Murtala Muhammed

Murtala Muhammad
Illustration.
Fonctions
Président de la république fédérale du Nigeria
–
(6 mois et 15 jours)
Prédécesseur Yakubu Gowon
Successeur Olusegun Obasanjo
Biographie
Nom de naissance Murtala Ramat Muhammed
Date de naissance
Lieu de naissance Kano (colonie et protectorat du Nigeria)
Date de décès (à 37 ans)
Lieu de décès Lagos (Nigeria)
Nature du décès Assassinat
Nationalité nigériane
Conjoint Ajoke Muhammad
Diplômé de Académie royale militaire de Sandhurst
Religion Islam

Image illustrative de l’article Murtala Muhammed
Présidents de la République fédérale du Nigeria

Murtala Ramat Muhammed, né le à Kano et mort assassiné le à Lagos, est un général et homme d'État nigérian. Figure du contre-coup d'État de juillet 1966, puis commandant de division pendant la guerre du Biafra, il dirige le gouvernement militaire fédéral du Nigeria du à son assassinat, lors d'une tentative de coup d'État.

Biographie

Jeunesse et formation

Murtala Muhammed naît le dans le quartier de Kurama, à Kano. Il est l'un des onze enfants de Muhammed Risqua (ou Riskuwa) et d'Uwani Rahamat. Sa famille, peule, appartient au clan Genawa, qui compte plusieurs juristes musulmans : son arrière-grand-père et son grand-père portent le titre de chef alkali (juge) de Kano. Son père est apparenté à Aminu Kano (en), à Aminu Wali (en) et à de nombreux membres de la famille Wali de Kano.

Il fréquente l'école élémentaire Cikin Gida, dans l'enceinte du palais de l'émir, puis l'école primaire Gidan Makama, juste à l'extérieur. En 1949, il entre au collège de Kano (aujourd'hui Rumfa College), puis au collège gouvernemental de Zaria (aujourd'hui Barewa College), où il est membre du corps des cadets et capitaine de tir en dernière année. Il y obtient son certificat de fin d'études en 1957 et demande la même année à rejoindre l'armée nigériane.

Carrière militaire

Formé à l'Académie royale militaire de Sandhurst, il est nommé sous-lieutenant en 1961 et affecté aux transmissions. En 1962, il sert au Congo au sein de la force de maintien de la paix des Nations unies, puis devient aide de camp de Moses Majekodunmi (en), administrateur de la région Ouest. Chef par intérim des transmissions de l'armée en 1965, il est promu lieutenant-colonel en 1966 et nommé inspecteur des transmissions à Lagos.

Du contre-coup de 1966 à la guerre du Biafra

En juillet 1966, il est l'une des principales figures du contre-coup d'État mené par des officiers originaires du Nord, au cours duquel le chef de l'État Johnson Aguiyi-Ironsi est tué. Pendant la guerre du Biafra, il commande la 2e division de l'armée fédérale, qui repousse l'armée biafraise hors de la région du Centre-Ouest. En octobre 1967, des soldats de cette division, placée sous son commandement, perpètrent le massacre d'Asaba (en), au cours duquel des centaines de civils sont tués. Il est promu général de brigade en 1971.

Chef de l'État

Commissaire fédéral aux Communications à partir de 1974, il est porté à la tête de l'État par le coup d'État qui renverse Yakubu Gowon le ,. Au pouvoir, il s'attaque à l'inefficacité de l'administration, lance le transfert de la capitale fédérale de Lagos vers Abuja et annonce le retour des civils au pouvoir pour 1979. Il crée sept nouveaux États (Bauchi, Benue, Borno, Imo, Niger, Ogun et Ondo), ce qui porte leur nombre à dix-neuf.

Sur le plan international, il reconnaît le gouvernement du MPLA en Angola. Le , au sommet extraordinaire de l'Organisation de l'unité africaine à Addis-Abeba, il prononce le discours « Africa Has Come of Age » (« L'Afrique est devenue majeure »), dans lequel il dénonce l'ingérence des puissances occidentales.

Assassinat

Le , lors d'une tentative de coup d'État menée par le lieutenant-colonel Bukar Suka Dimka (en), sa voiture est prise en embuscade dans le quartier d'Ikoyi, à Lagos, et il est tué à l'âge de 37 ans,. Le coup échoue et son adjoint, Olusegun Obasanjo, lui succède.

Postérité

L'aéroport international Murtala-Muhammed de Lagos porte son nom, et son portrait figure sur le billet de 20 nairas.

Références

  1. ↑ (en) Max Siollun, Oil, Politics and Violence: Nigeria's Military Coup Culture (1966-1976), (lire en ligne), p. 161
  2. 1 2 3 (en) « Murtala Muhammed: The Corruption Fighter », sur The Guardian Nigeria, (consulté le )
  3. 1 2 (en) Max Siollun, Oil, Politics and Violence : Nigeria's Military Coup Culture (1966-1976), Algora Publishing,
  4. ↑ (en) S. Elizabeth Bird et Fraser M. Ottanelli, The Asaba Massacre : Trauma, Memory, and the Nigerian Civil War, Cambridge University Press,
  5. 1 2 3 (en) « Murtala Ramat Mohammed », sur Encyclopædia Britannica (consulté le )
  6. 1 2 (en) « Remembering Late Head of State General Murtala Muhammed », sur Radio Nigeria, (consulté le )
  7. ↑ (en) « Africa Has Come Of Age », sur Dawodu.com (consulté le )
  8. ↑ (en) « Reclaiming Murtala's Voice: Nigeria, Palestine, and the Fight for International Law », sur ThisDay, (consulté le )
  9. ↑ Jean-Philippe Rémy, « Les fantômes des présidents africains assassinés », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  10. ↑ (en) Moruff Adenekan, « Murtala Muhammed: Tribute To The Man Whose Face Adorns The Twenty Naira Note » [archive du ], sur TheNet.ng, (consulté le )

Liens externes