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| Nom de naissance |
Nancy Grace Roman |
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Swarthmore College (baccalauréat ès arts) (jusqu'à ) Université de Chicago (docteur en philosophie) ( - |
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| Père |
Irwin Roman (d) |
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| Directeur de thèse | |
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Federal Woman's Award (en) () NASA Exceptional Scientific Achievement Medal () Maryland Women's Hall of Fame (en) () |
Nancy Grace Roman est une astronome américaine, née le à Nashville (Tennessee) et morte le à Germantown (Maryland). C'est l’une des premières femmes cadres à la NASA et reconnue comme la « mère de Hubble » (le télescope spatial). Tout au long de sa carrière, Nancy Roman a été une conférencière et une enseignante très active qui a toujours défendu la place des femmes dans les sciences.
Nancy Roman est la fille d'une professeur de musique Georgia Smith Roman et d'un géophysicien Irwin Roman. Elle considère ses parents comme ayant eu une grande influence dans son intérêt pour la science. Dès l’âge de 11 ans, elle manifeste un intérêt pour l’astronomie en créant un club d’astronomie. Avec ses camarades de classe, elle apprend les constellations à partir de livres lors de rencontres hebdomadaires . Bien que découragée par son entourage, elle sait depuis ses études secondaires qu’elle veut poursuivre sa passion pour l’astronomie. Elle fréquente le Western High School (en) à Baltimore dans un programme accéléré d’où elle sortira diplômée en trois ans.
Elle obtient son Bachelor of Arts au Swarthmore College en 1946. Durant ses études, elle travaille au Sproul Observatory (en). Elle obtient par la suite un doctorat en astronomie à l'université de Chicago en 1949. Elle continue de travailler pendant six ans pour l'Observatoire Yerkes, voyageant à l’occasion au McDonald Observatory (Texas) pour travailler en tant que chercheuse associée avec W. W. Morgan. Comme la position de chercheur n’est pas un poste permanent, elle devient enseignante puis professeure assistante. A cette époque elle doit faire face souvent à des tentatives de découragement de la part de ses parents, de ses condisciples, de ses enseignants et de ses collègues de travail. Elle quittera finalement cet emploi compte tenu des difficultés pour une femme d’obtenir un poste de chercheuse à l'époque et entre dans la fonction publique au Laboratoire de recherche de la marine américaine.
Ses recherches à l'Observatoire Yerkes de l’université de Chicago portent à l'époque sur la structure des galaxies et les mouvements stellaires. En observant l’étoile AG Draconis (en) elle découvre que son spectre d’émission a changé de manière significative depuis les dernières observations de cette étoile. Elle attribuera plus tard cette découverte au fruit du hasard, découverte qui contribua de façon importante à la progression de sa carrière en astrophysique.
Après avoir quitté l’université de Chicago, elle rejoint le programme de radioastronomie du Laboratoire de recherche de la marine américaine (NRL) situé à Washington. La radio-astronomie est à l'époque une science récente et le NRL est le centre de recherche le plus avancé dans ce domaine. Le travail de Roman au NRL porte sur la radio-astronomie, la spectroscopie micro-onde et la géodésie. Elle devient responsable de la section en charge de la spectroscopie micro-onde au sein du département de radio-astronomie.
En 1956, alors qu'elle occupe son poste au NRL depuis moins d'un an, elle reçoit une invitation pour participer à l'inauguration d'un observatoire en Arménie en tant qu'invité de l'Académie des Sciences de l'Union soviétique. Elle avait été choisie pour remplacer une personne qui avait décliné l'invitation. Le directeur du nouvel observatoire avait été impressionné par un article de deux pages que Roman avait publié en 1947. Elle décide de participer malgré les obstacles liés au contexte et à son poste : on était en pleine guerre froide et elle travaillait pour la marine de guerre américaine en ayant une habilitation au secret défense. L'obtention de l'autorisation de la part de son employeur se révéla un véritable parcours du combattant et ce fut le Secrétaire de la Marine qui donna son accord final. A l'issue de ce marathon, Roman était connu dans tout le laboratoire. La ténacité de Roman avait été récompensée. Sa capacité à surmonter l'opposition des sceptiques lui serait utile dans la suite de sa carrière.
La NASA est créée en octobre 1958 et reprend le personnel et les travaux de certains services du laboratoire NRL dont Roman ne fait pas partie. Quelques mois plus tard, lors d’une conférence donnée par Harold Urey, Nancy Roman est approchée par Jack Clark qui lui demande si elle connaît quelqu’un d'intéressé par la création d'un programme d’astronomie spatiale à la NASA. Séduite à l'idée de créer un programme susceptible d'influencer le domaine de l'astronomie pour les décennies à venir elle interprète cette demande comme une invitation à postuler elle-même et elle est sélectionnée pour occuper ce poste en février 1959,. Elle entre à la NASA en 1959. Durant les premiers mois sa fonction se limite uniquement à l'astronomie dans le visible et l'ultraviolet. A l'époque la NASA consacre peu de ressources à l'astronomie. Fin 1959, le responsable du département d'astronomie de l'Office of Space Science (Bureau des sciences spatiales) quitte la NASA et Roman prend son poste qu'elle occupera jusqu'à son départ à la retraite en 1979. Au début elle est seule à assurer l'ensemble des taches. Au fur et à mesure de la croissance du programme d'astronomie de la NASA, des bureaux distincts seront créés pour les différents domaines de l'astronomie (Gamma, X, ultraviolet, visible, infrarouge). Roman devient la première femme à occuper un poste de direction à la NASA. A l'époque les femmes sont rares dans les professions scientifiques et encore plus rares dans les postes de responsabilité. Pour franchir l'obstacle des secrétariats elle doit s'annoncer en tant que "docteur Roman" (titulaire d'un doctorat). Une partie de son travail consiste à voyager à travers le pays et à présenter le programme en développement aux différents départements d’astronomie. À cette occasion, elle écoute les demandes des astronomes et les informe des avantages de l’observation à partir de l’espace. De 1961 à 1963, elle dirige le département d’astronomie et de physique solaire à la NASA. Elle occupe différentes positions à la NASA, incluant directrice du département d’astronomie et de relativité.

Au cours de ses années passées à la NASA, Nancy Roman développe de nombreux programmes et organise la participation scientifique à ceux-ci. Elle est impliquée dans le lancement de trois Orbiting Solar Observatories ainsi que de trois Small Astronomical Satellites, observant en ultraviolet et en rayons X. Elle supervise également le lancement d’autres Orbiting Astronomical Observatories qui observent dans le visible et dans l'ultraviolet et travaille en collaboration avec Dixon Ashworth. De plus, elle travaille sur quatre satellites géodésiques, ainsi que sur plusieurs programmes (Astronomy Rocket Program, High Energy Astronomy Observatories, le “Scout Probe” permettant de mesurer le décalage vers le rouge gravitationnel) et sur des expériences sur Spacelab, Gemini, Apollo et Skylab.
Le dernier programme qu’elle met en place et dans lequel elle est très impliquée est le télescope spatial Hubble, mis en service en 1990. C’est grâce à son implication dans la mise en place de la structure de ce programme qu’elle est reconnue comme la « Mère de Hubble ».
Après vingt-et-un ans de travail pour la NASA, elle continue jusqu’en 1997 son travail pour les entrepreneurs supportant le Goddard Space Flight Center. Nancy Roman est également consultante pour ORI, Inc. de 1980 à 1988.
Tout au long de sa carrière, Nancy Roman est confrontée aux problèmes liés à la place des femmes en sciences. Malgré le fait que son entourage la décourage de poursuivre une carrière en astronomie, elle sera l’une des rares femmes à la NASA au milieu du XXe siècle (avec Katherine Johnson, femme et afro-américaine) et sera la seule femme à exercer des responsabilités de direction.
Nancy Roman reçoit de nombreuses récompenses tout au long de sa carrière.