Il s'agit de la première —et à ce jour seule avec Gandahar— collaboration cinématographique entre la France et la Corée du Nord ainsi que de la première collaboration cinématographique entre la Corée du Nord et un pays n'appartenant pas au bloc socialiste. Il a été censuré jusqu'en 1963.
Synopsis
L'histoire du film se déroule en 1950, en pleine guerre de Corée, dans la ville de Kaesong et raconte l'histoire d'un jeune ébéniste amoureux d'une chanteuse de pansori mais séparé d'elle à cause de la guerre. Il s'engage comme soldat pour défendre son pays, mais sera blessé et fait prisonnier. Il tentera alors de fuir afin de retrouver sa bien-aimée, devenue interprète du théâtre Moranbong qui poursuit son activité dans un abri souterrain.
Le film transpose à l'époque moderne un célèbre pansori et récit traditionnel coréen, L'Histoire de Chunhyang, racontant l'histoire d'amour contrariée entre Chunhyang, la fille d'une courtisane, et le jeune aristocrate Yi Mongryong.
Le film est censuré dès 1959 pour atteinte à la politique étrangère de la France. Il est interdit à la distribution et à l'exportation, car il présentait «sous un jour peu favorable les troupes de l'ONU» ayant combattu pendant la guerre de Corée. On les voit en effet bombarder un théâtre nord-coréen. On aperçoit également des soldats nord-coréens piétiner des uniformes américains ainsi que des vêtements distribués par l'ONU. Il sera finalement diffusé lors d'une séance publique à Cannes le (hors-festival) et la censure sera levée en 1963 par le ministre de l'Information, Alain Peyrefitte. Il sera diffusé pour la première fois en Corée du Nord en lors du douzième Festival international du film de Pyongyang et remporte à cette occasion le Prix réduit du comité d'organisation.
Le film a été restauré par les Archives françaises du film du CNC.