Paul Choisnard

Paul Choisnard
Biographie
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Paul Choisnard, né le à Tours, mort à Saint-Genis-de-Saintonge le , est un polytechnicien, astrologue à prétention scientifique et auteur d'ouvrages d'astrologie français. Il est le premier à vouloir prouver par la raison l'existence de correspondances astrales en utilisant les statistiques.

Biographie

Paul Marie Martin Choisnard est né le à Tours, fils de Camille Choisnard, professeur de dessin graphique, et Marie Choisnard, née Marie Flambart. Choisnard a écrit tout d'abord sous le pseudonyme de Paul Flambart.

Il intègre l'école polytechnique à Tours en 1888. Ses résultats sont médiocres et il est classé parmi les tout derniers de sa promotion. En 1889, il est néanmoins admis au génie militaire.

En 1926, Paul Choisnard, l'astrologue belge Gustave Lambert Brahy, et quelques autres, fondent à Bruxelles le Cébésia (Centre belge d’étude scientifique des influences astrales), devenu Institut astrologique belge en 2016.

Travaux

Paul Choisnard est l'auteur de tables astrologiques qui ont été très utilisées.

Il est surtout connu pour avoir été le premier à mener des études statistiques sur les « influences » astrales,.

Représentation usuelle d'un thème astral : un cercle divisé en douze signes égaux (la différence d'étendue des maisons est bien apparente).

L'astrologue Yves Lenoble avance que Choisnard a fortement influencé la représentation des cartes du ciel : « L'innovation principale - la première - a consisté à représenter le thème d'une nouvelle manière. Les astrologues, pendant vingt siècles au moins, ont représenté le thème en positionnant les planètes dans des maisons égales. Choisnard trouve que ce mode de représentation nuit à la recherche et il propose de monter désormais les thèmes non plus avec des maisons égales mais avec des signes égaux ».

Choisnard oriente la figure de façon que le point vernal soit systématiquement à gauche ; cette représentation facilite la comparaison des thèmes, ainsi que le dépouillement statistique.

« La nouvelle représentation du thème préconisée par Choisnard rend possible le tracé des aspects entre planètes et des aspects des planètes à l'Ascendant et au Milieu du Ciel. Et ceci est d'une extrême importance car l'astrologue visualise les nombreux aspects que forment les planètes entre elles et par rapport aux angles et peut ainsi les interpréter facilement ».

Bien qu'il ne soit pas connu principalement pour cela, la représentation du thème qu'il a adoptée est la plus couramment utilisée.

André Barbault considère Choisnard comme un rénovateur de l'astrologie ancienne.

Critiques

Trois personnalités témoignent de l’activité de truqueur de Paul Choisnard en matière de statistiques astrologiques.

Jacques Sadoul, dans L’Enigme du Zodiaque (Éditions J'ai lu 1973) pages 100 et suivantes raconte les études de Paul Choisnard au lycée de Tours, sa sortie de promotion de Polytechnique, en 1889, avec le grade de sous-lieutenant d’artillerie. Choisnard s’intéressa à l’astrologie vers 1890. Il se maria en 1905 et devint veuf en 1907. Il termina sa carrière militaire avec le grade de commandant, soit une médiocre progression.

Il appliqua les statistiques à l’astrologie par héritage professionnel de son expérience d’artilleur (vu la nécessité de déterminer le point de chute des tirs). À cet effet, Jacques Sadoul écrivait page 101 : « J’ai rarement vu plus beau tour de passe-passe qui confine à la fumisterie pure et simple. Lorsque Choisnard fit paraître son traité d’astrologie, Langage astral, en 1901, il avait fait de son propre aveu huit statistiques en tout et pour tout, qui –accessoirement- étaient fausses ! Il en donne la liste dans son ouvrage Essai de psychologie astrale (pages 60 à 63)… son astrologie scientifique fut pure chimère. »

André Salmon, écrivain et poète, dernier témoin, rapportait en 1931, 18 mois après le décès de Paul Choisnard, dans son reportage Visite au pays des voyantes et autres diseuses de bonne aventure comment Choisnard aimait impressionner. Une caractéristique que Jacques Sadoul relevait lui aussi en écrivant : « sa qualité de polytechnicien a impressionné une partie du public… c’est en cela que Choisnard fut important ». Il crédibilisa un discours par ses titres, notamment ses diplômes.

Françoise Gauquelin, rapportait, en 1994, sur le site du Cura, dans Clés pour la recherche statistique en astrologie, à propos de Paul Choisnard, tout d’abord une précaution d’écriture, afin d’éviter de se mettre à dos un grand corps, l’armée française : « Je ne crois pas qu’on puisse accuser un polytechnicien et commandant d’artillerie d’avoir sciemment trompé son public ». Puis, elle ajoutait en citant son ex-mari Michel Gauquelin, qui a succédé à Choisnard dans l'établissement de statistiques astrologiques : « Comment Choisnard a-t-il procédé pour obtenir des résultats toujours dans le sens où il les cherchait ? Le hasard n'a pas pu faire qu'il tombe toujours sur ce qu'il voulait prouver. On est forcé de conclure qu'il a choisi des cas favorables à sa thèse! » (Choisnard ne travaillait que sur de tout petits échantillons d'individus et c'est lui même qui rassemblait les données étudiées.

Controverses

L’astrologue aux prétentions scientifiques s'est prononcé contre toute application pratique de ses "résultats" et contre l'exercice professionnel de l'astrologie, contre la prédiction astrologique, qu'elle soit individuelle ou collective et contre l'astrologie mondiale,. Son étude de l'astrologie par les statistiques, assimilée à une "astrologie scientifique", se distingue des pratiques divinatoires et prédictives.

Œuvres

Philosophie

Psychologie et sociologie

Astrologie

Notes et références

  1. 1 2 « Base Bibliographique - Identification », sur bibli-aleph.polytechnique.fr (consulté le )
  2. ↑ James Herschel Holden 1996, p. 230.
  3. ↑ Textes fondateurs Gustave Lambert Brahy fondateur du Cébésia
  4. ↑ Astrophysique sur Mesure, section L'astrologie n'est pas scientifique point n° 4 : l'argument d'autorité
  5. ↑ Knappich 1986, p. 261.
  6. 1 2 Paul Choisnard : Son influence cent ans après chez les astrologues sur le site d'Yves Lenoble.
  7. ↑ Cela est dû au fait que l'axe des pôles terrestres, qui est l'axe autour duquel la Terre tourne sur elle-même en 24 heures, est oblique par rapport au plan de l'écliptique.
  8. ↑ Sympathie d'Yves Lenoble envers l'astrologie
  9. ↑ [N.B. : Grâce à des tables d'ascension des planètes et à partir de la position du Milieu du Ciel et de l'Ascendant].
  10. ↑ [N.B. : statistique]
  11. ↑ [N.B. : Grâce à des éphémérides indiquant la longitude écliptique des planètes].
  12. ↑ Yves Lenoble 2008, p. 219.
  13. 1 2 André Barbault 1961, p. 49.
  14. ↑ Yves Lenoble 2008, p. 222.
  15. ↑ L'astrologie, Presses universitaires de France, Coll. Que sais-je?, N° 2481, (ISBN 978-2-13054-833-1), par l'astrophysicien Daniel Kunth et l'astronome Philippe Zarka, 2005, p. 55.
  16. 1 2 3 Jacques Sadoul 1973, p. 100.
  17. ↑ Jacques Sadoul 1973, p. 101.
  18. 1 2 Jacques Sadoul 1973, p. 102.
  19. ↑ 1931 : André SALMON, En visite chez les voyantes et autres diseuses de bonne aventure, Le Petit Parisien, 2 septembre 1931, ouvrage réédité en 2015 en pdf sous le titre Visites aux diseuses de bonne aventure, (ISBN 978-29011-4907-1).
  20. 1 2 Clefs pour la Recherche Statistique en Astrologie par Françoise Gauquelin
  21. ↑ James Herschel Holden 1996, p. 236.
  22. ↑ Michel Gauquelin, L'Influence des astres, étude critique et expérimentale, Le Dauphin, Paris, 1955, p. 35.
  23. ↑ Knappich 1986, p. 283.
  24. ↑ L'astrologie française au XXe siècle par Patrice Guinard

Pour approfondir

Bibliographie

Liens externes