Na'hem (ou Ra'hem selon certaines versions) est le nom d'une prière juive spécifique de Tisha BeAv. Il en existe différentes versions selon le noussa'h
Na'hem se récite lors de la prière de la 'Amida, à la suite de la berakha où l'on demande la reconstruction du Temple, dans la plupart des noussa'him. Le rite yéménite remplace quant à lui la berakha ordinaire par Na'hem. Aucun rite ne récite Na'hem en dehors de Tisha BeAv, y compris lors de jeûnes commémorant la destruction des Temples.
Les communautés ashkénazes, sépharades d'Afrique du Nord, de l'Europe de l'Ouest (à l'exception d'Amsterdam), de Géorgie, de Turquie et des Balkans n'intercalent la prière de Na'hem que lors de l'office de Min'ha (prière de l'après-midi). La raison de cette coutume est que la prière Na'hem, une prière de consolation, comporte une espérance en la gueoula (délivrance) qu'il convient de n'exprimer qu'en fin de jeûne et non auparavant.
Certains ont pour coutume de réciter la prière de Na'hem lors des trois prières de Tisha BeAv (c'est-à-dire lors de l'Arvit, prière de la veille, de la Sha'harit, prière de matin, et de la Min'ha, prière de l'après-midi). C'est le cas des Sépharades de l'ancien Yichouv, de la communauté portugaise d'Amsterdam des Juifs d'Égypte, du Yémen et d'Italie. Cette attitude trouve sa justification dans le fait que la source de Na'hem, le Talmud de Jérusalem (Berakhot 4:3) dit qu'il faut l'ajouter dans la liturgie de Tisha BeAv sans préciser lors de quelle prière.
Les Italkim (Juifs d'Italie), respectant ces deux coutumes, intercalent la prière lors des trois offices, mais ne l'intitulent "Na'hem" (consolation) qu'à la Min'ha, et "Ra'hem" (miséricorde, pitié) lors des deux offices précédents.