| Mordred | |
| Personnage de fiction apparaissant dans la Légende arthurienne. |
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Mordred, vu par Henry Justice Ford (1902). | |
| Sexe | Masculin |
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| Activité | Chevaliers de la Table ronde, puis usurpateur du trône de Bretagne |
| Famille | Roi Arthur (père) Morgane ou Morgause (mère) Gauvain, Agravain, Gaheris et Gareth (fratrie) |
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Mordred, ou Modred (en gallois : Medrawt), est un personnage de la légende arthurienne, fils du roi Arthur et de sa demi-sœur, Morgause. Il est souvent présenté comme le demi-frère de Gauvain, Agravain, Gaheris et Gareth, fils de Morgause.
Merlin avait prédit la naissance de celui-ci. Le Roi Arthur aurait voulu se débarrasser de cet enfant incestueux, sans parvenir à le faire parce qu'il s'agissait de son fils. D'après certains récits, il aurait envoyé tous les enfants nés le même jour que Mordred dans un bateau sur la mer. Le bateau coula, mais Mordred fut le seul survivant. Jusqu'à l'âge de quatorze ans, il fut élevé par un brave homme du nom de Nabur, puis fut amené à la cour où ses véritables origines lui furent révélées.
Il devint un temps chevalier d'Arthur et participa à quelques joutes et tournois, qu'il perdit la plupart du temps. Il ne respectait d'ailleurs que très rarement les règles de courtoisie qui régissaient les tournois, ne faisant qu'augmenter sa réputation de chevalier traître et perfide. Il était fort libertin, et ne se privait pas de courtiser toutes les dames, même celles déjà mariées. La première trahison de Mordred fut de séduire l’épouse de son seigneur. En cela, il est parjure et félon au sens féodal, puisqu’il prend la femme de son seigneur, en dépit du serment de fidélité ou foi qu’il avait dû prononcer sur des reliques ou sur les Évangiles de ne jamais l’agresser, ni de s’emparer de ses biens. Il était détesté par les autres chevaliers pour son caractère fourbe et sournois. Il tua Sir Lamorak, traîtreusement, alors que celui-ci se préparait à partir pour la Quête du Graal.
Dans le Morte d'Arthur, Mordred est considéré comme fratricide : au cours de la bataille de Salisbury, il tranche la tête de Sagremor, qui était son frère de lait, qui vole sur le champ de bataille,.
Mordred blessa mortellement son père, le roi Arthur, lors de la bataille finale de Salesbières (Salisbury) pour le trône d'Albion. Arthur parvient lui aussi à porter un coup fatal à son fils. Celui-ci meurt après avoir dit ses « adieux » à sa mère.

Dans les cycles primitifs, Medrawt (nom gallois de Mordred) viole, séduit ou encore enlève Guenièvre (originellement Gwenhwyfar) selon les récits et tue son père Arthur lors du combat de Camlann (qui est, selon les cycles, le lieu de la bataille finale qui oppose Arthur à son fils Mordred aidé des Pictes, des Gaëls et des Saxons). Son château est Camelot, l’une des résidences aux frontières du royaume de Logres.
Dans l'Historia Regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth (1135-1138), Mordred est le neveu du roi Arthur, fils de Lot et d'Anna (autre nom de Morgause). Arthur confie le royaume à son neveu pendant qu'il est parti en Gaule guerroyer contre l'empereur romain Lucius. Mais en son absence, Mordred usurpe la couronne et « vit en concubinage avec la reine ». De retour sur l'île, le roi et ses chevaliers affrontent les troupes de Mordred sur la rivière Camblan. Mordred est tué tandis que le corps d'Arthur, mortellement blessé, est emmené sur l'île d'Avalon.
Une encyclopédie arthurienne du XVe siècle, publiée en 2024 sous le titre Les Chevaliers de la Table Ronde, le présente sous le nom de Mordred d'Orcanie. Elle raconte brièvement qu'il est à la fois fils et neveu du roi Arthur, ce dernier l'ayant conçu par méprise avec l'épouse de Loth, sa propre sœur. Il est grand grand, assez maigre, aux cheveux blonds frisés et un teint assez vif. Ses yeux sont enfoncés dans son visage, son regard est cruel et son nez camus. Ses épaules sont larges et belles, ses bras longs et musclés, ses mains très agréables et ses cuisses et jambes longues et pas trop épaisses. Preux chevalier, il est beau à voir à cheval et extraordinairement hardi. Mais il surpasse tous les autres chevaliers en cruauté, comme l'attestent les grands maux qu'il déclencha. Pensif et très triste, il semble très discourtois avec certains de ses frères. Ses armes sont de pourpre à l'aigle à deux têtes d'or, au chef d'argent.
Ses fils sont toujours au nombre de deux, bien qu'ils ne soient généralement pas nommés, pas plus que leur mère. Dans la version de Geoffroy de Monmouth, après la bataille de Camlann, Constantin III est nommé successeur d'Arthur. Cependant, les jeunes fils de Mordred et leurs alliés saxons se soulèvent contre lui. Après leur défaite, l'un d'eux se réfugie dans l'église d'Amphibalus (en) à Winchester, tandis que l'autre se cache dans un couvent londonien. Constantin les traque et les tue devant les autels de leurs cachettes respectives. Cet acte invoque la vengeance divine, et trois ans plus tard, Constantin est tué par son neveu Aurelius Conanus. Le récit de Monmouth pourrait s'appuyer sur le meurtre par Constantin de deux « jeunes rois », mentionné dans le De excidio et conquestu Britanniae de Gildas le Sage (VIe siècle). Dans le Morte Arthure alliteratif (en) (publié vers 1400), Arthur, mourant, ordonne personnellement à Constantin de tuer les fils en bas âge de Mordred. Ce dernier avait demandé à Guenièvre de fuir avec eux en Irlande, mais elle retourne plutôt à Caerleon, la ville d'Arthur, sans se soucier de la sécurité de leurs enfants, qui sont ensuite noyés.
L'aîné des fils de Mordred s'appelle Melehan ou Melian (peut-être le même que Melou du Brut de Layamon). Mais il est le cadet dans les cycles Lancelot-Graal (ou Vulgate) et post-Vulgate. Dans le premier, lors d'une bataille près de Winchester juste après la mort de Guenièvre), Melehan blesse mortellement Lionel, frère de Bohort l'Exilé et cousin de Lancelot. Bohort fend alors la tête de Melehan, vengeant cette mort, tandis que Lancelot, furieux, poursuit et décapite l'autre frère, dont le nom n'est pas connu, qui tentait de s'enfuir au cœur d'une forêt. Le roman chevaleresque espagnol Florambel de Lucea, datant peut-être du XVe siècle, raconte qu'Arthur, survivant, fut sauvé par sa sœur Morgaina (c'est-à-dire Morgane) lors d'une bataille ultérieure contre les fils adultes de Mordredec. Dans le roman portugais post-médiéval Memorial das Proezas da Segunda Távola Redonda (Mémorial des Actes de la Seconde Table Ronde), les fils adultes de Morderete, Godifert et Dagobert, s'opposent au roi Sagramor Constantin, successeur d'Arthur, après l'occupation quasi totale de la Bretagne par les Saxons. Ils sont décrits comme les enfants à moitié saxons de la fille du duc de Saxe, Arnalda, aidés par leur cousin Briantes.