| Nuits sonores | |
Logo des Nuits sonores | |
| Genre | musiques électroniques et indépendantes |
|---|---|
| Lieu | Lyon |
| Coordonnées | 45° 46′ 02″ nord, 4° 50′ 03″ est |
| Période | mai |
| Capacité | 138 000 |
| Date de création | 2003 |
| Structure-mère | association Arty Farty |
| Direction | Frédérique Joly |
| Site web | Nuits-Sonores.com |
| modifier |
|
Nuits sonores est un festival annuel de musique électronique et musiques indépendantes se déroulant sur cinq jours à Lyon en France. Il est organisé par l'association Arty Farty depuis 2003. Sa spécificité est d'investir des lieux représentatifs de la ville de Lyon, notamment rues, musées, friches industrielles, etc. La programmation est en général dévoilée en février et le festival a lieu au mois de mai, lors du pont de l'Ascension. Nuits sonores est membre du Réseau français des festivals de culture électronique et au réseau EuropaReise.
L'édition 2020, initialement prévue fin mai, puis reportée à fin juillet, est finalement annulée, pour cause de pandémie de maladie à coronavirus.

Nuits sonores est structuré autour de onze axes ayant pour objectif de mettre en valeur les différentes composantes des cultures électroniques et indépendantes :
Chaque année, près de 200 artistes viennent jouer à Nuits sonores, tous genres confondus : House, hip-hop, techno, rock, no wave, pop, folk, electronica, ambient, etc.
En 2013, une scène était confiée à Pedro Winter du label Ed Banger qui invitait notamment le rappeur américain Mos Def, dorénavant appelé Yasiin Bey
En 2014 le groupe allemand Kraftwerk a donné un concert le à l’ancien marché de gros
En 2015, la programmation d’une scène est confiée à Ben Klock qui invite Goldie et Peverelist. En 2016, ce sont Motor City Drum Ensemble, Laurent Garnier et Seth Troxler qui ont carte blanche. En 2017, les curateurs sont Nina Kraviz, Jon Hopkins et The Black Madonna. En 2018, les DJs ayant carte blanche sont Jennifer Cardini, Daniel Avery, Four Tet et Paula Temple. Bonobo, Peggy Gou, Maceo Plex et Lena Willikens sont les artistes choisis pour 2019.
| Année | Fréquentation | Progression |
|---|---|---|
| 2003 | 15 700 | - |
| 2004 | 30 000 | + 100 % |
| 2005 | 40 000 | + 20 % |
| 2006 | 47 600 | + 32 % |
| 2007 | 67 440 | + 5 % |
| 2008 | entre 54 740 et 55 000 | - 19 % |
| 2009 | 65 000 - 67 000 | + 19 % |
| 2010 | 81 000 | + 19 % |
| 2011 | 80 000, | 0,0 % |
| 2012 | 80 000 | + 2,5 % |
| 2013 | 103 000 | + 26 % |
| 2014 | 130 000 | + 26 % |
| 2015 | 129 055 | - 0,72 % |
| 2016 | 138 000 | + 7 % |
| 2017 | 140 000 | + 1,44 % |
| 2018 | 143 000 | + 2 % |
| 2019 | 131 000 | - 8 % |
| 2021 | 30 000 | - 77 % |
| 2022 | 60 000 | + 100 % |
| 2023 | 102 000 | +70 % |
| 2024 | 108 000 | + 5,8 % |
| 2025 | 100 000 | - 7,5 % |
| 2026 | 98 000 | - 2 % |
En 2007, il est de 1,2 million d'euros. Le festival est financé par 3 ressources principales : en premier lieu, le public qui représente 60% des revenus de l'association Arty Farty. Ensuite, des sociétés privées apportent des fonds pour 20% du budget annuel et enfin, les organismes publics financent le projet à 20%.
À partir de la sixième édition en 2008 dans les usines SLI de Vaise, le festival a investi des espaces de friches industrielles vouées à la rénovation urbaine à plus ou moins court terme - c'est-à-dire à leur destruction et à leur transformation au service de nouveaux usages. Le festival n'est donc pas associé à un lieu en particulier.
Le festival a également longtemps visé à déborder les lieux des nuits principales pour s'étendre dans toute la ville, à travers les Apéros sonores, les Extras ou encore le Circuit. Pour le sociologue Jean-Pierre Garnier, la manière dont l'espace public est investi par les Nuits sonores avec le concours actif des pouvoirs publics locaux relève d'une « scénographie ludique » artificielle, d'une « disneylandisation » du territoire urbain. La diffusion des événements dans la ville est néanmoins en recul depuis les dernières éditions. L'édition 2025 n'a par exemple pas proposé de Circuit, les jours se sont concentrés aux Grandes Locos et les nuits à la Sucrière,.
Les Nuits sonores s'inscrivent dans une démarche de marketing territorial, remarquable à Lyon à partir des années 1980 et 1990, et qui vise à renforcer l'image de marque de Lyon à l'échelle nationale et européenne. Le festival est en cela à rapprocher de la fête des Lumières ou encore des Nuits de Fourvière, autres évènements vigoureusement soutenus par les autorités municipales et métropolitaines : « En France, Lyon se distingue. Traditionnellement calme et bourgeoise, la capitale des Gaules fait preuve d’une étonnante vitalité de par une forte volonté politique de placer la ville sur la carte des métropoles mondiales : Fête des Lumières, Nuits sonores, Biennale sont devenus des événements qui hissent la ville à un niveau de notoriété supérieure. Par ailleurs, la vaste opération d’aménagement du quartier de Lyon Confluence a conforté l’attractivité touristique de la ville. »
Les Nuits sonores sont plus particulièrement associées à la Biennale d'art contemporain du fait de leur implantation dans le quartier de la Confluence, notamment à la Sucrière, ancien entrepôt réhabilité pour l'accueil d'évènement culturels.
La piste d'une synergie entre la gastronomie et le festival a été tentée en 2018 à travers la street food.
À l'émergence des Nuits sonores, la ville de Lyon n'était absolument pas connue pour sa scène musicale électronique. L'émergence du festival à Lyon est concomitante et exemplaire de la diffusion et de la popularité croissante de ce genre musical à l'époque. Pour autant, la gestation des Nuits sonores se fait dans le milieu contre-culturel clandestin lié aux musiques électroniques du milieu des années 1990, dans lequel Lyon fait figure de « place-forte ».
Les nouvelles formes d'urbanité qui s'incarnent dans le quartier de la Confluence s'appuient, entre autres choses, sur l'identité jeune et valorisante du festival et des lieux qui lui sont associés.
Les Nuits sonores sont également emblématiques d'une évolution en cours de la « culture club » vers des festivités ayant lieu de plus en plus tôt, et qui reflète le vieillissement des festivaliers et des amateurs de musiques électroniques. Un marqueur de cette évolution est l'édition 2024, qui a vu les days prendre le pas sur les nuits en termes d'importance de la programmation et de mobilisation des principaux lieux de fêtes - à savoir les Grandes Locos, inaugurées cette même année.
Au-delà de sa dimension festive, le festival est également un moment et un lieu d'échange pour les professionnels de la fête et de la nuit, à travers notamment les European Labs. Cette volonté de promouvoir et d'accompagner le développement de la musique électronique festive se traduit également tout au long de l'année par des échanges partenarials entre les patrons d'établissement de nuits comme le Sucre et les pouvoirs publics, dans une logique de concertation plutôt que de coercition et de méfiance envers les débordements liés aux nuisances sonores ou à la consommation de drogues. Les Nuits sonores ainsi que la fête des Lumières ont aussi été le laboratoire de techniques de mesure diffuses dans l'espace urbain pour le suivi de l'impact sonore de ces grands événements,.
« En réponse à la circulaire Pasqua « anti-techno » de 1995, la région lyonnaise devient une place forte de la lutte en faveur des manifestations publiques de musiques électroniques. Contribuant activement à l’essor de cette contre-culture, une poignée de créateurs locaux mènent des expériences informatiques originales en utilisant de façon simultanée et interactive plusieurs médias (sons, images, vidéo, etc.). Ils proposent ces performances dans des clubs lyonnais plus ou moins légaux ou lors de « free parties » organisées clandestinement. Émerge ainsi localement une petite communauté de créateurs numériques qui exploitent les potentialités de décloisonnement offertes par la micro-informatique. Tenues à l’écart des institutions culturelles, plusieurs générations d’entre eux se rencontrent régulièrement dans un lieu alternatif du quartier de la Guillotière, ouvert à l’initiative du label musical Bee Records. Les soirées « Freeday », notamment, y mélangent quelques pionniers du multimédia avec d’autres participants qui deviendront plus tard les principaux artistes, producteurs et entrepreneurs lyonnais des arts numériques : par exemple, les fondateurs des Nuits Sonores, de XLR Project, de l’association AADN, d’Aimez-Vous Brahms ?, etc. »
« On vit une vraie révolution à Lyon avec Le Sucre et Nuits sonores : la fin de journée, le début de soirée et même le dimanche après-midi attirent plus de monde que la nuit. On va même enfoncer le clou puisque, pour les futures éditions, les étapes de jour du festival vont prendre davantage de place que les étapes de nuit. On réinvente les codes de la « club culture ». Pour autant, l’expérience que nous faisons vivre au public n’en est pas moins forte. La nuit vampirise le jour en quelque sorte. »
« À Lyon, la bienveillance des pouvoirs publics est telle qu’ils ont été très favorables à ce qu’un établissement comme Le Sucre ouvre en centre-ville et non pas très loin dans la campagne. Nous avons réalisé un énorme investissement pour respecter les normes acoustiques drastiques qui nous ont été imposées. (...) à Nuits sonores et au Sucre, on défend plutôt un point de vue inverse en considérant que tout ce qui anime la ville n’est pas en concurrence avec nos établissements pérennes mais que cela nourrit l’écosystème sur lequel nous reposons. Nous préférons soutenir ces petites structures underground pour les aider à être dans les clous et ne pas mettre en danger la vie d’autrui, à ouvrir des établissements en connaissant les normes. On essaye de porter une fonction d’incubation et de soutien à la vie associative nocturne afin qu’elle soit riche et diverse, mais qu’elle soit aussi gérée le plus professionnellement possible. »