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Opposition aux exportations d'armes britanniques vers Israël |
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Huda Ammori Richard Barnard |
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Palestine Action est un réseau de protestation pro-palestinien britannique fondé en 2020. Le mouvement cible en particulier les entreprises du secteur militaire basées au Royaume-Uni qui fournissent des armes utilisées dans le conflit israélo-palestinien, en particulier pendant la guerre de Gaza et le génocide subséquent.
Palestine Action utilise des méthodes de désobéissance civile incluant l'occupation de locaux et la destruction de biens. Ces actions ont fréquemment conduit à des arrestations et à des poursuites.
Au Royaume-Uni, le groupe est classé depuis au titre du Terrorism Act comme « organisation terroriste » après des actes de vandalisme sur la base aérienne de Brize Norton et les dégradations d'appareils militaires. L'ONU et la Haute Cour de justice ont jugé cette interdiction disproportionnée, mais elle a été confirmée en appel. Plus de 3 000 sympathisants du mouvement ont été arrêtés par la police depuis sa proscription.
Le mouvement Palestine Action est fondé en par deux citoyens britanniques. Huda Ammori — dont la famille paternelle a été déplacée lors de la guerre des Six Jours en 1967 — et Richard Barnard — ancien membre du mouvement écologiste Extinction Rebellion — estiment que les mobilisations menées au Royaume-Uni depuis 2018 n’ont pas permis d’obtenir de résultats significatifs. Ces mobilisations faisaient suite à la répression de la « marche du retour » palestinienne, au cours de laquelle l'armée israélienne a utilisé des fusils de précision vendus par le Royaume-Uni pour tuer des manifestants. Les fondateurs estiment alors nécessaire de modifier les formes de contestation afin d’accroître leur efficacité.
Palestine Action se développe en formant des groupes locaux et autonomes. L'organisation s'engage, dès ses débuts, dans des opérations ciblant directement les fournisseurs d'armes à Israël, affirmant : « Plutôt que de demander à un politicien de fermer les usines d'armement, on pouvait aller les fermer nous-mêmes ».

Palestine Action est fondée le lorsque des militants entrent par effraction et peignent à la bombe l'intérieur du siège britannique d'Elbit Systems, qui produit des drones de surveillance et de combat expérimentés sur les Palestiniens, à Londres,.
Le , lors de la crise israélo-palestinienne de 2021, quatre membres du groupe vêtus de combinaisons rouges grimpent sur le toit d'une usine de drones appartenant à Elbit Systems dans le Meridian Business Park, à Leicester,,. Les protestataires se maintiennent sur le toit pendant six jours grâce au soutien d'habitants de la région, qui installent un campement de solidarité devant l'usine et bloquent la route quand la police tente de déloger les militants. Dix arrestations sont effectuées pour complot en vue de commettre des dommages criminels et intrusion aggravée.
Le groupe organise des occupations similaires sur les sites d'Elbit Systems à Bristol, à Oldham en collaboration avec Extinction Rebellion,, et à Tamworth en collaboration avec Animal Rebellion (en).
Le , trois manifestants du groupe « ont pris d'assaut, escaladé et occupé » une usine de fabrication de drones APPH à Runcorn. Les militants enduisent l'extérieur de peinture rouge, démonte les drones et les machines aéronautiques et détruit les fenêtres de l'usine,. Le lendemain, les trois militants sont arrêtés, soupçonnés de dommages criminels et d'intrusion aggravée. Elbit a fini par renoncer à ses usines d'Oldham et de Bristol.
Le , quatrième anniversaire de l'incendie de Grenfell, une manifestation d'occupation similaire est organisée dans une usine Arconic située dans la zone de Kitts Green à Birmingham par trois manifestants. Arconic fournissait le revêtement qui a permis la transmission rapide du feu à travers la tour Grenfell et, selon Palestine Action, aurait fourni « du matériel pour les avions de combat israéliens ». L'occupation prend fin deux jours plus tard lorsque deux militants sont arrêtés sur le toit du bâtiment. Un militant est placé en détention provisoire et entame immédiatement une grève de la faim. Il déclare qu'il mettrait fin à sa grève si l'une des quatre conditions était remplie : la libération des manifestants de Palestine Action ; l'expulsion d'Elbit de son siège londonien par la société immobilière LaSalle Investment Management ; la fermeture de toutes les opérations britanniques d'Elbit Systems ; ou la publication par le gouvernement de toute la correspondance et des documents relatifs à ses relations avec Elbit et ses filiales.
En , deux manifestants de Palestine Action s'enchaînent aux portes d'une usine de drones d'UAV Tactical Systems Ltd, une filiale d'Elbit Systems, à Braunstone. D'autres militants se rassemblent à proximité avec des pancartes indiquant « Palestine libre ». Trois manifestants sont arrêtés. Un porte-parole du groupe déclare que « l'action directe ne cessera pas tant que tous les sites d'Elbit ne seront pas fermés ».
En , pendant la guerre de Gaza, le siège londonien de la BBC, accusée de « diffuser les mensonges de l'occupant » et de « fabriquer un consentement aux crimes de guerre d'Israël », est lui aussi recouvert de peinture rouge.
En , des militants de Palestine Action peignent des messages sur le bureau de Leonardo à Eagle Place, Piccadilly. Deux hommes sont arrêtés et soupçonnés de dommages criminels aggravés par la race, ils font l'objet d'une enquête pour crime de haine. Le même mois, l'accès à l'un des sites de Lockheed Martin - fournisseur des avions de combat employés pour bombarder la bande de Gaza - est bloqué plusieurs jours.
En , Palestine Action vandalise un bureau de Kuehne + Nagel à Milton Keynes en brisant les fenêtres et en aspergeant le bâtiment de peinture. Palestine Action déclare avoir ciblé l’entreprise parce qu’elle aide à la livraison d’armes à Israël. En , des militants de Palestine Action sont suspectés d'avoir eu l'intention de cibler la Bourse de Londres en endommageant le bâtiment et en empêchant le commerce. Six personnes sont arrêtées pour ce complot présumé de perturbation.
En , Palestine Action revendique sa responsabilité après qu'une de ses militantes a peint au pistolet un portrait d'Arthur James Balfour, peint en 1914 par Philip Alexius de László et exposé au Trinity College de Cambridge. Les militants ont vandalisé le tableau afin de critiquer la Déclaration Balfour du rédigée par Arthur James Balfour, qui promet de bâtir « un foyer national pour le peuple juif » en Palestine,.En , un groupe de militants force l'entrée de la plus grande usine Elbit du Royaume-Uni, à Filton, en utilisant une fourgonnette de prison comme un bélier. Les militants détruisent notamment des drones quadricoptères employés par l'armée israélienne pour attirer les secouristes palestiniens en diffusant des pleurs d'enfants, puis les exécuter[citation nécessaire]. Le montant des dommages matériels est évalué à 1 million de livres sterling. Les autorités britanniques décident alors de recourir au régime d'exception dit « antiterroriste », permettant de contourner l’État de droit[non neutre]. Le procureur établit une « connexion terroriste » en invoquant des « circonstances exceptionnelles » qui permettent de prolonger les détentions provisoires, de refuser les demandes de libération sous caution et de détenir les prévenus sous « haute sécurité ». Certains d'entre eux entament une grève de la faim pour obtenir la légalisation du mouvement, considéré comme « terroriste » depuis 2025.

La répression du mouvement s'intensifie à partir du début de la guerre de Gaza en . Des arrestations et perquisitions en série sont réalisées partout au Royaume-Uni.
En , les parlementaires britanniques votent en faveur de l’interdiction de Palestine Action, désormais considérée comme une « organisation terroriste » par l’État britannique,, après qu'un groupe de ses militants s'est introduit sur la base aérienne de la Royal Air Force (Brize Norton) et a maculé de peinture rouge deux Airbus A330 MRTT,. Le préjudice est de 7 millions de livres sterling (environ 8,07 millions d’euros).
Cette interdiction a été jugée « disproportionnée » par l’ONU, ses experts estimant que « de simples dommages matériels, sans mise en danger de la vie d’autrui, ne sont pas suffisamment graves pour être qualifiés de terrorisme ». Le groupe a également reçu le soutien d'Amnesty International, et de Sally Rooney,,. L’interdiction est contestée en justice, mais l'organisation reste interdite jusqu'à un examen complet de la décision du ministre de l'Intérieur devant la Haute Cour.
En juillet, des centaines de personnes, dont un prêtre et un certain nombre de professionnels de la santé, sont arrêtées pour avoir participé à des manifestations de soutien au mouvement,. Le , 522 personnes sont arrêtées à Londres pour avoir manifesté leur soutien à ce groupe interdit en brandissant des pancartes « Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action ». Le 6 septembre, la police arrête près de 900 manifestants à Londres. Entre et , plus de 2 700 personnes ont été arrêtées pour leur participation à des rassemblements en soutien à Palestine Action.
En , la Haute Cour de justice déclare illégal le classement de Palestine Action comme terroriste, ce qui rend également illégales les arrestations et inculpations. Le gouvernement fait appel et obtient en juin 2026 la validation de l'interdiction du groupe et son classement comme organisation terroriste, la Cour d'appel jugeant que la décision du ministère de l'Intérieur était « proportionnée » et « n'était pas illégale ». Le groupe annonce qu'il contestera cette interdiction devant la Cour suprême. .
En , un premier procès se tient devant le tribunal de Newcastle-under-Lyme contre trois militants ayant entravé l’accès à l’usine de drones UAV de Shenstone en enchaînant ses portes et en recouvrant le bâtiment de peinture rouge. Les avocats de ces militants, surnommés les « trois d’Elbit », obtiennent leur acquittement des chefs de dommages criminels en invoquant la lawful excuse (« excuse légitime »), une disposition du droit britannique permettant de justifier des actes illégaux lorsqu’ils visent à prévenir un préjudice plus grave, en l’occurrence des crimes de guerre contre les Palestiniens.
En , à Londres, cinq militants de Palestine Action jugés pour jets de peinture rouge sur le siège londonien d'Elbit en , sont eux aussi acquittés par un jury, malgré les appels du gouvernement à la sévérité.
En , la justice juge « disproportionnée » la décision du gouvernement travailliste de proscrire Palestine Action. La ministre de l’Intérieur anglaise Shabana Mahmood, a signalé qu’elle comptait faire appel de la décision du tribunal.
En , plusieurs centaines de personnes se rassemblent pacifiquement à Londres pour demander en soutien à Palestine Action ; 523 sont arrêtées, dont l'âge « varie de 18 à 87 ans », parmi lesquelles le musicien Robert Del Naja.
En juin 2026, quatre militants sont condamnés à plusieurs années de prison ferme (entre quatre et sept ans) pour avoir participé à un raid sur un site britannique de l'entreprise de défense israélienne Elbit qui a causé 1,2 million de livres sterling de dégâts,. Un des militants est condamné à sept ans et huit mois de prison pour dégradation de biens et coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail de plus de huit jours sur une policière en lui causant une fracture vertébrale,. La cour retient le lien établi avec le terrorisme.
La sévérité des peines a été critiquée par une partie du monde politique britannique. Le dirigeant du Parti vert, Zack Polanski, a déclaré qu'il était « déchirant de voir quatre jeunes gens emprisonnés pour une action directe contre un fournisseur d'armes à Israël ». Le député travailliste John McDonnell a qualifié l'ampleur des peines de « véritablement choquante ». Amnesty International a qualifié le lien établi entre manifestation et terrorisme comme « fondamentalement disproportionné »,. Plus d'une centaine de personnes qui manifestaient devant le tribunal en soutien aux accusés ont été arrêtées.
Toute expression de soutien à Palestine Action est passible d'une peine de six mois de prison. L'appartenance au groupe ou l'organisation d'événements de soutien peuvent quant à elles être punies de condamnations allant jusqu'à 14 ans d'emprisonnement.