Nicolas Chorier

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Nicolas Chorier
Naissance
Vienne
Décès (à 79 ans)
Grenoble
Activité principale
Avocat et procureur du Roy
Auteur
Genres
histoire et érotisme

Nicolas Chorier ( à Vienne (Isère) - à Grenoble) est un avocat, écrivain et historien français.

Biographie

Après des études de droit civil à l'université de Valence, Nicolas en sort diplômé en 1640. Il se marie, deux ans plus tard à Lyon et s'installe comme avocat à Vienne de 1643 à 1659.

À la fin de l'année 1659, il s'installe à Grenoble comme avocat puis achète une charge de procureur du roi. Il mène une vie studieuse de juriste et d'historien, ce qui ne l'empêcha pas d'être accusé de concussion mais blanchi et acquitté en 1675.

Il meurt en 1692, « après certains ennuis non tous étrangers à ses ouvrages ».

Son activité littéraire

Il est connu surtout pour ses ouvrages historiques sur le Dauphiné, dont Histoire générale de Dauphiné, la première histoire du Dauphiné jamais publiée, ainsi que pour sept dialogues saphiques et érotiques intitulés L'Académie des dames, ou les Sept entretiens galants d'Alosia.

Historien du Dauphiné

Nicolas Chorier, considéré par certains comme le premier historien du Dauphiné, a écrit notamment Histoire générale de Dauphiné, premier ouvrage (en deux volumes) consacré à l'histoire de cette région.

L'Académie des dames

L'Académie des dames.
Édition latine parue à Leyde en 1757.

Ce livre apparut tout d'abord sous forme d'un manuscrit en latin sous le titre de Aloisiæ Sigeæ, Toletanæ, Satyra sotadica de arcanis amoris et Veneris, Aloisia hispanice scripsit, latinitate donavit Joannes Meursius V. C..

L'original en avait prétendument été écrit en espagnol par Aloysia ou Luisa Sigea, poétesse érudite et fille d'honneur à la cour de Lisbonne, puis traduit ensuite en latin par un certain Jean ou Joannes Meursius, humaniste hollandais. Son attribution à Sigea était une supercherie et le personnage de Meursius n'était qu'une pure invention. Cette Satire sotadique sur les arcanes de l'Amour et de Vénus circula au début du XVIIIe siècle dans les milieux libertins et connut plusieurs éditions en latin sous des titres différents. Il fut traduit plusieurs fois en français, notamment par Jean Terrasson en 1750, et de nombreuses fois en anglais.

L'Académie des dames se présente comme une série de dialogues entre Tullia, dame italienne de vingt-six ans, épouse de Callias, qui se charge de l'initiation sexuelle de sa jeune cousine, Ottavia, à qui elle déclare :

« Ta mère m'a demandé de te découvrir les secrets les plus mystérieux du lit nuptial et de t'apprendre ce que tu dois être avec ton mari, ce que ton mari sera aussi, touchant ces petites choses pour lesquelles s'enflamment si fort les hommes. Cette nuit, pour que je puisse t'endoctriner sur tout d'une langue plus libre, nous coucherons ensemble dans mon lit, dont je voudrais pouvoir dire qu'il aura été la plus douce lice de Vénus. »

Page de titre de l'édition princeps de Aloisiæ Sigeæ, Toletanæ, Satyra sotadica de arcanis amoris et Veneris, Aloisia hispanice scripsit, latinitate donavit Joannes Meursius V. C.

L'initiation se fera sous la forme de sept dialogues entre les deux cousines.

  1. L'Escarmouche ou préparation au mariage.
  2. Tribadicon qui initie aux plaisirs saphiques.
  3. Anatomie avec la découverte des mots, des instruments et de la mécanique de l'amour.
  4. Le duel qui narre les joies du coït.
  5. Voluptés avec la comparaison du mariage et du tribadisme.
  6. Façons et figures ou découverte de l'amour en groupe.
  7. Fescinini ou historiettes composé d'anecdotes et de récits sur l'art d'aimer.

L'élève dépasse le maître

Il se dégage de cet ouvrage, dont l'élégance du style impressionna Guillaume Apollinaire, une « philosophie sexuelle très clairvoyante et très pratique, émaillée de maximes d'une morale sage ».

André Berry, son biographe et préfacier, considère que Nicolas Chorier est supérieur à l'Arétin.

« C'est, en effet, cette philosophie, cette morale alors si audacieuses qui assurent à Chorier sur l'Arétin même dont il s'inspire jusqu'à être le pendant français, une supériorité indéniable. »

Ce lauréat du Grand prix de Poésie de l'Académie française explique que cet ouvrage contient « les pages voluptueuses les plus élégantes qui aient jamais été écrites, à côté des pages les plus plaisantes qui aient jamais fait voir en peinture la luxure comique ».

Œuvres

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Ouvrages historiques
Mémoires
Éditions modernes de l'Académie des dames

Notes

  1. ↑ L'expression est de son biographe André Berry.
  2. ↑ Ses ouvrages sur le Dauphiné restent encore aujourd'hui une source importante pour les historiens.
  3. ↑ De son vivant, Nicolas Chorier fut simplement soupçonné d'en être l'auteur ou l'éditeur. Aujourd'hui, depuis les travaux d'Alcide Bonneau, il est reconnu, sans conteste, être le véritable auteur de « l'œuvre mère, de l'œuvre maîtresse de l'érotisme classique » (André Berry).
  4. ↑ Description analytique du cartulaire du chapitre de Saint-Maurice de Vienne... ; et Chronique inédite des évêques de Valence et de Die / publiées par le chanoine Ulysse Chevalier,..., Valence, impr. de J. Céas et fils, , 88 p. (lire en ligne)
  5. ↑ Nicolas Chorier, Histoire générale du Dauphiné. vol. 1, Valence, Chenevier et Chavet, 1661-1672 (lire en ligne)
  6. ↑ Ces deux personnages imaginaires ont eu droit pourtant à une biographie. Louisa Sigea (1530-1560) est dite native de Tolède, tandis que Jean Meursius (1613-1653) serait natif de Leyde en Hollande.
  7. ↑ Leur modèle a été pris dans la bonne société dauphinoise ou lyonnaise, Nicolas Chorier n'ayant quitté les rives du Rhône ou de l'Isère que pour quelques rapides aller-retours à Paris.
  8. ↑ Ce dialogue est quelquefois répertorié sous le titre d'Amours.
  9. ↑ Introduction de B. de Villeneuve, op. cité.

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes