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Nicolas Perron est un médecin français, directeur du collège arabe-français à Alger, traducteur de l'arabe en français, né à Langres le et mort à Paris le .
Nicolas Perron est un médecin originaire de Langres. Il a soutenu sa thèse de médecine à la faculté de médecine de Paris le .
Il appartenait probablement au cercle buchézien, groupe politique prônant les idées de Philippe Buchez qui défend un socialisme chrétien. Il prononce un cours sur l'Égypte auprès des ouvriers du XIIe arrondissement à Paris entre février et avril 1832, publiée peu avant son départ pour Le Caire la même année. Dans ces leçons il exprime tentatives d’émancipation « populaire » en Égypte ancienne et leurs « diverses répressions ».
En 1825, Méhémet Ali ayant décidé la création d'un hôpital puis d'une école de médecine confiée à Clot bey, Ce dernier s'est rendu à Paris en 1833 pour recruter des professeurs. Visitant l'Imprimerie royale, on lui a nommé Nicolas Perron qui venait de faire la traduction d'un ouvrage arabe. Clot bey s'est alors rendu chez lui et lui a dit : « Monsieur, quand on sait l'arabe comme vous, votre place est en Égypte et non en France ». Nicolas Perron a accepté les propositions faites par Clot bey pour enseigner en Égypte.
Nicolas Perron, militant idéaliste, est recruté en tant que professeur de chimie et de physique à l’École de médecine d’Abouzabel qui est ensuite transférée à Qasr El Eyni, au Caire en 1836 où il est médecin dans l'hôpital. Cette école a ouvert ses portes en 1825 pour former des médecins civils et surtout des officiers de santé pour l’armée égyptienne. Il prendra la direction administrative de l’École en 1839, succédant au médecin Antoine Barthélémy Clot bey. Il est lié avec les saint-simoniens pendant leur séjour en Égypte. Xavier Marmier le présente en 1847 comme un des « missionnaires de la civilisation » : « chimiste distingué, travailleur infatigable » qui « se repose de l’enseignement qu’il est chargé de faire à l’École de médecine, en compulsant les manuscrits arabes, en recueillant de précieuses notions sur l’ancienne poésie et l’ancienne géographie arabes ». Peu avant Victor Schœlcher l'avait présenté comme un « orientaliste pratique » auquel on doit « l’introduction du langage et des nomenclatures chimiques et physiques dans l’idiome du pays, et ce n’était pas une petite difficulté que celle de traduire les termes techniques par des équivalents arabe… ».
Il rencontre en Égypte Fulgence Fresnel qui y était arrivé en 1831. Celui-ci ayant placé toute sa fortune dans une banque d'Alexandrie qui a fait faillite en 1835, il s'est trouvé sans ressource. Nicolas Perron, avec l'appui de Jules Mohl et ses ami en France, Fresnel a été nommé au consulat de Djeddah.
Nicolas Perron a traduit plusieurs ouvrages arabes en français. Le cheikh Mohammed el-Tounsi (« le Tunisien ») (1809-1857) a visité le Darfour et le Ouadây entre 1805 et 1813. Il séjourne huit ans dans le Darfour protégé par le sultan Mohammed IV al-Hussein (1839–1873) qui lui a permis de visiter cette région fermée aux Européens. Revenu au Caire où il est employé comme « Réviseur » en chef de l’école de médecine d’Abou-Zabel dont le médecin Nicolas Perron est le directeur. Ce dernier lui demande de faire le récit de ses voyages. Nicolas Perron a assuré la traduction de son Voyage au Darfour en 1845, et son Voyage au Ouadây (actuel Tchad) en 1851. Il a été le maître d'arabe de Nicolas Perron. Abbas Ier Hilmi, wali d'Égypte en 1848, s'oppose à la politique de modernisation de son grand-père et fait fermer les écoles. Il revient alors à Paris. Mohamed Saïd Pacha, francophone, devient wali d'Égypte à la mort d'Abbas. De nouvelles épidémies ayant apparu dans le Proche-Orient, le gouvernement français l'a nommé médecin sanitaire de France à Alexandrie pour surveiller leurs apparitions.
Il est membre de la Société asiatique de Paris et devient membre de son conseil en 1851, de la Société asiatique de Leipzig, membre correspondant de l'Institut égyptien.
Il termine sa carrière comme directeur du collège arabe-français d'Alger à sa fondation en 1857,. Il est inspecteur des études arabes-françaises en Algérie, membre de la Commission scientifique de l'Algérie. Deux à trois ans avant sa mort, ses forces ayant décliné, il a pris sa retraite à Fontenay-aux-Roses.
Il meurt à Paris le . Il est inhumé au cimetière du Montparnasse