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Otto Hauser, né le à Wädenswil dans le canton de Zurich en Suisse et mort le à Berlin, est un archéologue, préhistorien et marchand d'art suisse. Il est le découvreur de sites paléolithiques renommés en Dordogne, où il a mené des fouilles de 1906 à 1914. Il a publié plusieurs ouvrages de vulgarisation scientifique sur la Préhistoire
Otto Hauser s'intéresse à l'archéologie dès sa jeunesse. De 1892 à 1894 il suit des études de lettres classiques, d'histoire et d'archéologie à l'université de Bâle ; il les poursuit à Zurich de 1894 à 1900, à la faculté de philosophie de l'Université et à l'École polytechnique fédérale. En 1897-1898, il effectue des fouilles sur le site romain de Vindonissa, où il met au jour les restes d'un amphithéâtre, mais découvre aussi une louche à vin en argent qu'il vend à Zurich en . En 1904, il ouvre un magasin d'antiquités à Munich.
Au début de l'année 1906, il mène avec Louis Capitan, qu'il connaît depuis 1895, des fouilles sur le site de La Micoque aux Eyzies-de-Tayac-Sireuil (Département Dordogne) ; il en publie les résultats, tout en montrant un sens aigu pour la commercialisation des objets paléolithiques. À partir de 1906, Hauser possède une maison près du site de la Laugerie-Haute et fouille régulièrement aux Eyzies, en organisant des équipes ; il loue 20 sites dans la zone autour des Eyzies, et indique lui-même avoir fouillé ou fait fouiller 34 sites au total. Les plus connus sont :

En 1906, il vend un grand nombre de bifaces (appelés coins Micoque) trouvés dans les fouilles de La Micoque, à des collectionneurs ainsi qu'à des musées, notamment à la Société d'histoire naturelle de Nuremberg.
Il est le premier à fouiller à partir de 1908 l'abri du Moustier, où l'un des fouilleurs découvre le squelette d'un jeune Néandertalien ; il lui donne le nom de Homo mousteriensis Hauseri. Parmi les découvertes les plus importantes de Hauser, figure en 1909 le squelette de l'homme de Combe Capelle dans la vallée de la Couze, qu'il nomme Homo aurignacensis Hauseri.
Pour financer la suite de ses recherches, Hauser vend les deux squelettes au Musée de Préhistoire et de Protohistoire de Berlin ; après un séjour en Union soviétique de 1945 à 1958, ils réintègrent les collections du musée ; le crâne de l'homme de Combe-Capelle, qui n'a été formellement identifié qu'en 2001, est exposé au musée, transféré en 2009 au Neues Museum ; quant au squelette du Moustier, désigné par le Moustier 1, seul le crâne existe encore, le reste ayant été détruit à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
En 1910 le journal français Le Matin publie un article dénonçant les procédés de Hauser, notamment les ventes d'objets préhistoriques en Allemagne, présentées comme guidées par le seul profit. Les méthodes de fouille de Hauser sont critiquées par certains préhistoriens comme Denis Peyrony ou Henri Breuil. En 1913, l'entrée en vigueur de la loi sur la protection des antiquités, qui interdit la vente et l'exportation des découvertes archéologiques faites en France, place Hauser dans de graves difficultés financières.
Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, Otto Hauser, soupçonné d'espionnage, doit quitter le Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil ; sa maison et ses salles de stockage sont fouillées, et 1 153 lettres saisies ; cette confiscation de l'ensemble du matériel de fouille de Hauser est confirmée en 1921 par le gouvernement français.
En 1916 Hauser obtient son doctorat à l'université d'Erlangen, avec sa thèse sur le Micoquien : Über eine neue Chronologie des mittleren Paläolithikums im Vézèretal ; il est parmi les premiers à créer le terme « micoquien » pour désigner les outils lithiques de la Micoque (en 1908 l'adjectif est utilisé par Denis Peyrony : « pointes micoquiennes » ; et par Hugo Obermaier : « Reduzierter lanzenspitzförmiger Faustkeil vom Typus von La Micoque or Micoquekeil » [« biface réduit de forme élancée du type de la Micoque ou biface micoquien »]). Henri Breuil reprend ce terme en le limitant à une autre couche stratigraphique de ce site, qui date du début de la glaciation de Würm (vers 125 000 ans avant le présent).
Hauser n’effectuera plus de fouilles archéologiques ; il gagne sa vie avec des conférences, notamment à Berlin, et la publication de livres de vulgarisation scientifique. De 1925 à 1929, il vit à Weimar, puis à Berlin jusqu'à sa mort en 1932. Ses ouvrages, particulièrement Der Mensch vor 100.000 Jahren, jouissent à l'époque d'un grand succès auprès du grand public.

Otto Hauser est inhumé à Berlin au cimetière de Wilmersdorf.