétesse », publie son premier poème dans sa revue lorsqu’elle a 15 ans. À 19 ans, en 1913, c'est son conte fantastique La Maison dans l'œil du chat qui est diffusé dans le numéro 19 de la revue Les Soirées de Paris. Ce texte ainsi que d'autres poèmes en prose écrits à l’âge de 14 ans sont publiés en 1917 par les éditions Crès. Dès lors, elle rencontre le Tout-Paris littéraire, de Colette à Jean Cocteau qui deviennent ses amis, en passant par André Gide et les premiers surréalistes.
Pendant la Grande Guerre, Mireille Havet s'est d'abord réfugiée dans la maison familiale, Le Colombier. Mais elle est rapidement revenue à Paris où elle mène une vie dissolue, marquée par la pauvreté, la drogue (opium, puis cocaïne et morphine à la fin de sa vie) et de nombreuses conquêtes homosexuelles.
En 1917, elle rencontre, par l’intermédiaire de Colette, Hélène et Philippe Berthelot, l’Américaine Natalie Clifford Barney, icône du Paris lesbien de l’époque, dont elle fréquente le salon. Elle se lie à de grandes figures comme la comtesse Madeleine de Limur et découvre l’œuvre de Renée Vivien, traitant d'homosexualité et d'amours libres. La fréquentation de ces femmes joue un grand rôle dans la reconnaissance personnelle de son homosexualité. Elle est ouvertement homosexuelle, tant dans son journal qu'à la ville. Elle suit la mode des garçonnes de ces années : elle coupe court ses cheveux et adopte un style vestimentaire androgyne.
Son premier roman, Jeunesse perdue, n'est jamais publié, mais son deuxième, Carnaval, est un succès. Il paraît en dans Les Œuvres libres, puis en aux éditions Albin Michel, réédité en 2005 par les éditions Claire Paulhan. Ce roman à clef est inspiré de sa relation avec Madeleine de Limur, transposée en relation hétérosexuelle. Il en est question pour concourir aux prix Femina et Goncourt.
La critique a rapproché Mireille Havet de la poétesse Catherine Pozzi : « Dans leurs journaux, les auteures tentent de construire, plus que des images de soi, une relation à soi ».
Mireille Havet perd sa mère en 1923. Elle interprète le rôle de la Mort dans la pièce de Jean Cocteau Orphée en 1926. Elle est très remarquée dans ce rôle mais, dévorée par la drogue (opium, héroïne, cocaïne, morphine) à laquelle l'a initiée son amante Marcelle Garos depuis l'été 1919, elle ne peut le reprendre en 1927. En 1928, on lui diagnostique la tuberculose. Ses derniers manuscrits, comme Les Rencontres d'après minuit, restent inachevés et finissent par disparaître.
Pauvre et abandonnée de ses amis, offrant parfois pour quelques pièces son corps décharné aux passants, elle est ensuite soignée au sanatorium de Crans-Montana en Suisse, où, à 33 ans, elle meurt de délabrement physique dû à sa tuberculose et à la toxicomanie. Elle lègue ses cahiers et manuscrits à son amie poétesse et comédienne Ludmila Savitzky.
Mireille Havet est « redécouverte » grâce à l'édition de son prolifique journal intime, tenu assidument de 1913 à 1929, dont le manuscrit n'a été retrouvé qu'en 1995 par Dominique Tiry, petite-fille de Ludmila Stavitzky son amie et exécutrice testamentaire, dans le grenier familial. Claire Paulhan le décrit ainsi : « Mireille Havet décrit “sa vie de damnation”, une vie de guet et d’attente, de songe et d’outrance, une vie aimantée par son “goût singulier” pour l’amour des femmes et les stupéfiants ».
Donné à la bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, ce manuscrit est conservé à l'université Paul-Valéry-Montpellier-III. Il est publié par les éditions Claire Paulhan de 2003 à 2012.

La Ville de Paris a nommé place Mireille-Havet une place du 11e arrondissement, inaugurée le , et réaménagée en 2019, près de la médiathèque Violette-Leduc.
