Nicola L.

Nicola L
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Nicole Jeannine Suzanne Leuthe
Nationalité
Formation
Activités

Nicola L, pseudonyme de Nicole Leuthe, née à Mazagan (protectorat français au Maroc) en 1932 ou 1937 et morte à Los Angeles le , est une artiste peintre, sculptrice, cinéaste et féministe française.

Elle est reconnue pour ses réalisations artistiques autour du corps humain, conçues notamment au sein du Chelsea Hotel pendant plus de 35 ans.

Biographie

Nicole Jeannine Suzanne Leuthe est née au Maroc en 1932 ou 1937,,. Elle est fille de Suzanne Leuthe et Jean Leuthe, un officier de cavalerie de l'Armée française. Dès son jeune âge, Nicole apprend le français et l'arabe et participe à des activités artistiques.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, son père est posté en Allemagne. À la fin du conflit, la famille rentre en Europe.

En 1954, Nicola Leuthe s'inscrit à l’académie Julian et à l’École des beaux-arts de Paris, ou elle devient Nicola L.,,. Dans les années 1960, Nicola L. vit entre Ibiza et Paris. Elle est proche des nouveaux réalistes et d’artistes et rencontre Pierre Restany, Erró, Marta Minujín et l'artiste argentin Alberto Greco (es). Dans cette période, elle rencontre aussi le galeriste Fred Lanzenberg, qu'elle épouse en 1956. Ils divorcent en 1982.

Elle abandonne la peinture en 1964. Elle réalise la série Les Pénétrables, des toiles que le spectateur est invité à pénétrer par des orifices moulés sur son propre corps.

En 1969, elle réalise l'objet : Je suis la dernière femme objet. Il s'agit d'une femme télévision faite de tiroir pour les seins, poupée gonflable pour le corps et télévision pour le ventre. Elle répète en boucle (et en anglais) « Je suis la dernière femme objet. Vous pouvez me toucher, ouvrir mes tiroirs seins et ventre, mais je suis la dernière femme-objet. Je répète : c'est la dernière fois »,.

En 1970, elle est incarcérée pendant six mois au Liban, période durant laquelle est dessine l'œuvre Histoire morale des hommes pieds et des femmes mains et de leur rencontre avec les femmes fesses et les hommes escargots.

En 1979, elle s’installe à New York à l'hôtel Chelsea,. Elle rencontre Robert Filliou, Emmett Williams et Carolee Schneemann. Elle adopte un univers ludique et coloré. Elle utilise le plastique et le vinyle pour ses sculptures. En 1981, elle réalise des documentaires sur l'activiste Abbie Hoffman et sur le groupe de punk-rock Bad Brains dans la salle de concerts CBGB. En 1997, elle participe à Vraiment, féminisme et art à Grenoble.

En 2015, une partie de son travail est présenté au musée Tate Modern de Londres, avec l'exposition « The World Goes Pop. Quelque temps après, une rétrospective de son œuvre est présentée au Sculpture Center de Long Island, à New York en 2017. Son œuvre reste peu connue en France. Ses œuvres sont marquées par l’art conceptuel. Le corps humain est un thème récurrent chez cette activiste féministe« Nicola L., artiste inclassable ».

Nicola L. meurt le à Los Angeles, où elle vivait depuis quelques mois,,.

Expositions

Performances

Filmographie

Distinctions

Notes et références

  1. 1 2 Philippe Dagen, « Mort de l’artiste Nicola L. », Le Monde, (consulté le )
  2. ↑ « Disparition de l’artiste et cinéaste Nicola L. - 7 janvier 2019 - lejournaldesarts.fr », sur Le Journal des arts (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 Philippe Dagen, « Au Musée d’art contemporain d’Anvers, Nicola L., voix précoce du féminisme, met à nu la réalité des corps », Le Monde,
  4. 1 2 3 4 5 6 7 (en-US) Roberta Smith, « Nicola L, Whose Feminist Art Had a Useful Side, Is Dead », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  5. 1 2 3 « A Rennes, le FRAC Bretagne dévoile les œuvres anatomiques de Nicola L., une « Chelsea Girl » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. 1 2 3 Bard, Christine (1965-....). et Chaperon, Sylvie (1961-....)., Dictionnaire des féministes : France, XVIIIe – XXIe siècle, Paris, puf, , 1700 p. (ISBN 978-2-13-078720-4 et 2130787207, OCLC 972902161, lire en ligne), p. 826
  7. ↑ Elisabeth Lebovici, « Nicola L. (1937-2019) », (consulté le )
  8. 1 2 3 Étienne Bernard, « Nicola L. Nommée au Prix d’honneur 2018 », sur AWARE Women artists / Femmes artistes, (consulté le )
  9. ↑ « "J'ai rencontré Nicola L, artiste résistante du Chelsea Hotel" », sur L'Express, (consulté le )
  10. ↑ Pedro Morais, « Décès de Nicola L., artiste féministe pionnière », Le Quotidien de l'art,
  11. ↑ (en-GB) Elsa Coustou, « Nicola L », sur Tate, (consulté le )

Annexes

Bibliographie

Liens externes