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Nora Philippe, née le à Paris, est une autrice, réalisatrice et productrice de cinéma française, également commissaire d'exposition et directrice d'organisme de formation.
Nora Philippe étudie les lettres modernes et la théorie de l’art à l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud. Elle est diplômée en histoire de l'art de l'université Paris-1 (master 2 recherche) et en cinéma de l'université Paris-Diderot (master 2 pro DEMC). Elle étudie également l'anthropologie visuelle à l’EHESS et la muséologie à l'École du Louvre.
En 2011, elle réalise le documentaire Les Ensortilèges de James Ensor,, puis collabore régulièrement à des films d'histoire de l'art, notamment le film Louvre-Lens, la galerie du temps de Michael Gaumnitz en 2012.
Réalisé en 2013, Pôle emploi, ne quittez pas !, long métrage documentaire, sort en salles le . De forme wisemanienne, le film a été tourné en immersion une année durant dans une agence de Pôle emploi à Livry-Gargan. Il reçoit un fort intérêt médiatique en France, et est récompensé d'une Étoile de la Scam. Nora Philippe publie en ligne un Carnet de tournée relatant la tournée du film dans les salles françaises. Une édition DVD suit, ainsi qu'un livre, Cher Pôle emploi, postfacé par Philippe Artières.
En 2018, commissaire de l'exposition « Black Dolls », à la Maison rouge, elle réalise conjointement l'essai documentaire Like Dolls, I'll Rise. Multi-primé en festivals, projeté dans une vingtaine de pays, le film tourné en langue anglaise retrace l'histoire des poupées noires, fabriquées artisanalement entre 1840 et 1940 environ par des femmes africaines-américaines. Ces poupées étaient destinées à leurs propres enfants, ou aux enfants blancs dont elles avaient la charge. L'exposition est accompagnée d'un colloque au musée du Quai Branly, d'un cycle de films au Centre Pompidou, et de la publication du catalogue Black Dolls, qu'elle dirige, et qui comporte un ensemble de textes inédits, notamment de Deborah Willis et de Patricia Williams. Dans le même temps, elle co-dirige avec Cloé Korman, l'ouvrage collectif Dans la peau d'une poupée noire, issu d'ateliers de création littéraire avec des élèves de quatrième du collège Jean-Pierre Timbaud à Bobigny. Les textes des élèves et les portraits réalisés par Géraldine Aresteanu sont exposés en 2018 à la bibliothèque Elsa-Triolet de Bobigny, en lien avec l'exposition « I am a Man », sur les luttes pour les droits civiques aux États-Unis.
Entre 2019 et 2021, Restituer ?, documentaire produit par Cinétévé et Arte, soutenu par la Fondation pour la mémoire de l'esclavage et l'Institute for Ideas and Imagination, tourné au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Bénin, en Suisse, en Allemagne et en France, est consacré à la question des restitutions des patrimoines africains par les États et les musées occidentaux, dans le sillage du rapport Savoy-Sarr. Le film (83 min) est composé d'archives, de séquences réelles, et d'entretiens avec Bénédicte Savoy, Felwine Sarr, Hamady Bocoum, Olabiyi Yaï, Yala Nadia Kisukidi, Kader Attia, Emmanuel Kasarhérou, Silvie Memel Kassi, Nanette Snoep, Vincent Négri, Aïssata Tall Sall, Larissa Förster. Il est projeté à l'Assemblée nationale, à l'Unesco, et dans des écoles, universités et musées aux États-Unis, en France, en Belgique, en Allemagne, au Sénégal, au Bénin, en Côte d'Ivoire, au Niger, au Cameroun, en Afrique du sud. Nora Philippe revient sur la réalisation du film dans un entretien avec Saskia Cousin et Anne Doquet donné aux Cahiers d'études africaines (« Retours de restitutions », 2023).
Entre 2015 et 2024, elle réalise un documentaire au long cours, intitulé Girls For Tomorrow, consacré à quatre jeunes femmes étudiantes de Barnard College (New York), féministes engagées, filmées depuis la fin du mandat d'Obama à la réélection de Trump, dans l'entrelacs de leurs vies intimes et politiques. Le film est diffusé en sur ARTE et la RTBF, ; il sort en salles en France le .
Nora Philippe produit des longs métrages documentaires pour le cinéma au sein de la société Les films de l'air, qu'elle a fondée en 2011, en particulier des films d'Emmanuel Gras, Aline Dalbis, João Pedro Plácido, Louise Narboni, Julie Desprairies. En 2012, elle produit Nous filmons le peuple ! d'Ania Szczepanska, avec, notamment, Andrzej Wajda, Marcel Łoziński, Krzysztof Zanussi, Krystyna Janda. Le film est présenté à Poznań, Varsovie, Rouen, Lima, Blois au Rendez-vous de l'histoire, à Pessac et à Paris dans le cadre du festival Kinopolska.
Elle produit le second long métrage d'Emmanuel Gras en co-réalisation avec Aline Dalbis, 300 Hommes (2015), sélectionné au Cinéma du réel et sorti en salles en , et coproduit Volta à terra de João Pedro Plácido (2016), sélectionné par l'ACID au festival de Cannes 2015.
Elle enseigne la réalisation et la production à Sciences-Po Paris, à l'École nationale supérieure des arts décoratifs (EnsAD), à l'École nationale supérieure d'arts de Paris-Cergy, et à Sciences-Po Lille.
Elle programme des cycles de films pour plusieurs universités américaines, en particulier l'université Columbia (New York) et Columbia Global Center (Paris), et travaille notamment sur les représentations au cinéma de la migration et des identités africaines-américaines, afrodescendantes en Europe ou minorités de genre. Elle a conçu les cycles Filming at the Border, Migrating to Europe (2016), Cinema of Resistance (2017), Blackness in French and Francophone Film, qui offre des rencontres avec Alice Diop, Souleymane Bachir Diagne, et la première new-yorkaise du film Ouvrir la voix d'Amandine Gay ; puis, à New York et à Paris, Voix Atlantiques (avec Maboula Soumahoro, 2018 et 2019), et Mauvais Genres en 2021, comprenant une rétrospective des films de Sébastien Lifshitz.
Dans la continuité de son engagement auprès des personnes exilées et de ses travaux sur l'histoire coloniale et post-coloniale, elle est la commissaire de l'exposition « Répare, Reprise (Tafkik) » produite par Portes ouvertes sur l'art à la Cité internationale des arts, et anime un cycle de rencontres avec les artistes Katia Kameli, Farah Khelil, Bady Dalloul, Majd Abdel Hamid, Sarah Ouhaddou, Maya Yammine.
Depuis , elle dirige EURODOC, organisme de formation et réseau de producteurs de documentaire soutenu par MEDIA Creative Europe et le CNC.
Elle siège régulièrement en tant qu'experte dans des commissions (Brouillon d'un rêve de la SCAM, Chicken and Egg Films, Caméra en Exil, Parcours d'Auteur et Cinéma du monde (CNC), Eurimages...) et au sein de jurys de festivals (IDFA, CPH:DOX, Ji.hlava, Saint-Louis Docs, RIDM, Thessaloniki Film Festival...).