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Enseignant, essayiste, inspecteur des écoles, chroniqueur de presse |
Mody Niang, né en à Koki, dans la région de Louga au Sénégal, et mort le à Dakar, est un inspecteur de l'enseignement élémentaire, essayiste et chroniqueur sénégalais. Après une carrière dans l'éducation, il publie des ouvrages consacrés à l'histoire politique contemporaine du Sénégal et à la gouvernance publique, notamment sous les présidences d'Abdou Diouf, d'Abdoulaye Wade et de Macky Sall. Il intervient également dans la presse sénégalaise, où ses prises de position sur la gestion des affaires publiques sont régulièrement commentées.
Il est conseiller technique et porte-parole de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) jusqu’en 2016, puis président du conseil d’administration de la Société sénégalaise de presse et de publicité, qui édite le quotidien Le Soleil, de septembre 2024 à mars 2025,,. En 2013, il reçoit le prix Clairafrique de l’essai. En 2020, il est condamné pour complicité de diffamation dans une affaire liée à un ouvrage consacré à la gestion du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), condamnation confirmée en appel en 2025 puis suivie du rejet de son pourvoi par la Cour suprême en 2026,.
Mody Niang naît en 1945 à Koki, dans la région de Louga. Il commence sa carrière dans l'enseignement en 1964 comme instituteur à Ndiaganiao. Il poursuit ensuite des études à l'université de Dakar, où il obtient une licence, puis enseigne l'histoire et la géographie. Il intègre par la suite l'École normale supérieure de Dakar, formation qui le conduit vers les fonctions d'inspection de l'enseignement.
À partir de 1981, il exerce comme inspecteur de l'enseignement élémentaire, fonction qu'il occupe jusqu'à sa retraite en 2003. Sa carrière dans l'éducation précède une activité soutenue de chroniqueur et d'essayiste dans la presse sénégalaise.
Après sa retraite, Mody Niang continue de contribuer au débat public par des chroniques, des tribunes et des essais. Ses interventions portent sur les institutions publiques, les choix des gouvernements et la gestion des ressources de l'État. Un entretien publié par SenePlus en 2016 le présente comme un chroniqueur politique dont les prises de position couvrent plusieurs périodes de la vie politique sénégalaise et dont les livres sont principalement inspirés par les questions de gouvernance.
En février 2013, il reçoit le prix Clairafrique de l'essai à l'occasion de la clôture de la neuvième édition de la Caravane du livre et de la lecture. Le jury, présidé par Amadou Ly, distingue notamment la clarté de ses analyses et sa volonté d'intervenir dans les débats publics en tant que citoyen.
Mody Niang est conseiller technique et porte-parole de l'OFNAC, dirigé par Nafy Ngom Keïta. Il quitte l'institution en 2016. Dans la lettre de démission rapportée par la presse, il évoque son âge, son état de santé et la difficulté de poursuivre, dans le cadre de ses fonctions, ses prises de position publiques sur les gouvernements successifs.
Lors du Conseil des ministres du 7 août 2024, Mody Niang est nommé président du conseil d'administration de la Société sénégalaise de presse et de publicité (SSPP), qui édite le quotidien national Le Soleil. Il succède à Abdoulaye Bamba Diallo et prend ses fonctions en septembre 2024,
En mars 2025, il annonce sa démission pour des raisons essentiellement liées à son état de santé. Il précise que cette décision n'est pas liée à son engagement aux côtés d'Ousmane Sonko et du Pastef. Mame Birame Wathie est nommé pour lui succéder lors du Conseil des ministres du 26 mars 2025.
Les ouvrages de Mody Niang sont principalement consacrés à la vie politique sénégalaise. Ils prennent la forme d’essais critiques et de recueils de textes parus dans la presse. Ses publications abordent notamment les présidences d’Abdoulaye Wade et de Macky Sall, ainsi que la période du Parti socialiste au pouvoir,.
Parmi ses premiers livres figure Me Wade et l'alternance : le rêve brisé du Sopi, publié chez L'Harmattan en 2005. L'ouvrage propose un bilan critique de la présidence d'Abdoulaye Wade après l'alternance politique de 2000. Il publie ensuite Qui est cet homme qui dirige le Sénégal ? en 2006 et L'héritage politique de Léopold Sédar Senghor : entre ombres et lumières, également paru en 2006 aux Éditions Sentinelles,.
Ses publications suivantes comprennent Un vieux président face à lui-même : autoglorification, affabulations et calomnies (2008), Amadou Lamine Faye : comprendre l'alternative wadienne (2009) et Abdou Diouf. 40 ans au cœur de l'État socialiste au Sénégal (2009),. Avec Le clan des Wade : accaparement, mépris et vanité (2011), il consacre un autre ouvrage à la présidence d'Abdoulaye Wade et aux controverses liées à la gestion du pouvoir. Le livre paraît chez L'Harmattan après une édition sénégalaise chez les Éditions Sentinelles,.
En 2022, il publie 20 ans de gouvernance socialiste vue par un citoyen sénégalais, recueil d'articles écrits entre 1982 et 2000 et classés chronologiquement. L'ouvrage revient sur les années de gouvernance du Parti socialiste et s'adresse notamment aux lecteurs qui n'ont pas connu cette période ou qui l'ont vécue dans leur jeunesse.
En 2023, L'Harmattan publie le deuxième volume de La gouvernance des Wade, à l'épreuve de l'œil du « greffier de l'alternance », qui couvre la période de janvier 2007 à mars 2012. En octobre 2024 paraissent deux volumes consacrés aux mandats de Macky Sall : Sept longues années du président-politicien à la tête du Sénégal : février 2012-février 2019 et Le second et dernier mandat du président-politicien à la tête du Sénégal : 2 avril 2019-2 avril 2024,.
En 2020, le journaliste Pape Alé Niang publie Scandale au cœur de la République : le dossier du COUD, ouvrage consacré à la gestion du Centre des œuvres universitaires de Dakar lorsque celui-ci était dirigé par Cheikh Oumar Anne. Mody Niang en rédige la préface et ajoute des commentaires au livre. Cheikh Oumar Anne engage alors des poursuites pour diffamation contre Pape Alé Niang, Mody Niang et l'ancienne présidente de l'OFNAC, Nafy Ngom Keïta,.
Le 27 octobre 2020, le tribunal correctionnel de Dakar reconnaît Pape Alé Niang coupable de diffamation et Mody Niang de complicité de diffamation. Tous deux sont condamnés à trois mois d'emprisonnement avec sursis et à une amende de 200 000 francs CFA chacun. Le tribunal leur impose également de verser solidairement dix millions de francs CFA de dommages et intérêts à Cheikh Oumar Anne. L'ancienne présidente de l'OFNAC n'est pas condamnée dans cette décision.
Le 6 mai 2025, la cour d'appel de Dakar confirme la culpabilité des deux hommes et modifie le montant des dommages et intérêts, fixé à cinq millions de francs CFA à verser solidairement à la partie civile. La Cour suprême examine leurs pourvois le 19 février 2026 et les rejette, selon le compte rendu publié par EnQuête+ le 11 mars suivant.
Mody Niang meurt à Dakar le 17 octobre 2026, à l'âge de 81 ans. Sa famille annonce son décès. La levée du corps a lieu à l'Hôpital principal de Dakar, avant son inhumation à Koki, son village natal,. Plusieurs personnalités publiques et acteurs de la société civile lui rendent hommage après l'annonce de sa disparition.