Mohamed Bazoum

Mohamed Bazoum, né le est un homme d'État nigérien.

Il est le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique, de la Décentralisation et des Affaires coutumières et religieuses du au . Il est candidat à l'élection présidentielle de 2020 qu'il remporte au second tour face à l'ex-président Mahamane Ousmane.

Biographie

Origine, enfance et famille

Arabe Oulad Souleymane, Mohamed Bazoum est le cadet de six frères et deux sœurs. Il est né, selon les sources, à N'Guigmi, à N'Gourti ou à Bilabrine, des villes de la région de Diffa, proches du lac Tchad.

Mohamed Bazoum est musulman sunnite.

Scolarité et études

Il commence ses études primaires à l’école primaire de Tesker (en) de 1966 à 1971 puis au collège d’enseignement général (CEG) de Maïné-Soroa et ensuite de Gouré de 1971 à 1975 où il obtient son brevet d'études du premier cycle (BEPC). Il fréquente le lycée Amadou Kouran Daga de Zinder de 1975 à 1979 d’où il sort avec son baccalauréat A4. Il fait ses études universitaires de 1979 à 1984 à l’université de Dakar (Sénégal) à la faculté des lettres et sciences humaines au département de philosophie. Il est détenteur d’une maitrise en philosophie politique et morale puis d’un diplôme d’études approfondies (DEA), option logique et épistémologie.

Syndicalisme et politique

Après la vie estudiantine, il s’investit en syndicalisme dans le Syndicat national des enseignants du Niger (SNEN) avant d’intégrer le Bureau exécutif de l’USTN (Union syndicale des travailleurs du Niger). Mohamed Bazoum est aussi enseignant en philosophie à Tahoua et à Maradi entre 1984 et 1991. En 1991, il représente l'USTN à la Conférence nationale.

Il est membre fondateur du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-Tarayya) créé en . Il occupe le poste du Président du Comité exécutif national (CEN) de ce parti depuis l’accession en 2011 de Mahamadou Issoufou à la magistrature suprême du Niger.

En janvier 1998, le président Ibrahim Baré Maïnassara dénonce un complot visant à le tuer. Si la réalité de ce complot est contestée, plusieurs membres de l'opposition politique sont néanmoins accusés, dont Hama Amadou et Mahamadou Issoufou. Mohamed Bazoum, bras droit d'Issoufou, est arrêté.

Quatre fois élu député (1993, 2004, 2011 et 2016) de la circonscription spéciale de Tesker (Zinder) et plusieurs fois vice président de l'Assemblée nationale et président du groupe parlementaire du PNDS-Tarayya, il a été aussi membre du parlement de transition de 2010 à 2011. Mohamed Bazoum est également secrétaire d’État auprès du ministre des affaires étrangères et de la coopération chargé de la coopération de 1991 à 1993 pendant la transition démocratique post conférence nationale.

Il fait partie du groupe des 14 députés qui déposent la motion de censure qui entraîne la chute du gouvernement de Hama Amadou.

Mohamed Bazoum est ministre des Affaires étrangères de 1995 à 1996 et de 2011 à 2015. Entre 2015 et 2016, il est ministre d’État à la présidence où il a comme tâche principale l'organisation de la réélection du président Issoufou.

Entre et , Mohamed Bazoum est ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique, de la Décentralisation et des Affaires coutumières et religieuses.

Élection présidentielle de 2020-2021

Il devient le le candidat du PNDS Tarayya pour l’élection présidentielle de 2020-2021 en vue de succéder au président Mahamadou Issoufou qui ne peut briguer un troisième mandat conformément à la constitution.

En , Mohamed Bazoum démissionne du gouvernement pour se consacrer à la campagne électorale. Il est remplacé par Alkache Alhada.

En , Sani Mahamadou Issoufou, le fils du président Issoufou, est nommé directeur de la campagne de Mohamed Bazoum.

Au premier tour de l'élection présidentielle, il obtient 39,3 % des voix et finit en première position. Au second tour, le , il affronte Mahamane Ousmane.

La victoire attendue de Bazoum à l'élection présidentielle de 2020-2021 malgré son appartenance à une ethnie ultra-minoritaire au Niger, les Oulad Souleymane — principalement présents en Libye —, est perçue comme un signe d'une bonne santé de la vie politique nigérienne, qui se détacherait d'un vote à prédominance communautaire auquel le pays était jusque-là habitué. Bazoum ne bénéficie ainsi d'aucun fief électoral « naturel » acquis à sa candidature. Cette appartenance ethnique n'est cependant pas dépourvue de polémique identitaire, une partie de l'opposition l'utilisant pour jeter le doute sur la légitimité, voire la légalité, de sa candidature en faisant courir le bruit qu'il serait né à l'étranger, appelant les électeurs à ne pas élire un « président libyen » et à « ne pas choisir un blanc », en référence à son teint relativement clair. Cet argument identitaire, dénoué de fondement, est alors commun dans la région, ayant notamment déjà été utilisé par le passé contre son principal opposant, Mahamane Ousmane.

Décorations

  • Grand officier de la légion d’honneur française pour son engagement dans la coopération et son amitié avec la France.
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