Natural Semantic Metalanguage

Le Métalangage Sémantique Naturel (Natural Semantic Metalanguage ou NSM) est une approche sémantique basée sur la réduction des concepts à des mots clés ou sèmes premiers (en anglais : primes, ou semantic primitives) afin d'analyser les concepts complexes ou même les scénarios. Ces sèmes premiers sont supposés être des concepts irréductibles ou atomiques. Cette façon de voir plonge ses racines dans le XVIIIe siècle avec les travaux de Descartes et Leibniz.

Le NSM est une façon de décrire les mots et concepts d'une langue naturelle avec le moins de vocabulaire possible, comme dans un glossaire résolument simplifié.

Vue d'ensemble

Les mots d'un langage humain sont analysables par une suite de primitives NSM, comme dans les exemples ci-dessous :

Plante : choses vivantes / ces choses ne ressentent rien / ces choses ne peuvent rien faire
Ciel : quelque chose de très grand / les gens peuvent le voir / les gens peuvent penser cela à propos de cette chose : « c'est un endroit / il est au-dessus de tous les autres endroits / c'est loin des personnes »
Triste : X ressent quelque chose / parfois quelqu'un pense quelque chose comme cela : « quelque chose de mal est arrivé / si je ne savais pas que c'est arrivé je dirais : "je ne veux pas que cela arrive" / je ne le dis pas maintenant parce que je sais : "je ne peux rien faire" » / à cause de cela, quelqu'un ressent quelque chose de mauvais / X ressent quelque chose comme cela
Fâché : je crois que quelqu'un a fait quelque chose de mauvais / je ne veux pas que quelqu'un fasse des choses comme cela / je veux faire quelque chose à cause de cela

Historique

Anna Wierzbicka a créé la théorie du NSM au début des années 1970. Elle a commencé avec seulement 14 primitives. En 2002, le NSM était passé à 61 primitives sémantiques. En 2014, Anna Wierzbicka et Cliff Goddard (en) ont augmenté le nombre de primitives à 65.

D'autres linguistes ont participé à l'élaboration de cette théorie, comme Cliff Goddard (en), Felix Ameka, Hilary Chappell, David Wilkins et Nick Enfield. Le métalangage NSM est utilisé dans l'analyse des cultures et des mentalités qui leur sont liées.

Les sèmes premiers

En 2002, la liste de termes en français (non définitive) est ainsi constituée pour Peeters :

Substantifs
moi, toi, quelqu’un, les gens (on), quelque chose, corps
Prédicats mentaux
penser, savoir, vouloir, ressentir, voir, entendre
Discours
dire, parole, vrai
Actions, événements, mouvement
faire, arriver, bouger
Existence et possession
il y a, avoir
Vie et mort
vivre, mourir
Temps
quand, maintenant, avant, après, longtemps, peu de temps, quelque temps
Espace
où, ici, au-dessus, sous, près, loin, côté, dans
Intensificateur, augmentateur
très, plus
Quantificateurs
un, deux, quelques, beaucoup, tous
Évaluateurs
bon, mauvais
Descripteurs
grand, petit
Taxinomie, partonomie
espèce de, partie de
Similarité
comme
Déterminants
cela, le même, autre

Ces premiers ont été testés dans différentes langues assez représentatives de la diversité des langues existantes. On peut donc supposer qu'ils sont universels. Les 9 langues tests sont : Polonais, Chinois, Malaisien, Laotien, Espagnol, Coréen, Mbula (Austronésien), Cree (algonquin), Yankunytjatjara (Aborigène)[réf. souhaitée].

Notes et références

  1. ↑ Wierzbicka 1972.
  2. ↑ Cliff Goddard et Anna Wierzbicka, Words and Meanings: Lexical Semantics across Domains, Languages and Cultures, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 9780199668434).
  3. ↑ Peeters, B., 2002, « “La métalangue sémantique naturelle” au service de l’étude du transculturel », Travaux de linguistique, 45, pp. 83-101. Cité par Arkadiusz Koselak, « La sémantique naturelle d’Anna Wierzbicka et les enjeux interculturels », Questions de communication [En ligne], 4 | 2003, mis en ligne le 16 mai 2012, consulté le 04 mai 2019. URL : https://journals.openedition.org/questionsdecommunication/4611 ; DOI : 10.4000/questionsdecommunication.4611.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Liens