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La langue régionale des Muiscas de la savane de Bogota aurait été, d'après certaines chroniques espagnoles, appelé «chibcha» (un terme utilisé par des écrivains du XIXesiècle pour parler de l'«empire chibcha»), mais ce terme est aujourd'hui[Quand?] utilisé par les chercheurs pour la famille linguistique chibcha et sa zone culturelle. Cependant, le nom donné dans les dictionnaires coloniaux au dialecte de la savane est muysccubun et pas «chibcha».
Vestiges du site archéologique et centre cérémoniel El Infiernito à Villa de Leyva en Colombie.
Les Muiscas n'avaient pas une structure sociale aussi complexe que celle des Aztèques ou des Incas. Ils vivaient du maïs et de la pomme de terre, fabriquaient des tissus de coton, de la céramique et surtout de remarquables objets en or utilisés comme offrandes aux divinités.
Ils exploitaient aussi des mines de sel et d'émeraudes, qu'ils utilisaient comme monnaie d'échange.
Les Muiscas adorent Bochica, un dieu de la mythologie chibcha, père de la civilisation et descendant du dieu soleil Súa. Leur religion est assez semblable à celle des autres peuples précolombiens. Les sacrifices et offrandes à leurs dieux consistaient principalement en des tunjos(en) (petite figurine anthropomorphe en or, argent ou cuivre), en libations d'eau, en sacrifices d'animaux (surtout d'oiseaux, dont la tête était enlevée et posée pour décorer le temple et le sang versé dans celui-ci), et en sacrifices humains mais uniquement à deux conditions:
Si après un combat ils prenaient comme prisonnier un homme, qu'on pensait être vierge, celui-ci était envoyé dans le temple et sacrifié dans une ambiance de chants et d'applaudissements.
Le seul autre sacrifice humain autorisé est celui des moxas ou mojas. Ces derniers étaient des enfants achetés à un très haut prix (puisqu'ils croyaient qu'ils pouvaient parler au Soleil) à l'extérieur du territoire Muisca et chaque cacique en avait un ou deux. Ils étaient achetés quand ils avaient sept ou huit ans et sacrifiés pendant leur puberté. Cependant, si le moxa avait eu des relations sexuelles, il est laissé en liberté puisqu'on considérait que son sang perdait toute sa valeur.
Fédération Muisca
Carte des territoires muiscas à l'arrivée des Espagnols.
Le territoire était divisé en deux grandes unités politiques: au sud-ouest, le territoire était dirigé par le Zipa à Bacatá (Bogota) et était nommé le Zipazgo, au nord-est, le Zaque gouvernait depuis Hunza (Tunja) son Zacazgo. Ces deux territoires gouvernés par deux mandataires différentes gardaient des relations économiques étroites. Les échanges étaient nombreux non seulement grâce à leur proximité géographique mais aussi à leur partage ethnique et culturel.
Le territoire aussi comprenait quelques zones gouvernées par des caciques indépendants ou vassaux.
Le territoire du Zipa était divisé en cinq caciquats:
C'est d'une tradition du peuple Muisca que naît le mythe d'Eldorado («Le doré»). En effet, ceux-ci avaient pour coutume de recouvrir de poussière d'or leur nouveau roi lors de la cérémonie d'intronisation. Le nouveau souverain devait briller au soleil comme le fils du soleil qu'il était. Ce roi devait ensuite se baigner dans le lac sacré de Guatavita, pendant que la foule en liesse jetait des objets de valeur dans les flots.
Cette cérémonie ne serait pas un mythe; de nombreux objets présentés au musée de l'or de Bogota en témoignent, notamment la balsa de oro (radeau d'or).
Habitat
Les maisons communautaires des Chibchas (malocas) étaient rondes, faites de bois et de chaume.
Dans la culture populaire
Les Muiscas sont une civilisation jouable depuis l'ajout, le , du DLC The Last Chieftains dans le jeu vidéoAge ofEmpires II: Définitive Edition. Une campagne intitulé El Dorado est consacrée aux Muiscas.
La coutume muisca d'Eldorado est représentée dans l'épisode 25, intitulé Le Mystère de la fontaine sacrée de la série d'animation Les Mystérieuses Cités d'or réalisé au début des années 1980.
Notes et références
(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé «Muiscas» (voir la liste des auteurs).
↑(es) DANE (juin 2021), Visor pueblo indígenas. CNPV2018. Bogotá: Departamento Nacional de Estadística.
Jose Virgilio Becerra, Les Muiscas: une culture précolombienne de la Colombie et ses antécédents, Université Panthéon-Sorbonne, Paris, 1999, 3 vol. 800 p. (thèse).
José Pérez de Barradas, Les Indiens de l'Eldorado: étude historique et ethnographique des Muiscas de Colombie, Payot, Paris, 1955, 400 p.
(es) José Vicente Rodríguez (dir.), Los Chibchas: adaptacion y diversidad en los Andes Orientales de Colombia, Universidad Nacional de Colombia, Bogota, 2001, 342 p. (ISBN958-8063-03-5).
(es) José Rozo Gauta, Alimentacion y medicina entre los Muiscas, Ediciones Naidi, Santa Fé de Bogota, 1998, 142 p. (ISBN958-96300-3-0).
(es) Ana María Groot, «Sal, caminos y mer caderes: el caso de los muiscas en el siglo XVI», dans Leonor Herrera et Marianne Cardale de Schrimpff, Caminos precolombinos: las vías, los ingenieros y los viajeros, Bogota, Instituto Colombiano de Antropología e Historia, , p.243-266.