Paeonia
| Règne | Plantae |
|---|---|
| Division | Magnoliophyta |
| Classe | Magnoliopsida |
| Ordre | Dilleniales |
| Famille | Paeoniaceae |
| Ordre | Saxifragales |
|---|---|
| Famille | Paeoniaceae |
Les pivoines (genre Paeonia), du grec ancien παιωνία, variante[Selon qui ?] féminine de l'adjectif παιώνιος (propre à guérir, salutaire), païônía (prononcé « péonia »[évasif]) : pivoine, plante médicinale, sont des plantes à racines tubéreuses, originaires de diverses régions de l’Europe à l’Extrême-Orient, notamment de Chine, où elles sont associées à la ville de Luoyang, ainsi que de l’ouest des États-Unis.
Péon (Παιών / Paiốn, prononcé « Péon ») était un des plus anciens dieux guérisseurs des Grecs, puisqu'il est mentionné dans les tablettes en linéaire B de Knossos en Crète. Il soigna et guérit Hadès et Arès de leurs blessures de guerre. Les anciens Grecs dénommaient aussi la pivoine paiônia, prononcé "péonia".

Les pivoines sont connues par une quarantaine d'espèces de plantes vivaces, herbacées, ou arbustives. Les feuilles sont vert tendre ou foncé, quelquefois argentées. Les fleurs peuvent être parfumées, dressées et solitaires ou en forme de coupe ou de boule.
On distingue les pivoines herbacées et les pivoines arbustives, ou pivoines en arbre.
Les pétales de la corolle comportent des sillons nanométriques donnant une iridescence : ces sillons agissent comme un réseau de diffraction qui décompose la lumière blanche (comme le spectre lumineux formé par un prisme ou les irisations à la surface d'un CD) et reflète avant tout les rayons bleus et ultraviolets. La Pivoine, comme de nombreuses plantes, n'a pas la capacité génétique et biochimique de produire des pigments dans le spectre bleu à ultraviolet. Elle crée ainsi cette iridescence afin d'attirer les pollinisateurs grâce à un guide à nectar.
Les pivoines peuvent être capricieuses et longues à s'installer mais elles vivent de nombreuses années. Elles n'apprécient pas d'être déplacées, aussi l'emplacement doit être choisi judicieusement. Enfin, elles aiment les terres profondes, humifères et bien drainées.

Les pivoines ont longtemps été classées dans la famille des Renonculacées. Mais le genre Paeonia présentant de nombreuses différences avec le reste de cette famille, il a été proposé dans les années 1950 de créer une famille à part, celle des Paéoniacées. Les pivoines ont un calice persistant et des étamines disposées en spirale, et les ébauches des follicules sont entourées à leur base par un disque charnu.
En plus du genre Paeonia un autre genre, Glaucidium, a été classé dans la famille des Paéoniacées. Ce genre comprend deux espèces : Glaucidium palmatum (Siebold & Zucc.), une plante des forêts du Japon, et Glaucidium pinnatum (Finet & Gagnep.), une espèce de Chine, à plus petites fleurs. Le séquençage de l’ADN suggère cependant que le genre Glaucidium, à l’instar du genre Hydrastis, est un genre primitif de la famille des Renonculacées, et que le genre Paeonia est donc le seul genre de la famille des Paéoniacées.
Les Paéoniacées ont été un moment classées dans l'ordre des Dilléniales. La classification phylogénétique place aujourd'hui cette famille dans l'ordre des Saxifragales, auprès des Daphniphyllacées, des Cercidiphyllacées et des Hamamélidacées.
La classification des pivoines arbustives est l'objet de nombreuses controverses. Ce sont toutes des endémiques de Chine. Depuis le début des années 1990, de nombreux travaux de Hong Deyuan, Pan Kaiyu, et de leurs collaborateurs, ont bouleversé la taxonomie des pivoines arbustives (sect. Moutan). Plusieurs nouvelles espèces ont été découvertes, et les relations entre les anciennes ont été revues. Pour Hong et collaborateurs(1998), le complexe de P. delavayi est très variable à l’intérieur et entre les populations. Ces variations continues et sans corrélation entre caractères, les amènent à ne reconnaître qu’une espèce P. delavayi, sans taxon infraspécifique. Paeonia lutea, P. potaninii et leurs formes infraspécifiques sont réduites à la synonymie avec P. delavayi. Par contre, ils élèvent au rang d'espèces P. jishanensis, P. qiui, P. rockii, que Halda et Waddick (2004) voient comme des sous-espèces. Une analyse cladistique de quarante populations de Paeonia sect. Moutan, prenant en compte les nouvelles espèces découvertes, a abouti à redéfinir les relations phylogénétiques.
La pivoine herbacée était connue des Grecs depuis les temps les plus anciens comme plante médicinale. Hippocrate (460-370 av. J.-C.) la prescrivait comme remède pour bon nombre de maux de femmes :
Le médecin grec du Ier siècle, Dioscoride, distinguait la pivoine mâle de la pivoine femelle.
La pivoine était aussi une plante magique, dont la cueillette était entourée de pratiques rituelles, déconcertantes pour l'homme moderne. Ainsi Théophraste écrivit :
La médecine grecque a été influencée par différents courants, certains cherchant des causes naturelles aux phénomènes, tout en excluant toute intervention divine, d'autres au contraire, soutenant qu'il existe des relations multiples entre les êtres, et que les plantes sont des êtres animés, doués d'une âme, car elles sont étroitement soumises à l'action de divinités.
La prescription de « l'arracher la nuit, parce que, si le pivert s'en aperçoit, il attaque les yeux pour la défendre » comme l'écrivit également Pline l'Ancien (Histoire Naturelle, livre XXV, 29), témoigne simplement de l'alliance entre deux êtres animés, la pivoine et le pivert.
Les astrologues grecs affirmaient qu'il existait une parfaite unité du cosmos, se traduisant par une interdépendance entre les éléments qui le composent. Ils décrivaient ainsi des "chaînes" verticales, reliant entre eux divinités, astres, pierres, animaux, plantes, parties du corps. La plupart des textes astrologiques de l'Antiquité reliaient la pivoine à la Lune : la pivoine croissait et diminuait selon les phases lunaires. Elle avait la vertu de soigner les fièvres cycliques, les éruptions cutanées, et de hâter la cicatrisation des plaies.
Actuellement, les Chinois désignent les pivoines herbacées de Chine (Paeonia lactiflora) par le terme de 芍药 sháoyào, et les pivoines arbustives (Paeonia suffruticosa) par 牡丹 mǔdān.


La première mention du terme 芍药 sháoyào se trouve dans le Shijing, le Livre des Odes, composé du XIe au Ve siècle avant notre ère. Il fut longtemps utilisé comme un générique de pivoine, aussi bien herbacée qu'arbustive.
Le terme de 牡丹 mǔdān apparut pour la première fois dans un texte interpolé, à l’époque des Han (-206, +220), le Ji Ni Zi 計倪子. Ce n’est qu’à l’époque des Sui (581-618) que le terme de 芍药 sháoyào a été lié à la pivoine herbacée, et celui de 牡丹 mǔdān à la pivoine arbustive.
La pivoine arbustive (牡丹 mǔdān, Paeonia suffruticosa) est surtout appréciée comme ornementale, alors que la pivoine herbacée (芍药 sháoyào, Paeonia lactiflora) est préférée pour un usage médicinal. Sa racine, pelée puis découpée en tranches, est connue en tant que substance médicale sous le nom de Radix Paeonia Alba 白芍药 pinyin : báisháoyào. Ses fonctions traditionnelles sont :
La pivoine mudan a été renseignée comme plante médicinale dans le premier traité de materia medica chinois, le Shén nóng běn cǎo jīng, 神农本草经, compilé au début de notre ère. Le texte ne décrit pas les plantes, mais donne des indications :
Josef Halda distingue vingt-cinq espèces sauvages :
Genus Paeonia
Classification prenant en compte les modifications proposées par Hong et collaborateurs (1993, 1998 et 2003), avec les nouveaux taxons élevés au rang d'espèces : environ trente-huit espèces.

Dans le langage des fleurs, la pivoine symbolise la sincérité ou la honte,.
Le 29e jour du mois de prairial y est officiellement dénommé jour de la pivoine, généralement chaque 17 juin du calendrier grégorien.
Dans le jeu de cartes traditionnel japonais Hanafuda, des pivoines sont représentées sur la série des 4 cartes du mois de juin.