| Partie de | |
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| Destination initiale | |
| Destination actuelle |
Centre culturel |
| Style | |
| Architecte | |
| Matériau | |
| Construction |
1808-1811 |
| Ouverture |
(prison) |
| Propriétaires |
Province du Canada (jusqu'en ), Morrin College (en) (depuis ), Québec (- |
| Gestionnaire |
Morrin College (en) (- |
| Patrimonialité |
Lieu historique national (1981) Immeuble patrimonial classé (1981) Site patrimonial déclaré (1964, Site patrimonial du Vieux-Québec) |
| Site web |
| Pays | |
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| Province | |
| Ville | |
| Adresse |
44, Chaussée des Écossais |
| Coordonnées |
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Le Morrin Centre est un centre culturel de Québec. Il est conçu pour faire valoir la contribution historique et actuelle de la culture anglophone. Il est situé dans un lieu historique national au cœur du Vieux-Québec. Avant de devenir tel qu’il est aujourd’hui, le site du Morrin Centre, qui compte plus de trois-cents ans d’histoire s’échelonnant sur les périodes des régimes français et britanniques, a connu plusieurs fonctions, notamment comme Redoute royale, prison commune et collège d’enseignement. De nos jours, le centre abrite la bibliothèque de langue anglaise de la Société littéraire et historique de Québec (LHSQ, pour l’acronyme en anglais), offre des visites et de l’interprétation en plus d’accueillir des événements dans ses salles de réception. La bibliothèque, établie en 1868, est notable pour sa collection de documents historiques, datant pour certains du dix-neuvième siècle. Cette collection appartient à la LHSQ, qui est la société savante la plus ancienne du Canada, et explique ainsi la présence en son sein de documents originaux, portant sur les sciences, l’histoire et la littérature,.
Ce lieu a connu quatre différentes fonctions:
Le bâtiment de la Redoute Royale faisait partie du système de fortifications français de la ville de Québec construit au début du dix-huitième siècle dans un contexte de tension avec les Treize colonies. Il servait principalement de baraquement pour les soldats. Lorsque les prisons étaient remplies, la Redoute faisait partie des lieux où l’on aménageait des cellules pour pouvoir contenir plus de prisonniers. On y dénote cependant la présence de maladies, de mauvaises conditions de vie et un sentiment généralisé d’insécurité, où les gardes devaient assurer une surveillance continue pour éviter la fuite sinon trop aisée des prisonniers. Il est intéressant de souligner que la Redoute a accueilli Marie-Josephte Corriveau, femme tristement célèbre dans l’histoire judiciaire du Canada et ancrée depuis des générations dans le folklore québécois sous le nom de « La Corriveau ». Il y a eu plusieurs projets inaboutis après la Conquête pour remplacer la prison commune mais c’est seulement entre 1808 et 1813 que la Redoute fut détruite et remplacée par un nouveau bâtiment chargé de tenir ces fonctions,.
Dans le bâtiment neuf dessiné par l’architecte François Baillargé, la toute nouvelle prison commune de Québec suit les principes d’un modèle pensé par le réformateur des prisons d’Angleterre, John Howard. Selon lui, l’emprisonnement dans des cellules communes est chose dépassée et le rendement de sentences corporelles et capitales l’est encore davantage. Les prisonniers doivent être isolés dans des cellules individuelles, accomplir des travaux forcés en journée et se voir divisés et détenus selon la gravité de leurs crimes pour que les criminels chargés d’offenses majeures ne déteignent pas sur ceux qui ont commis des crimes mineurs. Dans la pratique, l’emprisonnement s’est vu décupler puisque les lois sur l’ordre public se sont resserrées à la même période. La mise en place de toutes ces mesures souhaitées n’a donc pas pu se faire. Effectivement, bien que l’idée des travaux forcés ait été adoptée, les prisonniers n’ont finalement pas été séparés selon le degré d’intensité de leurs crimes et l’application de la peine capitale a perdurée. D’ailleurs, les condamnés à mort étaient pendus à même l’édifice de la prison, sur son balcon bâti spécifiquement pour cette fonction. Quelques années suivant son ouverture, les officiers qui y travaillent décrivent la prison comme inadéquate. Ce n’est qu’en 1867 qu’elle ferme ses portes et déménage dans un nouveau bâtiment érigé sur les Plaines d’Abraham.
Fondé en 1862 par le médecin et maire de Québec, Joseph Morrin, le Morrin College déménage dans la vieille prison en 1868. Le bâtiment est réaménagé pour accueillir le collège ainsi qu’une bibliothèque. Il est partagé par le collège et la Société littéraire et historique de Québec. Cette nouvelle école venait répondre au manque d’un établissement d’éducation anglophone et protestant dans la ville, qui ne comptait jusqu’alors que l’Université Laval, école francophone et catholique. Le Morrin College devient ainsi la première institution d’enseignement supérieur anglophone de la ville de Québec. Il détient une faculté de théologie, d’arts et de droit. Il a été affilié à l’Université McGill de 1863 à 1900 et est avant-gardiste dans l’éducation des femmes avec un premier baccalauréat décerné à une femme de la région en 1889. Le Morrin College ferme ses portes en 1902, rattrapé par les débuts financiers difficiles qui le suivent depuis sa fondation et le déclin de plus en plus croissant de la population anglophone de la ville. Bien que l’école ferme, son conseil d’administration perdure et demeure propriétaire du bâtiment jusqu’en 1987.
Le bâtiment est vendu à 1987 à des promoteurs immobiliers, liés de près à un membre du conseil d’administration du Morrin College. Ils le revendent deux ans plus tard à la ville de Québec, alors sous la gouverne du maire Jean-Paul L’Allier. Il souhaite mettre en valeur le bâtiment et l’héritage anglophone de la ville et appuie donc le projet de restauration de l’extérieur de l’édifice au courant des années 1990. La LHSQ prend le relais au début des années 2000.
C'est qu'en 2004, la Literary and Historical Society of Quebec devint propriétaire du site historique par bail emphytéotique. Le centre culturel agrandit la mission de sa bibliothèque afin de devenir un pôle pour le patrimoine anglophone de Québec. Une importante restauration intérieure a été faite avant le développement du Morrin Centre. Ce dernier ouvre officiellement ses portes en . Le centre héberge la bibliothèque privée de la Literary and Historical Society of Quebec, des espaces patrimoniaux pour des événements et un service d'interprétation.
Le fonds d’archives du Morrin College est conservé au centre d’archives de Québec de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
Fondée le , la Literary and Historical Society of Quebec (Société littéraire et historique de Québec) est la première société savante du Canada. Son objectif est de conserver, mettre en valeur et diffuser les documents historiques de la colonie (à cette époque, le Canada est encore une colonie anglaise). Après des incendies et des déménagements, le Morrin College lui tend les bras pour lui offrir des espaces après le rachat de l’ancienne prison. Ces locaux, décrits comme « forts spacieux », permettent le déplacement en 1868 de la bibliothèque et du musée de la Société au Morrin College. Grâce à l’influence que la Société littéraire et historique de Québec a su avoir sur les études supérieures, elle devient l’instigatrice de la création de la Commission géologique du Canada, des Archives publiques du Canada (aujourd’hui Bibliothèque et Archives Canada) et de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.
La bibliothèque de la Société littéraire et historique de Québec ouvre ses portes en 1830 avec 152 volumes. Il est facile d’avoir une connaissance de son contenu puisque, depuis 1831, la société compte son catalogue dans ses publications. En 1853 et 1862, la société est victime de deux graves incendies et perd une partie importante et irremplaçable de sa collection. Un grand nombre de dons sont reçus à la suite de ces accidents. En ajoutant les montants d'assurances et des subventions gouvernementales, la bibliothèque parvient à rouvrir à ses membres. En 1864, on compte 3381 volumes dans le catalogue. Installée dans ses locaux actuels en 1868, la bibliothèque intègre la collection de la Quebec Library au coût de 500$. Cette dernière, fondée en 1779 par le gouverneur Frederick Haldimand, était la plus vieille bibliothèque de souscription au Canada. La plupart des livres de cette collection originale ne se trouvent plus au Morrin Centre aujourd’hui. En 1883, le nombre de volumes en circulation est d’environ 3000 par année. En 1887, elle est la 14e bibliothèque publique en importance au Canada.
Les acquisitions d’ouvrages ont été effectuées au fil des diverses conférences présentées et des formations données, qui ont suscité une augmentation des achats et des dons importants offerts. La bibliothèque n’est pas à vocation générale, elle se spécialise plutôt dans des champs précis du savoir. Les sujets traités dans la collection répondent avant tout à la mission de la société soit l'avancement de l'histoire, des sciences et, à plus petite échelle, de la littérature. À ce moment, la majorité des volumes répertoriés étaient d’auteurs britanniques notamment parce que la recherche scientifique y était plus ancienne et centralisée. Avec l’achat des ouvrages de la Quebec Library, les sections de littérature et d’histoire moderne ont pu croître. Les volumes des sciences naturelles restent tout de même les plus représentés afin de répondre aux demandes des membres allant en ce sens.
Au XXe siècle, la gestion et les services de la bibliothèque de prêts représentent la majorité des activités de la Société littéraire et historique de Québec. En 1944, elle est presque exclusivement une bibliothèque. C’est aussi à cette époque que la bibliothèque passe d'un statut public à privé. Puisque sa collection se concentre sur les livres d’intérêt général en anglais, la bibliothèque est complémentaire à la collection en français du Réseau des bibliothèques de la Ville de Québec. Au fil des ans, la bibliothèque a accumulé plus de 30 000 volumes, en plus d’une importante collection d’artéfacts de nature historique comme une statuette datant du XVIIe siècle du général britannique James Wolfe.
La vieille prison de Québec fut dessinée par l’architecte québécois François Baillairgé et construite entre 1808 et 1814 dans le style palladien. Elle fut l’un des premiers immeubles de Québec à s’inspirer des principes du classicisme britannique. Une nouvelle prison ayant été achevée en 1861, ce bâtiment fut vendu au docteur Joseph Morrin et converti en un collège pour les jeunes anglophones par l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy.
L'édifice a été classé immeuble patrimonial le puis désigné « lieu historique national du Canada » le .