| Spécialité | Cardiologie |
|---|
| CIM-10 | I09.0, I51.4 |
|---|---|
| CIM-9 | 391.2, 422, 429.0 |
| DiseasesDB | 8716 |
| MedlinePlus | 000149 |
| eMedicine |
156330 emerg/326 |
| MeSH | D009205 |
| Patient UK | Myocarditis-pro |
La myocardite est une atteinte inflammatoire du myocarde de causes variées, dans laquelle les artères coronaires sont saines, contrairement à une cause ischémique.
La maladie peut être asymptomatique jusqu'à son terme, qu'elle évolue spontanément vers une issue favorable (guérison) ou non (risque de mort subite). Lorsqu'elle est symptomatique, elle peut se manifester de diverses manières :
Si elle est grave, la détérioration du fonctionnement cardiaque peut être à l'origine d'une mort subite causée par des troubles du rythme cardiaque ou d'une insuffisance cardiaque.
On parle de myocardite aiguë face à une insuffisance cardiaque récente, sans maladie coronarienne ni valvulaire évolutive.
La myocardite est dite fulminante si les premiers signes cliniques apparaissent très vite (en quelques jours) après une crise pseudo-grippale (souvent alors induite par un virus à tropisme cardiaque comme le parvovirus B19, le virus herpès de type 6, les virus Coxsackies, et les adénovirus). Le risque d'une dégradation de la santé avec défaillances viscérales, voire arrêt cardiaque, implique une prise en charge dans un établissement disposant d’assistance cardiaque.
Des formes plus progressives et subaiguës demandent un traitement conventionnel pour insuffisance cardiaque et parfois immunosuppresseur ou immunomodulateur (selon l'étiologie de la myocardite).
La preuve de l'origine virale est le plus souvent donnée par les sérologies (dosage des anticorps anti-viraux) qui montrent une augmentation du taux des anticorps sur deux examens séparés de quelques semaines. Cette preuve n'est cependant pas nécessaire dans la plupart des cas.
La recherche d'auto anticorps anti-muscle cardiaque est possible mais son intérêt dans la prise en charge n'est pas clairement établi.
Les anomalies ne sont pas spécifiques et peuvent être complètement absentes. On retrouve parfois des troubles de la repolarisation cardiaque avec une onde T négative dans plusieurs dérivations et des anomalies du segment ST.
Dans les formes plus graves, la fonction systolique est altérée avec une diminution globale et homogène de la contraction du ventricule gauche, quantifiée par la fraction d'éjection (diminuée dans ce cas). On parle alors d'hypokinésie globale. Cette diminution peut également ne concerner qu'une partie du ventricule gauche (hypokinésie segmentaire), pouvant faire faussement croire à un infarctus du myocarde.
L'infarctus du myocarde pouvant se présenter comme une myocardite, une coronarographie doit être faite en cas de doute diagnostique. Cet examen se révèlera alors normal en présence d'une myocardite isolée (sans coronaropathie associée). La coronarographie présente toutefois l'inconvénient d'être un examen invasif (impliquant de « monter » vers le cœur un cathéter via l'artère radiale ou fémorale), examen non exempt de complications pouvant dans certains cas être graves ou même très graves.
Une alternative possible à la coronarographie est la réalisation d'un coroscanner, examen non invasif (mise à part une simple injection intraveineuse) qui donnera des informations sur une éventuelle anomalie coronarienne. En l'absence de suspicion de facteurs de risque coronarien (sujet jeune, à cholestérol normal, non fumeur, physiquement actif...) le coroscanner peut remplacer la coronarographie.
Elle permet de détecter les phénomènes inflammatoires locaux mais n'est pas très spécifique. La scintigraphie aux anticorps anti-myosine marqués est assez sensible mais la technique est de réalisation difficile.
Elle se fait habituellement vers la guérison sans séquelle, même en cas d'anomalies de la contraction notées initialement qui peuvent régresser complètement.
Dans de rares cas, elle peut se compliquer d'un tableau d'insuffisance cardiaque pouvant être gravissime (« myocardite fulminante ») et pouvant nécessiter parfois une assistance ventriculaire, voire une transplantation cardiaque. Si le patient survit au cap aigu, il guérit dans la plupart des cas sans séquelle. Les formes intermédiaires (« myocardite subaigue ») peuvent, par contre, évoluer vers la constitution d'une cardiomyopathie de type dilatée avec un tableau d'insuffisance cardiaque chronique.
Les troubles du rythme ventriculaire ont un mauvais pronostic.
Dans un premier temps, dans le cas d'une myocardite virale, le virus provoque une destruction cellulaire. La réaction immunologique permet de stopper la progression virale, mais, parfois, elle s'attaque également aux cellules cardiaques, dont certains antigènes sont proches de ceux du virus en cause, aggravant ainsi le tableau initial. La présence d'auto-anticorps pourrait ainsi jouer un rôle dans l'évolution vers une cardiomyopathie de type dilatée.
Son incidence est difficile à déterminer, la plupart des formes étant asymptomatiques (le patient ne se plaint de rien). Une étude autopsique de morts subites chez des personnes jeunes montre qu'une myocardite est présente dans un cas sur dix.
La prise en charge des myocardites a fait l'objet, en 2025 de recommandations par l'European Society of Cardiology.