Nicolas Verron

Cet article est une ébauche concernant le catholicisme et la Bretagne.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Nicolas Verron
Image illustrative de l’article Nicolas Verron
Nicolas-Marie Verron. Portrait conservé dans la famille Keraly de Mauduit et publié par Henri Fouqueray en 1926.
Bienheureux
Date de naissance
Lieu de naissance Quimperlé
Date de décès (à 51 ans)
Lieu de décès Paris
Ordre religieux Compagnie de Jésus (ancien membre)
Béatification 17 octobre 1926
par Pie XI
Vénéré par Église catholique


Nicolas-Marie Verron, né le 7 novembre 1740 à Quimperlé et mort le 3 septembre 1792 à la prison Saint-Firmin à Paris, est un prêtre catholique français, ancien jésuite, directeur spirituel de la communauté parisienne de Sainte-Aure et promoteur de l’Adoration perpétuelle du Sacré-Cœur. Victime des Massacres de Septembre, il est reconnu martyr et béatifié par le pape Pie XI en 1926 avec les autres martyrs de Septembre 1792.

Biographie

Origines et formation

Nicolas-Marie Verron naît à Quimperlé le 7 novembre 1740. Il est le fils d’Yves-René Verron, notaire et procureur du siège royal de Quimperlé, et de Marie-Françoise Le Goff.

Après des études littéraires et philosophiques, il entre au noviciat de la Compagnie de Jésus à Paris le 25 septembre 1757. À l’issue de sa formation initiale, il enseigne dans les classes de grammaire du collège Louis-le-Grand, l’un des principaux établissements dirigés par les jésuites dans le royaume de France.

Ses supérieurs le décrivent comme un homme d’un « très bon esprit », d’un « jugement solide » et d’une « prudence sérieuse ». Ils signalent également un tempérament porté à la mélancolie.

Suppression de la Compagnie de Jésus

Lorsque les parlements français entreprennent la suppression de la Compagnie de Jésus à partir de 1762, la carrière religieuse de Nicolas Verron est brutalement interrompue. Comme de nombreux anciens jésuites, il poursuit sa vie ecclésiastique hors du cadre de son ordre devenu interdit. Les années qui suivent sont mal connues. Les sources signalent sa présence dans les Pays-Bas autrichiens au milieu des années 1770. Devenu prêtre séculier, il conserve cependant une forte imprégnation de la spiritualité ignatienne qui marquera toute son œuvre ultérieure.

Sainte-Aure et l'Adoration perpétuelle

À la fin des années 1770, Nicolas Verron apparaît dans les sources relatives à la communauté de Sainte-Aure, située rue Neuve-Sainte-Geneviève à Paris. Fondée au XIXe siècle, cette maison d’éducation féminine avait été réorganisée en 1751 sous l’impulsion du dauphin Louis, fils de Louis XV, qui souhaitait y développer une œuvre consacrée à la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus.

Le 1er juillet 1779 est solennellement établie l’Adoration perpétuelle du Sacré-Cœur de Jésus. L’acte de consécration est prononcé par Nicolas Verron, alors confesseur de la communauté,.

À partir de cette date, il devient l’une des figures centrales de Sainte-Aure. Confesseur, prédicateur et directeur spirituel, il accompagne la communauté jusqu’à sa suppression pendant la Révolution française. Peu avant sa mort, l’abbé Joseph Grisel, supérieur de Sainte-Aure et principal artisan de sa réforme, lui confie explicitement la direction spirituelle des religieuses.

Écrivain spirituel

Nicolas Verron est l’auteur de plusieurs ouvrages destinés aux religieuses de Sainte-Aure et aux associés de l’Adoration perpétuelle. Parmi ses principales publications figurent :

Il compose également une série de méditations annuelles pour les anniversaires de l’Adoration perpétuelle du Sacré-Cœur. Ces textes constituent aujourd’hui l’une des principales sources permettant de connaître sa pensée spirituelle.

Selon André Derville, sa spiritualité se caractérise par l’importance accordée à l’adoration eucharistique, à la réparation, à la dévotion au Sacré-Cœur et à l’influence persistante de l’héritage ignatien après la suppression de la Compagnie de Jésus.

Révolution française

À la suite de l’adoption de la Constitution civile du clergé, Nicolas Verron refuse de prêter le serment exigé des ecclésiastiques. Il devient ainsi l’un des prêtres dits « réfractaires »,. Malgré la suppression progressive des communautés religieuses et la dispersion des religieuses de Sainte-Aure, il poursuit son ministère auprès d’elles et demeure dans la capitale. Dans ses dernières méditations, il évoque les inquiétudes suscitées par les bouleversements révolutionnaires et encourage les religieuses à persévérer dans leur vocation d’adoratrices du Sacré-Cœur.

Arrestation et mort

Le 18 août 1792, Nicolas Verron est arrêté à son domicile de la rue Neuve-Sainte-Geneviève. Il est conduit devant le comité civil de la section des Sans-Culottes puis emprisonné au séminaire Saint-Firmin, transformé en prison pour les ecclésiastiques réfractaires.

Le 3 septembre 1792, lors des Massacres de Septembre, il est mis à mort avec les autres prêtres détenus dans l’établissement. Son corps est enseveli dans une fosse commune, comme celui de nombreuses autres victimes des massacres.

Béatification

Au XIXe siècle, le souvenir de Nicolas Verron est conservé dans les milieux issus de Sainte-Aure ainsi qu’au sein de sa famille. Ses écrits continuent à circuler dans plusieurs communautés religieuses. La cause des victimes ecclésiastiques des massacres de Septembre est reprise à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Joseph Grente, Henri Fouqueray et plusieurs autres historiens et ecclésiastiques contribuent à l’établissement de la documentation historique relative aux martyrs. Le 1er octobre 1926, le pape Pie XI reconnaît officiellement leur martyre. Nicolas-Marie Verron est béatifié à Rome le 17 octobre 1926 avec cent quatre-vingt-dix autres victimes des massacres de Septembre. Sa mémoire liturgique est célébrée le 2 septembre avec celle des autres martyrs de Septembre.

Héritage

Les travaux d'Henri Fouqueray et d’André Derville ont mis en évidence l’importance de Nicolas Verron dans l’histoire de l’Adoration perpétuelle du Sacré-Cœur à Paris à la fin de l’Ancien Régime,. Au-delà de son martyre, il apparaît comme l’un des représentants de la spiritualité issue des anciens jésuites dans la France de la seconde moitié du XVIIIe siècle et comme l’un des principaux artisans du développement de l’Adoration perpétuelle à Sainte-Aure.

Bibliographie

Notes et références

  1. ↑ Fouqueray 1926, p. 98.
  2. 1 2 Joseph Grente, Les Martyrs de Septembre 1792 à Paris, Paris, Téqui, , p. 154.
  3. 1 2 Fouqueray 1926.
  4. ↑ Fouqueray 1926, p. 99-100.
  5. ↑ Fouqueray 1926, p. 101.
  6. ↑ Albert Bessières, L’hostie éducatrice : Madame Desfontaines (1760-1821), Paris, Beauchesne, , p. 16.
  7. ↑ Fouqueray 1926, p. 105.
  8. ↑ Bessières 1917, p. 13 et 85-91.
  9. ↑ Fouqueray 1926, p. 103.
  10. ↑ André Derville, « Nicolas Marie Verron (Bienheureux) », dans Dictionnaire de spiritualité, t. XI, Paris, Beauchesne, , col. 305.
  11. 1 2 Fouqueray 1926, p. 114.
  12. ↑ Bessières 1917, p. 28.
  13. ↑ Fouqueray 1926, p. 115.
  14. 1 2 Bernard Ardura, « Les Martyrs de Septembre », Association sacerdotale Lumen Gentium, no 127,‎ , p. 31.
  15. ↑ Fouqueray 1926, p. 102.
  16. ↑ Propre de Quimper et Léon. Messe. Sent Eskopti Kemper ha Leon. Overennou, Quimper, , 52-55, 134-136 (ISBN 978-2-9503309-1-8).
  17. ↑ Derville 1982, p. 114.
  18. ↑ Hervé Queinnec, « Nicolas‑Marie Verron (1740‑1792), de Quimperlé à Sainte‑Aure », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. CLIV,‎ .

Articles connexes