Mohamed Chafik

Mohamed Chafik
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (100 ans)
Bir Tam Tam (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Collège d'Azrou (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Membre de
Distinction
Œuvres principales
Al-Muʻjam al-ʻArabī al-Amāzīghī (d), Moroccan Darija, a Space of Exchange between Amazigh and Arabic (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Mohamed Chafik (en amazigh : ⵎⵓⵃⵎⵎⴰⴷ ⵛⴰⴼⵉⵇ, et en arabe: محمد شفيق) est un homme de lettres et intellectuel berbère marocain né le à Bir Tam-Tam, Aït Sadden (Province de Séfrou). Membre de l’Académie du royaume du Maroc, ancien haut fonctionnaire au Ministère de l'éducation nationale, ancien secrétaire d'État, ancien directeur du collège Royal ancien recteur de l'Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) et spécialiste de la langue et de la littérature arabe et berbère, Mohamed Chafik est l'une des grandes personnalités du mouvement culturel amazighe.

Refusant de lier les revendications berbères et celles politiques, et préférant la lutte intellectuelle, sa position lui a permis d'obtenir une certaine audience tant dans les milieux militants berbéristes que parmi la classe dirigeante. Il a ainsi tenté d'œuvrer à la reconnaissance de la « spécificité berbère » de l'identité marocaine – identité défendue dans sa diversité.

Biographie

Mohamed Chafik est né le dans le village berbère d'Aït Sadden près de Sefrou, dans la région de Fès au Maroc. Après avoir accompli ses études primaires à l'école française du village, il entre au fameux Collège d'Azrou (qui deviendra à l'indépendance lycée Tarik Ibn Ziad), haut lieu de formation de l'élite militaire berbère de l’époque. Il y fait la rencontre d'Ahmed Zemmouri, patriote nationaliste marocain, qui exerce à l'époque sur lui une grande influence. Il décroche ensuite son brevet, mais là où la carrière militaire est le débouché traditionnel de tous ceux qui sortent du collège berbère d’Azrou, il préfère le civil et intègre le réputé Collège Moulay Youssef à Rabat.

Il est parmi les organisateurs des grèves estudiantines en soutien au Manifeste de l'Indépendance de 1944 par lequel, pour la première fois, le parti de l'Istiqlal (« Indépendance ») exige l'indépendance du pays. Il est alors arrêté et placé en garde à vue pendant plusieurs jours, ce qui lui vaut d'être exclu de son prestigieux collège et interdit de poursuivre ses études et d'exercer dans la fonction publique. Il contourne le blocage en prenant des cours par correspondance avec une amicale d'étudiants algériens d'Alger, et prend contact avec son ancien directeur du collège d'Azrou, inspecteur de l’enseignement, qui lui donne un poste d'instituteur remplaçant malgré l'interdiction — interdiction qui est alors annulée. Après quelques années d'enseignement de français et d'arabe (1947-1955), il est diplômé en langue arabe, obtient un certificat en langue amazighe (« berbère »), une licence en histoire à la faculté de lettres de l'Institut des Hautes Études Marocaines de Rabat et un diplôme professionnel en inspection pédagogique.

Il entame par la suite une carrière dans l'administration en tant qu'inspecteur scolaire. Il continue ainsi jusqu'à devenir, en 1967, l'inspecteur principal au ministère de l’éducation nationale. Entre 1970 et 1972, il est sous-secrétaire d'État à l'enseignement secondaire, technique et supérieur. En 1972, il devient secrétaire d'État auprès du Premier Ministre et ensuite chargé de mission au Cabinet royal (1972-1976), puis directeur du Collège royal où Mohamed VI (1976), l'actuel roi du Maroc, faisait ses études (1976-1982) et enfin il est nommé en 1980 par le roi Hassan II membre de l'Académie du royaume du Maroc. Lors de la mise sur place de l'Institut royal de la culture amazighe (IRCAM), le , Mohamed VI l'en nomme recteur — poste qu'il conserve jusqu’en . Il est également membre du Conseil consultatif des droits de l’Homme (CCDH) au Maroc. Mohamed Chafik reçoit en 2002 le prix hollandais du Prince Claus pour l'ensemble de son œuvre et sa lutte pour la cause berbère.

Publications

Travaux de recherche

Articles

Discours

Rapports

Notes et références

  1. ↑ « Les membres de l’Académie », sur Site officiel de l'Académie du Royaume du Maroc,
  2. 1 2 3 « Mohammed Chafik : Un grand homme de culture et d’amazighité au Maroc », portrait par Rachid Najib Sifaw, 2006.
  3. 1 2 « Idéologie, religion et ethnocentrisme au Maghreb: de l’historique contemporaine au Maroc » par Khalid Chegraoui (Institut des Études Africaines, Rabat), in « Intellectuels, nationalisme et idéal pan-africain » (CODESRIA, 2005 (ISBN 2-86978-161-X)), chapitre 6, p. 101-104 [(fr) lire en ligne (p.13-16)].
  4. ↑ Tariq ibn Ziyad, nom du chef de guerre berbère à l'origine de la conquête musulmane de l'Andalousie.
  5. 1 2 3 4 Mohammed Chafik, Abla Ababou, Le Journal Hebdomadaire, 7-13 juillet 2001 (no 25, vol. 2).
  6. ↑ (en) Berber scholar Chafik wins Prince Claus Award and demands official recognition for Amazigh language and culture, Eurolang.net, 2002.
  7. ↑ Accès en ligne : « Le substrat berbère de la culture maghrébine », revue allemande Französish heute, juin 1984.
  8. ↑ Accès en ligne : « Le manifeste berbère du  », Rabat, 1er mars 2000.

Voir aussi

Articles connexes

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