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Professeur de langues, professeur de français |
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Ludwika Jędrzejewicz Frédéric Chopin Isabelle Chopin (d) Emilia Chopin (en) |
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Nicolas Chopin, né le à Marainville-sur-Madon (actuel département des Vosges) et mort le à Varsovie, est surtout connu comme le père du compositeur Frédéric Chopin (1810-1849).
Issu d'une famille paysanne du duché de Lorraine (français depuis 1766), Nicolas Chopin émigre en Pologne (officiellement : République des Deux Nations) à l'âge de 16 ans. S'intégrant bien dans ce pays, malgré les vicissitudes historiques de la période, notamment les partages de 1793 et 1795, Nicolas Chopin connaît une certaine ascension sociale dans la bourgeoisie intellectuelle.
Après avoir participé à l'insurrection de Kosciuszko en 1794, il fait une carrière d'éducateur, d'abord comme précepteur, dans la famille de Marie Walewska, puis dans la famille Skarbek. Ayant épousé en 1806 une jeune Polonaise proche des Skarbek, il entre en 1810 comme professeur dans l'enseignement public du duché de Varsovie (1807-1815), puis du royaume de Pologne sous la tutelle de l'Empire russe (à partir de 1815), carrière achevée par son départ à la retraite en 1837.
Nicolas est le fils de François Chopin (1738-1814), charron et viticulteur, syndic de la paroisse de Marainville, située dans le duché de Lorraine et la généralité de Nancy, à environ 40 km au sud de Nancy et 40 km au nord-ouest d'Épinal.
Le duché de Lorraine, longtemps fief du Saint-Empire romain germanique, est devenu formellement français en 1766, à la mort du duc Stanislas Leszczynski (1677-1766), beau-père du roi de France Louis XV.
À partir de 1780, le seigneur de Marainville est un noble polonais, le comte Michel Pac, émigré en France (précisément à Strasbourg) depuis la défaite subie en 1772 en Pologne par la confédération de Bar face aux troupes russes. Michel Pac a placé comme intendant de la seigneurie de Marainville un autre Polonais, Adam Weydlich, marié à une Française de Strasbourg, Françoise Schelling. En tant que syndic, François Chopin est amené à fréquenter la famille Weydlich.
En 1787, Michel Pac ayant revendu la seigneurie, les Weydlich décident de rentrer en Pologne, en emmenant avec eux Nicolas Chopin, âgé de 16 ans.
Il occupe divers emplois de 1787 à 1795. Durant cette période, la République des Deux Nations subit son deuxième partage (1793) et en 1794, une partie de la noblesse se lance dans un soulèvement patriotique, l'insurrection de Kosciuszko.
Durant cet épisode, Nicolas Chopin fait partie de la Garde nationale de Varsovie, qui protège la capitale contre les troupes russes. La défaite de l'insurrection entraîne le troisième partage et la fin de l'État polono-lithuanien. Dans ce troisième partage, Varsovie et les territoires à l'ouest reviennent au royaume de Prusse, qui en fait la province de Prusse-Méridionale (les Polonais de cette province deviennent des sujets du roi de Prusse).
En 1795, Nicolas Chopin devient précepteur des enfants de la famille Łączyńska, parmi parmi lesquels se trouve Maria, future Marie Walewska.
En 1802, il entre au service de la comtesse Skarbek, séparée de son époux. Parmi ses élèves se trouve notamment Frédéric Skarbek (1792-1866), futur économiste et haut-fonctionnaire, qui rend hommage à Nicolas dans ses Mémoires et est toujours resté son ami. Durant ce séjour chez les Skarbek, il vit soit leur demeure de Varsovie, soit dans leur domaine rural de Zelazowa Wola, à 40 km à l'ouest de la capitale.

Le , Nicolas Chopin épouse Tekla Justyna Krzyżanowska (1782-1861), une familière de la comtesse Skarbek, aussi hébergée dans la famille.
Le couple aura quatre enfants :
En 1807, à la suite de la guerre de la Quatrième Coalition et des traités de Tilsit, Napoléon fait de la province de Prusse-Méridionale le duché de Varsovie, sous tutelle française, qui adopte en 1808 comme code civil le « code Napoléon du duché de Varsovie » (Kodeks Napoleona Ksienstwa Warszawskiego).
Nicolas reste auprès des Skarbek (désormais citoyens du duché de Varsovie) jusqu'à la rentrée 1810, quelques mois après la naissance de Frédéric. Nicolas devient alors répétiteur de français au lycée de Varsovie (Liceum Warszawskie). Il y devient ensuite professeur.
En 1815, le congrès de Vienne fait du duché de Varsovie (occupé par l'armée russe depuis la fin de 1812) le royaume de Pologne (dit « royaume du Congrès »), attribué au tsar, désormais aussi roi de Pologne. Ce royaume est doté d'un gouvernement, d'une diète (élue au suffrage censitaire) et d'une armée spécifiques)
À partir de 1820, Nicolas est professeur à l'école militaire d'application (Académie du corps des cadets de la noblesse[réf. nécessaire]).
Il part à la retraite en 1837.
Nicolas Chopin meurt de la tuberculose le , comme son fils cinq ans plus tard, et est inhumé au cimetière de Powązki de Varsovie.
La vie de Nicolas Chopin se déroule dans un cadre politique changeant : il arrive en 1787 dans une Pologne qui a subi un premier partage en 1772 ; elle en subit un second, puis un troisième en 1793 et 1795, cessant alors d'exister politiquement : de 1795 à 1807, Nicolas Chopin vit dans ce qui est la province prussienne de Prusse-Méridionale (chef-lieu : Varsovie). En 1807, Napoléon crée le duché de Varsovie, satellite de la France. En 1815, le duché est attribué par le congrès de Vienne au tsar Alexandre et devient le royaume de Pologne, doté d'une constitution relativement libérale. En 1832, après l'insurrection de 1830-1831, le tsar de Russie et roi de Pologne Nicolas 1er impose les Statuts organiques qui réduisent l'autonomie polonaise à peu de choses.
Après le départ de Frédéric en 1830 pour Vienne, puis son installation en France, en 1831, Nicolas et Justyna Chopin ne l'ont rencontré qu'une fois, en 1835, à Carlsbad, ville d'eau de Bohême (alors dans l'empire d'Autriche) ; ils ont ensuite passé quelques jours à Tetschen, chez le comte de Thun que Frédéric avait connu à Paris. Par ailleurs, ils ont toujours maintenu une correspondance active.
Le dossier des états de service établi au moment de sa demande d'admission à la retraite fait ensuite partie des archives du ministère de l'Éducation, qui sont emmenées à Saint-Pétersbourg lors de la dissolution des ministères du royaume de Pologne dans les années 1860, à la suite de l'insurrection de 1863-1864. Ces archives sont restituées à la Pologne au début des années 1920, après la paix de Riga ().
Le dossier de Nicolas Chopin est découvert et publié en 1925 par Stanislas Pereswiet-Soltan, dans son livre Lettres de Frédéric Chopin à Jean Bialoblocki. Pereswiet-Soltan en donne une version dactylographiée, reprise par Gabriel Ladaique dans sa thèse (avec une traduction).
Le document, établi en polonais, indique : « il est né à Marainville en France le ». Ce fait nouveau, venu à la connaissance d'Édouard Ganche, auteur d'une biographie de Chopin datant de 1913, lui permet de découvrir l'acte de baptême de Nicolas, qui date, en réalité, du .
Avant 1925, on savait que Nicolas Chopin était d'origine française (cf. Franz Liszt, Heinrich Heine), mais on pensait, surtout en Pologne, qu'il était originaire de Nancy. D'où un certain nombre de suppositions, par exemple :
En 1912, un érudit, André Lévy, démontre que Nicolas Chopin n'est pas originaire de Nancy, et en déduit que « ses origines lorraines sont un mythe ».
Malgré la publication de l'acte de baptême, on trouve encore en 1980, dans la principale encyclopédie musicale allemande (Die Musik in Geschichte und Gegenwart, appelée aussi la MGG) la formulation suivante : « Sein Vater Nikolaus, polnischer Abstammung » (son père Nicolas, d'ascendance polonaise). La version en ligne parle, à raison, de lui comme un immigrant lorrain : "lothringischen Emigranten Nicolas Chopin".
Gabriel Ladaique a mené des recherches généalogiques qui montrent que la famille paternelle de Frédéric Chopin est d'origine savoyarde, et s'est installée en Lorraine vers 1700 (à cette époque, du reste, ni la Savoie, ni la Lorraine, ne font partie du royaume de France). Une piste sérieuse fait remonter la filiation de Nicolas jusqu'à Saint-Crépin (Hautes Alpes), avec un arrière arrière grand-père François, qui a émigré vers la Lorraine à la charnière 17ème 18ème siècle, décédé à Xirocourt en 1714, à quelques km de Marainville. On peut voir encore quelques tombes portant le nom de Chapin dans le cimetière de Saint-Crépin où l'ancêtre Anthoine Chapin serait inhumé avant 1705.
Par ailleurs, toutes les biographies de Frédéric Chopin parlent plus ou moins longuement de Nicolas, notamment :