Necton

Tortue nageant au dessus de la grande barrière de corail.

Le necton, du grec ancien νήχω / nḗkhō, «nager » (par opposition au plancton) est un ensemble d'organismes marins dont la capacité de nage est telle qu'ils peuvent se déplacer contre les courants (poissons, quelques crustacés, les céphalopodes, et les mammifères marins). On parle d'animaux vagiles, ce groupe s'oppose au plancton dont les animaux sont sessiles. Le micronecton est un exemple de necton. Les nectons ont généralement de puissantes queues ou appendices (par exemple des nageoires, des pléopodes, des palettes natatoires ou une propulsion à jet) qui en font des nageurs suffisamment forts pour contrer les courants océaniques, ainsi que des mécanismes permettant une portance et/ou une flottabilité empêchant de couler. Parmi les nectons existants, on peut citer la plupart des poissons (en particulier les poissons pélagiques comme le thon et les requins), les mammifères marins (cétacés, siréniens et pinnipèdes) et les reptiles (en particulier les tortues de mer), les pingouins, les céphalopodes coléoides (calmars et seiches) et plusieurs espèces de crustacés décapodes (en particulier les crevettes ou le krill).

Ce terme a été proposé par le biologiste allemand Ernst Haeckel en 1891 afin d'établir une différence entre les nageurs actifs dans une étendue d'eau et les planctons qui sont transportés passivement le long du courant. Pour les différencier, les nectons ont un nombre de Reynolds élevé (supérieur à 1000), et les organismes planctoniques en ont un faible (inférieur à 10). Certains organismes débutent leur cycle de vie en tant qu'œufs et larves planctoniques (en) puis transitionnent vers des juvéniles et des adultes nectoniques plus tard dans leur vie, rendant parfois cette distinction difficile lorsque l'on essaye de classifier certaines espèces plancton-vers-necton dans l'une ou l'autre des catégories. C'est pourquoi les biologistes évitent d'utiliser ce terme.

Histoire

Le necton (organismes qui peuvent nager contre le courant) peuvent être différentiés du plancton (organismes qui dérivent avec le courant), du neuston (organismes vivant à la surface de l'océan) et du benthos (organismes vivant sur le plancher océeanique)

Ce terme a été proposé et utilisé pour la première fois par le biologiste allemand Haeckel en 1891 dans son article Plankton-Studien dans lequel il l'a opposé au plancton, un agrégat d'organismes flottant, dérivants ou peu mobiles présents dans une étendue d'eau, principalement des petites algues et des bactéries, des petits œufs, des larves d'organismes marins et des protozoaïres. Ce terme est aujourd'hui parfois considéré comme obsolète car il ne permet souvent pas de créer une distinction significative et quantifiable entre ces deux groupes.

La colonisation des colonnes d'eau est cruciale et importante pour l'évolution des animaux marins. Au cours de la révolution dévonienne du necton, plus connue sous le nom d'« ère des poissons », plus de 85% des nectons étaient présents de manière abondante pendant la période carbonifère qui s'est déroulée au cours de l'ère paléozoïque. Certains biologistes ont arrêté de l'utiliser,.

Définition

À titre indicatif, les nectons sont plus gros et tendent à nager à de grands nombres de Reynolds (>103 et jusqu'à 109), où les ondes inertielles règnent et où les tourbillons de turbulences sont facilement déchirés. Par opposition, le plancton est très petit et dans les cas où ils nagent activement, ils le font à de très petits nombres de Reynolds (0.001 à 10), où l'eau se comporte de façon visqueuse et les flots réversibles règnent. Certains organismes tels que les méduses sont considérés comme du plancton quand ils sont suffisamment petits pour nager à de faibles nombres de Reynold, et considérés comme du necton quand ils grossissent assez pour nager dans de grands nombres de Reynolds. Beaucoup d'animaux utilisés comme des exemples classiques de necton (par ex poissons et calamars) commencent leur vie comme de petits œufs et larves planctoniques et ensuite, selon certains, transitionnent graduellement vers du necton lors de leur croissance et gain de force.

En 1977, l'ichtyologue soviétique Yuriy Aleyev (1926-1991) a classé les nectons dans quatre catégories écomorphologiques natatoires plus poussées, :

Des publications plus tardives tels que Klugs et al. (2010) et Whalen & Briggs (2018) ont aussi accepté la terminologie d'Aleyev. Cependant, le dernier article de Yale a défini les nectons (référencés comme étant des « taxons nectiques » comme ayant en raison de leurs morphologies comprimées latéralement et effilées, et a donc rebaptisé le benthonecton « eudemersus » et l’a reclassé parmi les taxons démersaux plutôt que parmi les nectons, en raison de leurs morphologies généralement aplaties de manière dorso-ventrale, tout en ajoutant le nektoxeron (organismes principalement terrestres mais semi-aquatiques nageant régulièrement, qui possèdent d’importantes spécialisations aquatiques, par exemple les grenouilles, les crocodiliens, les oiseaux aquatiques, les loutres, la plupart des insectes aquatiques, etc.) en remplacement.

Necton océanique

Le necton océanique comprend principalement des animaux aquatiques venant de trois clades :

Ce sont des organismes dont les premiers stades de vies sont identifiés comme planctoniques mais qui deviennent nectoniques lorsqu'ils grandissent et gagnent en taille. Des exemples classiques sont les poissons juvéniles, les calmars ainsi que les méduses qui peuvent se propulser activement bien que ce soit généralement peu efficace contre de forts courants.

Notes et références

  1. ↑ « Necton », sur Futura (consulté le ).
  2. ↑ Yu. G. Aleyev, Nekton, (ISBN 978-94-010-1326-0, DOI 10.1007/978-94-010-1324-6)
  3. ↑ Haeckel, E. 1891. Plankton-Studien. Jenaische Zeitschrift für Naturwissenschaft 25 / (Neue Folge) 18: 232–336. BHL.
  4. ↑ (en) Yu. G. Aleyev, « Ecomorphological Classification of Nekton », dans Nekton, Springer Netherlands, , 21–23 p. (ISBN 978-94-010-1326-0, DOI 10.1007/978-94-010-1324-6_2, lire en ligne)
  5. 1 2 3 Christopher D. Whalen et Derek E. G. Briggs, « The Palaeozoic colonization of the water column and the rise of global nekton », Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, vol. 285, no 1883,‎ , p. 20180883 (ISSN 0962-8452 et 1471-2954, DOI 10.1098/rspb.2018.0883, lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ (en) Christian Klug, Björn Kröger, Wolfgang Kiessling et Gary L. Mullins, « The Devonian nekton revolution », Lethaia, vol. 43, no 4,‎ , p. 465–477 (ISSN 0024-1164 et 1502-3931, DOI 10.1111/j.1502-3931.2009.00206.x, lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ (en) Christopher D. Whalen et Derek E. G. Briggs, « The Palaeozoic colonization of the water column and the rise of global nekton », Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, vol. 285, no 1883,‎ , p. 20180883 (ISSN 0962-8452 et 1471-2954, PMID 30051837, PMCID 6083262, DOI 10.1098/rspb.2018.0883, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes