Le genre Monstera comprend plus d'une centaine d'espèces de plantes épiphytes de la famille des Aracées, originaires des régions tropicales d'Amérique.
Description
Ce sont des lianessempervirentes, pouvant grimper dans les arbres jusqu'à 20 m de hauteur. Ces lianes produisent des racines aériennes qui renforcent l'accrochage de la plante sur son support et qui peuvent aussi rejoindre le sol pour s'y replanter. Les feuilles de nombreuses espèces de Monstera présentent des perforations, permettant de laisser passer la lumière aux feuilles du bas.
Taxonomie et classification
Le nom de genre Monstera a été publié en 1763 par le botaniste français Michel Adanson dans le deuxième volume de son ouvrage Familles des plantes.
Étymologie
En 1858, le botaniste autrichien Heinrich Wilhelm Schott propose que le nom Monstera fasse référence à l'aspect monstrueux des feuilles perforées de ces plantes. Cette interprétation est contestée par le botaniste Michael Madison en 1977. Selon lui, Monstera serait plus probablement un équivalent français latinisé de Dracontium, nom utilisé auparavant pour désigner certaines Aracées. Cette hypothèse repose sur le rapprochement sémantique entre les dragons et les créatures monstrueuses, et sur le fait qu'Adanson avait lui-même cité Dracontium comme synonyme de Monstera. Madison estime par ailleurs que la mention de feuilles perforées dans la description originale d'Adanson a probablement contribué à l'application ultérieure du nom Monstera au genre tel qu'il est aujourd'hui délimité.
Usages
Monstera deliciosa est argement cultivée comme plante d'ornement dans les intérieurs spacieux. Monstera adansonii est également cultivée et moins imposante en stature.
Monstera deliciosa
Monstera adansonii
Fruits de Monstera deliciosa
Fruits sur un marché à Madeire
Les fruits mûrs de Monstera deliciosa peuvent être consommés. C'est la seule partie comestible de la plante. Avant matûrité, l'ingestion des fruits peut causer de graves irritation de la bouche et de la gorge à cause des cristaux d'oxalate.
↑(en) Arunika H. L. A. N. Gunawardena, Kathy Sault, Petra Donnelly et John S. Greenwood, «Programmed cell death and leaf morphogenesis in Monstera obliqua (Araceae)», Planta, vol.221, no5, , p.607–618 (ISSN1432-2048, DOI10.1007/s00425-005-1545-1, lire en ligne, consulté le )
↑Michael Madison, «A revision of Monstera (Araceae)», Contributions from the Gray Herbarium of Harvard University, no207, , p.3–100 (DOI10.5962/p.336443, lire en ligne, consulté le )
↑Dès l'Antiquité, certaines plantes aujourd'hui rattachées à la famille des Aracées, notamment Dracunculus vulgaris, étaient désignées par des noms évoquant les serpents et les dragons, dérivés du grec ancien δράκων (drákōn, « serpent, dragon »), comme en témoignent les écrits de Théophraste, Dioscoride et Pline l'Ancien. Cette association, probablement liée à l'aspect serpentiforme des pétioles et des pédoncules marbrés de certaines espèces, s'est prolongée dans la nomenclature botanique.
Enfin le genre Typhonium décrit par Schott en 1829 semble lui aussi participer de cette tradition rapprochant Aracées et serpents en évoquant la créature mythologique serpentiforme Typhon.